Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

jeudi 30 octobre 2014


L’histoire du monothéisme
Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch
Merci à  MeaningfulLife.com


L’essence du judaïsme est la croyance en un D.ieu Unique. De fait, toutes les religions monothéistes font remonter leur origine à Abraham, le découvreur (ou re-découvreur) de cette vérité.
La croyance juive en D.ieu est exprimée dans les deux premiers des Dix Commandements. Le premier affirme la vérité de Son être. Le second est le complément négatif du premier, c’est-à-dire le désaveu de l’idolâtrie. L’idolâtrie n’est pas nécessairement un manque de croyance en D.ieu ; le deuxième commandement commence d’ailleurs par : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant Moi... » L’idolâtrie inclut également toute négation de l’unicité de D.ieu, de Son  absolue singularité, unité et exclusivité de l’être. Attribuer des divisions ou des compartimentations à l’être divin, ou croire que D.ieu a des partenaires ou des intermédiaires dans Son œuvre de création et de maintien de l’univers, revient à transgresser l’interdiction de l’idolâtrie.
Les détails des lois de l’idolâtrie sont énoncés par Maïmonide dans son Michné Torah, dans une section de douze chapitres intitulée Lois Relatives à l’Idolâtrie et ses Pratiques. Maïmonide y définit l’idolâtrie et examine les diverses formes de culte des idoles et les pratiques qui les accompagnent, les peines que l’on encourt en s’y adonnant, le statut d’un idolâtre, etc.
Dans le premier chapitre des Lois Relatives à l’Idolâtrie, Maïmonide retrace l’histoire de la reconnaissance par l’homme de la vérité du D.ieu Unique. À l’origine, l’homme connaissait son Créateur, mais « dans la génération d’Énoch (petit-fils d’Adam), l’humanité s’égara gravement, et le discernement des sages de cette génération se détériora ; Énoch lui-même fut parmi ceux qui s’égarèrent. Leur erreur résidait dans leur croyance qu’il serait agréable à D.ieu qu’ils vénèrent les forces de la nature qui Le servent, tout comme un roi désire que ses ministres et ses fonctionnaires soient honorés. Bientôt, ils érigèrent des temples et des autels à la gloire du soleil et des étoiles, leur offrant des sacrifices et des chants de louange, persuadés que c’était-là la volonté de D.ieu. »
Dans les générations suivantes, poursuit Maïmonide, « de faux prophètes apparurent... avec d’autres charlatans qui prétendaient avoir reçu des messages des différents corps célestes sur la façon dont ils devaient être servis et quelles étaient les images qui devaient les représenter. Au fil des années, le vénérable et redoutable nom de D.ieu disparut des bouches et des esprits de l’humanité ; les hommes n’avaient plus aucune conscience de Lui. Les gens du commun ne connaissaient que l’image de bois ou de pierre dans son temple de pierre devant lesquelles on leur avait appris à se prosterner et au nom desquelles ils juraient depuis leur enfance ; les plus sages parmi eux croyaient en les étoiles et les constellations que ces images représentaient ; mais personne ne reconnaissait plus ou n’avait même la notion du Créateur, à l’exception de rares individus comme Énoch, Mathusalem, Noé, Chem et Eber. Et telle fut la conduite du monde jusqu’à ce que naquit le pilier de l’univers, notre père Abraham.
« Quand [Abraham] fut sevré, son esprit commença à chercher et à s’interroger, alors qu’il n’était qu’un petit enfant : Comment les corps célestes pouvaient-ils parcourir leur orbite sans une force qui les mette en mouvement ? Qui les faisait se déplacer ? Ils ne pouvaient pas le faire d’eux-mêmes ! Vivant parmi les idolâtres insensés d’Our Casdim, il n’avait personne pour lui enseigner quoi que ce soit ; son père, sa mère et ses compatriotes, et lui avec eux, tous adoraient les idoles. Mais son cœur cherchait, et il découvrit finalement qu’il y a un D.ieu unique... qui a tout créé et que, dans toute l’existence, il n’est rien d’autre que Lui. Il sut que le monde entier s’était égaré...
« À l’âge de quarante ans, Abraham reconnut son Créateur... Il commença à débattre avec les gens d’Our Casdim... Il brisa les idoles, et commença à enseigner au peuple qu’il convient de servir seulement le D.ieu unique... Il continua de s’adresser d’une voix forte au monde et d’apprendre aux hommes qu’il n’y a qu’un D.ieu pour l’univers entier, et que Lui seul est digne d’être adoré. Il porta son message de ville en ville et de royaume en royaume... Beaucoup se rassemblèrent pour l’interroger sur ses paroles, et il expliquait à chacun selon sa compréhension, jusqu’à ce qu’il lui ait montré le chemin de la vérité. Des milliers, puis des dizaines de milliers se joignirent à lui... et il implanta ce grand principe dans leurs cœurs et écrivit de nombreux livres à ce sujet. Après le décès d’Abraham, Isaac, puis Jacob poursuivirent son œuvre, jusqu’à ce que les descendants de Jacob, et ceux qui se joignirent à eux, formèrent une nation qui connaissait D.ieu.
« Toutefois, lorsque le peuple d’Israël eut résidé en Égypte de nombreuses années, il régressa au point d’apprendre du comportement des Égyptiens et d’adorer les idoles avec eux... il s’en fallut de peu que le grand principe implanté par Abraham soit déraciné, et que les descendants de Jacob retombent dans l’erreur de l’humanité et dans ses mauvais chemins. Mais par amour de D.ieu pour nous, et eu égard au serment qu’Il avait fait à Abraham... D.ieu choisit les Enfants d’Israël pour être Siens, les couronna des mitsvot, et leur ordonna la manière de Le servir, et les lois concernant l’idolâtrie et ceux qui s’égarent en elle. »

L’Histoire comme loi

C’est ainsi que Maïmonide conclut le premier chapitre des Lois Relatives à l’Idolâtrie. Dans les onze chapitres suivants, il précise les particularités juridiques de « l’idolâtrie et ceux qui s’égarent en elle. »
Le Michné Torah est un ouvrage purement halakhique, c’est-à-dire juridique. Dans les rares occasions où Maïmonide digresse avec un fait historique ou une idée philosophique, cela se révèle toujours être, après examen, un point instructif au plan juridique. La même chose est vraie du premier chapitre desLois Relatives à l’Idolâtrie : chaque détail de cette longue histoire est une Halakha, une composante essentielle de l’interdiction de l’idolâtrie dans la Torah. Dans cet essai, nous nous arrêterons sur deux des principes importants que Maïmonide établit dans ce chapitre.
Le premier principe de Maïmonide est que l’idolâtrie n’est pas seulement un péché religieux, mais également une erreur du point de vue rationnel. La génération de Énoch « s’égara gravement, et le discernement des sages de cette génération se détériora » ; l’humanité fut trompée par de faux prophètes et des charlatans. Abraham parvint à la vérité de l’unicité de D.ieu non pas grâce à une révélation divine ou des pouvoirs surnaturels, mais à travers un processus dans lequel « son esprit commença à chercher et à s’interroger... jusqu’à ce qu’il ait saisi la vérité et compris quel est le chemin vertueux dans sa grande sagesse ». Il rallia des adhérents à sa foi, non en accomplissant des miracles ou en prophétisant au nom de D.ieu, mais en expliquant à chacun selon sa compréhension, jusqu’à ce qu’il lui ait montré le chemin de la vérité. Maïmonide ne fait pas mention des nombreuses révélations de D.ieu à Abraham (voir Genèse 12, 1 ; 12, 7 ; 15, 1-21, et al), non plus que des nombreuses prophéties et des miracles qui accompagnèrent le développement de la nation qui connaissait D.ieu dans ses jeunes années. Car, même si rien de tout cela n’était arrivé, l’homme aurait tout de même été en mesure de reconnaître l’unicité de D.ieu, et censé le faire. L’idolâtrie est irrationnelle. L’homme, en n’utilisant rien de plus que sa capacité de raisonnement, peut en discerner la fausseté et découvrir la vérité.
[Ceci est également souligné par Maïmonide, quand il affirme qu’« à l’âge de quarante ans, Abraham reconnut son Créateur ». Il existe plusieurs opinions quant à l’année de la découverte d’Abraham. Le Talmud affirme qu’Abraham reconnut son Créateur à l’âge de trois ans ; d’autres sources donnent l’âge de 48 ans, d’autres encore, 50 ans. La source de Maïmonide semble être une variante du Midrache selon lequel il avait alors 48 ans. Comme le suggèrent de nombreux commentaires, il n’y a pas de contradiction entre ces avis : chacun représente un certain niveau de reconnaissance atteint par Abraham. Maïmonide lui-même nous informe d’ailleurs que sa quête avait commencé « à peine fut-il sevré, alors qu’il n’était qu’un petit enfant ». Pourquoi, dans ce cas, Maïmonide choisit-il de parler spécifiquement du degré de reconnaissance de D.ieu qu’Abraham atteignit à l’âge de quarante ans ? Et, plus généralement, quelle est donc la portée de l’âge d’Abraham sur le plan halakhique ? De fait, le propos de Maïmonide est à nouveau de souligner que la réfutation de l’idolâtrie d’Abraham était rationnelle. Quarante ans est en effet décrit par nos Sages comme étant « l’âge de la compréhension », le moment à partir duquel les capacités cognitives d’une personne atteignent leur pleine maturité. Ainsi, le niveau de découverte qu’Abraham atteignit à l’âge de quarante ans représente sa parfaite compréhension de la vérité divine.]
D’un autre côté, vers la fin de l’historique, Maïmonide exprime un point diamétralement opposé : sans intervention divine, la foi fondée par Abraham n’aurait pas subsisté.
La raison humaine n’est pas suffisante. Elle peut dénoncer les sophismes, découvrir la vérité, transformer une vie, convaincre des milliers de personnes, fonder une nation. Mais elle est seulement aussi forte que l’être humain dont elle jaillit. Elle peut être déformée et étouffée par les vicissitudes de la vie : brisez la personne et vous avez invalidé ses idées. L’exil et la misère vécus par les enfants d’Israël en Égypte détruisirent presque la nation qui connaissait D.ieu. Si D.ieu ne s’était pas révélé à nous au Sinaï, le grand principe implanté par Abraham aurait disparu.

L’esprit et plus

Dans le premier chapitre des Lois Relatives à l’Idolâtrie, Maïmonide nous enseigne comment la mitsva « Tu n’auras pas d’autres dieux devant Moi » doit être observée.
Il ne suffit pas de dire : « D.ieu s’est révélé à nous au Sinaï et nous a dit qu’il n’y a pas d’autres divinités ou forces qui soient partenaires de Son être et de Sa domination sur l’univers. Donc je sais qu’il en est ainsi. S’il l’a dit, cela me suffit. La logique de cette vérité n’est pas importante. » Non, dit Maïmonide. Le deuxième commandement impose au Juif que son entendement, et non seulement ses convictions, rejette la possibilité qu’il y ait d’autres dieux. Il doit non seulement accepter qu’il en est ainsi, mais aussi comprendre que, rationnellement, il ne peut en être autrement. Chaque Juif est commandé de développer la reconnaissance de la vérité divine atteinte par Abraham : une reconnaissance si absolue qu’elle peut, par la force de la seule raison, dissiper une doctrine universellement acceptée et convaincre des milliers de personnes de transformer leur vie.
D’un autre côté, une personne pourrait pousser cette idée à l’extrême et affirmer : « L’unicité de D.ieu n’est pas une question de foi, c’est un fait. La nature de la réalité en atteste ; je peux le prouver à n’importe qui. C’est la révélation du Sinaï qui est inutile. Le monothéisme est une vérité rationnelle, étayée par des arguments irréfutables. »
Cela peut être vrai, dit Maïmonide, mais le refus du Juif de dieux étrangers est plus qu’une philosophie irréfutable. C’est une foi implantée dans l’essence de nos âmes, qui perdure même lorsque la logique cesse de fonctionner et que la raison est rendue impuissante. Pour croire véritablement, il faut comprendre, mais la compréhension à elle seule n’est que l’ombre mortelle de la foi immortelle. La foi-philosophie d’Abraham survécut à peine à l’Égypte ; la foi suprarationnelle que nous avons atteinte au Sinaï, où D.ieu choisit Israël pour être Sien, le couronna de mitsvot et lui ordonna la manière de Le servir, a survécu à une centaine d’Égyptes et à toutes les folies de l’histoire.
Adapté d’un discours du Rabbi de Loubavitch
– Likoutei Si’hot vol. 20, p. 13

BASÉ SUR LES ENSEIGNEMENTS DU RABBI DE LOUBAVITCH
Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson ; adapté par Yanki Tauber.
Traduction d'un article publié originellement dans "Week in Review"
Reproduit avec la permission de MeaningfulLife.com. Si vous souhaitez reproduire cet article dans une publication ou un site internet, veuillez écrire à permissions@meaningfullife.com

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


mercredi 29 octobre 2014


Le palais en flammes
par Yossef Y. Jacobson


Comment naquit la foi juive ?
Le Midrache raconte la naissance du judaïsme à travers cette énigmatique parabole :
« Et D.ieu dit à Abraham : “Quitte ton pays, ta patrie, et la maison de ton père...” » (Genèse 12, 2) – À quoi cela peut-il être comparé ? À un homme qui voyageait de lieu en lieu lorsqu’il vit un palais en flammes. Il se demanda : « Est-il possible que ce palais n’ait pas de propriétaire ? » Le propriétaire du palais regarda au-dehors et dit : « Je suis le propriétaire du palais. » De même, Abraham notre père dit-il : « Est-il possible que le monde n’ait pas de maître ? » D.ieu regarda au-dehors et lui dit : « Je suis le maître, le Souverain de l’univers. »
La perplexité d’Abraham est bien compréhensible. Cet homme sensible contemple un univers magnifiquement structuré, une splendide œuvre d’art. Il est ému par la grandeur d’un coucher du soleil et par le miracle de la naissance ; il s’émerveille des rugissantes vagues de l’océan et du battement silencieux et régulier du cœur humain. Le monde est effectivement un palais.
Mais le palais est en flammes. Le monde est plein de crime, d’injustice et de conflits. Des voyous, des agresseurs, des violeurs, des kidnappeurs et des assassins sont continuellement en train de démolir le palais, faisant de notre monde un champ de bataille ou la douleur le dispute à l’horreur.
« Qu’est-il arrivé au propriétaire du palais ? » crie Abraham. Pourquoi D.ieu permet-Il à l’homme de détruire Son monde ? Pourquoi laisse-Il un si beau palais brûler de la sorte ? Se pourrait-il que D.ieu ait créé le monde pour l’abandonner ensuite ? Mais qui construirait un palais pour l’abandonner ?
Le Midrache donne la réponse de D.ieu : « Le propriétaire du palais regarda au-dehors et dit : “Je suis le propriétaire du palais.” D.ieu regarda au-dehors et dit à Abraham : “Je suis le maître, le Souverain de l’univers.” »
Que signifie la réponse de D.ieu ?
Remarquez que le propriétaire du palais n’essaie pas de s’extraire de l’incendie ou d’éteindre le feu. Il ne fait qu’annoncer qu’Il est le propriétaire de ce palais qui part en fumée. C’est comme si, au lieu de s’enfuir, le propriétaire appelait à l’aide. D.ieu a fait le palais, l’homme y a mis le feu, et seul l’homme peut éteindre les flammes. Abraham demande à D.ieu : « Où es-Tu ? » D.ieu répond : « Je suis là. Mais où es-tu, toi ? » L’homme demande à D.ieu : « Pourquoi as-Tu abandonné le monde ? » D.ieu demande à l’homme : « Pourquoi M’as-tu abandonné ? »
C’est ainsi qu’a commencé la révolution du judaïsme, la courageuse entreprise humaine d’éteindre les flammes de l’immoralité et du sang pour refaire du monde le palais harmonieux et sacré qu’il aurait toujours dû être. La rencontre d’Abraham avec D.ieu devant un palais en flammes a donné naissance à la mission du judaïsme : être obsédé par le bien et horrifié par le mal.
(Midrache Rabba Béréchit 39:1 ; tel qu’interprété par le grand rabbin lord Jonathan Sacks dans Radical Then, Radical Now, Harper Collins, 2000).
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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lundi 27 octobre 2014


La quête de soi

«Va vers toi», dit D.ieu à Abraham...

Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch par Yanki Tauber



Dans le livre de Zacharie, il y a un passage qui décrit la rencontre entre un être humain et une armée d’anges. L’homme y est défini comme « un voyageur parmi les sédentaires. »
« Le Voyageur » est une appellation plus qu’appropriée pour notre espèce remuante. D’autres créatures se déplacent également de lieu en lieu, mais seules les migrations de l’homme sont motivées par le désir d’être ailleurs que là où il se trouve. Contrairement aux souris, aux érables et aux anges, qui sont heureux d’être ce qu’ils sont et où ils sont, l’être humain est constamment en mouvement, toujours à chercher à se rendre quelque part, de préférence là où personne n’est encore allé.
Le problème, c’est qu’il ne reste nulle part où aller.
Il y a cent ans, c’était la ruée vers l’Ouest. Alors, les jeunes allèrent vers l’ouest, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’ouest. Alors un homme gagna la course vers le Pôle Nord, et un autre vers le Pôle Sud. Un autre être humain fut le premier à atteindre le sommet de l’Everest (bien que l’identité du premier fasse encore débat à ce jour), et puis un autre fit le « pas de géant » qui laissa la première empreinte de botte sur la lune.
Alors, que nous reste-t-il ? Un voyage vers une autre galaxie ? Une incursion dans le futur ? Ces destinations, si toutefois elles sont jamais atteintes, satisferont-elles la curiosité du Voyageur ?

Nous avons tous entendu l’histoire du pauvre villageois qui avait rêvé qu’un trésor était enfoui sous un pont à Cracovie. Arrivé dans la grande ville, il reconnait le pont de son rêve. Le préposé au péage du pont, remarquant un rôdeur avec une pelle et des intentions suspectes, prend le pauvre à partie, qui avoue la raison de sa présence. « Des rêves ! » s’exclama le gardien ironiquement. « Tiens, la nuit dernière justement, j’ai rêvé que dans la maison de ‘Haïm Yankel le colporteur, du village d’Usseldorf, un coffre de pièces d’or était enterré sous le mur derrière le fourneau. Est-ce que je vais voyager jusqu’à Usseldorf pour briser le mur d’un pauvre péquenaud ? » ‘Haïm Yankel se précipita chez lui, démolit le mur derrière son fourneau de sa maison et vécut heureux de longues années grâce à son trésor caché.
Une fois que tous les voyages ont été achevés, que toutes les quêtes ont été réalisées, il reste encore une frontière que peu de gens ont traversée, un territoire que moins de gens encore ont conquis : la frontière de soi. Nous parcourons le monde, et au-delà, nous cartographions l’univers et la structure de l’atome, en quête d’indications, d’un signe, sur le sens des choses, mais combien parmi nous ont-ils pénétré à l’intérieur de nos âmes ?
Lékh Lékha, ces mots qui débutent l’appel de D.ieu à Abraham qui mit en route et définit l’histoire juive, signifie littéralement « Va vers toi ». «Va vers toi, ordonna D.ieu au premier Juif, de ta terre, de ton pays natal et de la maison de ton père, vers la terre que Je te désignerai. »
Quand l’appel divin résonna, Abraham pouvait se prévaloir d’une vie de découvertes et d’accomplissements sans précédent. Il était l’homme qui avait découvert la vérité du D.ieu Unique, celui qui avait affronté le roi le plus puissant de son temps, bravé la mort dans une fournaise ardente au nom de ses croyances et converti des milliers de gens à la foi et aux valeurs monothéistes. Tout cela, il y était arrivé entièrement par lui-même, sans maître, guide ou voix divine pour le diriger, avec rien d’autre que son immense esprit et sa quête passionnée de la vérité pour le conduire.
Et puis, dans sa soixante-quinzième année, survint le commandement divin : « Va vers toi-même ! » Maintenant que tu as achevé tes explorations et atteint tes objectifs, tourne-toi vers l’intérieur et entame un voyage dans l’essence de ton propre être.

Paradoxalement, plus notre voyage est personnel, plus nous avons besoin d’être guidés et aidés.
Un bon sens de l’orientation peut nous guider à travers le circuit routier le plus labyrinthien ; un sens aigu des relations humaines nous permet d’appliquer les politiques de management les plus tortueuses ; les données et les systèmes cognitifs stockés dans notre cerveau facilitent notre recherche de nouveaux domaines d’études. Mais si nous cherchons une voie vers le centre de nous-mêmes, le savoir et les aptitudes d’une vie entière se révèlent soudain inefficaces. Nous nous retrouvons dans l’obscurité, n’ayant pour seul recours que d’invoquer notre Créateur : « D.ieu, qui suis-je ? », crions-nous. « Donne-moi un indice. Dis-moi pourquoi Tu m’as fait ! »
Ce paradoxe est implicite dans la première directive au premier Juif mentionnée dans la Torah. Quand il est ordonné à Abraham « Va vers toi-même », il est enjoint à cet homme ingénieux, artisan de sa propre réussite, de mettre de côté ses talents innés (« ta terre »), la personnalité qu’il a développée pendant sept décennies et demie d’interaction avec son environnement (« ton pays natal ») et la sagesse découverte et formulée par son esprit phénoménal (« la maison de ton père ») et de suivre « aveuglément » D.ieu « vers la terre que Je te désignerai ».
Dans nos voyages extérieurs, notre savoir, nos talents et notre personnalité sont les instruments de notre exploration du monde autour de nous. Mais dans la quête de notre véritable soi, ces mêmes instruments – qui constituent en eux-mêmes un « soi » extérieur et superposé à notre essence – dissimulent autant qu’ils révèlent, déforment alors même qu’ils éclaircissent.
Nous utilisons ces instruments dans notre quête – nous n’en avons pas d’autres. Mais si notre voyage doit nous conduire à l’essence de nous-mêmes plutôt que vers un mirage, il doit être guidé par Celui qui nous a créés à Son image et a inscrit le schéma de nos âmes dans Sa Torah.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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jeudi 23 octobre 2014


A la découverte de la Planète Terre

L'écologie selon Noé

par Tzvi Freeman


Savez-vous quelle fut la plus grande découverte des mille dernières années ? Ce n’était pas l’imprimerie, ni l’Amérique, ni même la vaccination. Cette découverte, nous l’avons faite très récemment :
Ce fut la découverte de la planète Terre.
Depuis le jour où nous avons dû quitter le Jardin d’Eden, l’humanité a essayé de fuir la planète. Elle a bâti des temples pour atteindre les cieux et transcender nos limites matérielles et des cités puissantes pour se prémunir d’une nature envahissante, comme si nous n’en faisions pas partie. Nous avons signifié à la Terre qu’elle n’était qu’un sombre cloaque dont nous devions nous détacher pour accomplir notre destin. Nous l’avons ravagée, violée et enfouie sous nos pavés. Nous rêvions d’en venir à bout. De vaincre la Terre.
Un jour, finalement, dans le plus fou de tous nos rêves, nous lui avons échappé. Nous lui avons dit « Hé, la Terre ! C’est fini, nous n’avons plus besoin de toi ! Après tout, tu n’es qu’une petite planète minuscule perdue dans un incommensurable univers. C’est là-bas que nous allons conquérir d’autres planètes, plus grandes et plus belles que toi. Nous allons devenir les maîtres des étoiles et des galaxies ! »
Alors nous sommes partis sur la Lune, malheureusement elle était déserte et stérile. Nous avons envoyé des sondes sur Mars : Mars était complètement mort. Puis vers Vénus, le symbole de la beauté. Mais elle était vêtue de nuées brûlantes et toxiques. Cela jusqu’à ce que les parlementaires excédés votent l’arrêt des crédits alloués à la poursuite de ces rêves creux et vains.
C’est alors que, délaissant les profondeurs intersidérales, nous nous sommes retournés et avons découvert quelque chose que nous n’aurions jamais osé imaginer. Un joyau brillant au milieu des ténèbres dont jamais nous n’avions remarqué la beauté : la plus belle planète dont on puisse rêver.
Ce n’est qu’à ce moment que nous nous sommes rendus compte de la vérité : ce à quoi nos âmes avaient toujours aspiré se trouvait ici, sur la Terre, à notre portée. Il nous est alors apparu que nous avions besoin d’elle autant qu’elle a besoin de nous. Car nous ne faisons qu’un avec elle.
Nous avons découvert la planète Terre.
Aujourd’hui, il nous faut sauver notre planète. Ce n’est pas la première fois qu’elle est en péril, c’est arrivé déjà il y a longtemps et, à l’époque, seul un homme avait pu la sauver. Ce n’était pas qu’il fut le seul juste au monde, il y avait Mathusalem et ses disciples, mais Noa’h (Noé) était bien plus qu’un homme spirituel. Il était, comme le dit la Torah, Ich HaAdama – « un homme de la Terre ». D’après notre tradition, c’est Noa’h qui inventa la charrue.
D.ieu regarda en bas vers le monde qu’Il avait créé et vit ce que les hommes lui avaient fait, comment son âme lui avait été arrachée. Il vit aussi tous ces gens qui priaient et méditaient pour s’échapper des limites du corps et du monde terrestre et Il leur dit «  Vous, les hommes, ne faites pas partie de la solution. Vous faites partie du problème. Il n’y a que Noa’h, qui sait allier le corps et l’esprit, le Ciel et la Terre, qui puisse sauver Mon monde. »
Au cours du siècle qui vient de s’écouler, alors qu’étaient perpétrés les crimes les plus horribles dont les hommes se soient rendus responsables, nous avons vu comment les hommes « spirituels » sont restés silencieux. La destruction de l’humanité et de la Terre s’est faite avec leur consentement.
Mais, maintenant, nous avons découvert la planète Terre. Nous avons trouvé l’épanouissement spirituel et la Divinité en son sein. Et nous nous sommes rendus compte que si nous ne parvenons pas à faire la paix avec elle et entre nous, nous ne pourrons plus y survivre bien longtemps.

La foi de Noa’h

A l’aube de la création, D.ieu donna au premier être humain six lois auxquelles il devait obéir pour que le monde puisse vivre. Plus tard, après le grand déluge, il rajouta encore une loi à Noa’h. C’est ainsi que le livre de la Genèse le relate et que l’explique notre tradition dans le Talmud. Il viendra une époque, nous disent nos Sages, où les enfants de Noa’h seront prêts à emprunter de nouveau le chemin qu’il a tracé. Ce sera le départ d’un nouveau monde, un monde de sagesse et de paix.
Pendant la plus grande partie de l’Histoire juive, les circonstances n’ont pas permis à notre peuple de répandre ces principes autrement que de façon indirecte et limitée. Lorsque le Rabbi de Loubavitch commença à parler de la nécessité de les diffuser pour se préparer à une ère nouvelle, il fit revivre une tradition qui s’était pratiquement perdue.
Ce qui me fascine, c’est la latitude et la liberté que ces lois nous procurent. Elles résonnent de la même manière dans une hutte africaine que dans un palais en Inde, une école moscovite ou une banlieue ouvrière de Liverpool. Elles ressemblent aux indications des grands compositeurs en marge de leurs partitions : fermes, fiables et complètes, mais ne servant seulement que de base. Une base sur laquelle chaque peuple comme chaque individu peut bâtir, à sa manière, d’après sa sensibilité et son caractère propre.
D’après les Sages du Talmud, il existe en tout 70 familles qui ont chacune un chemin différent au sein de la grande famille humaine. Et chaque homme ou femme a également son propre chemin à l’intérieur du chemin plus global de sa grande « famille ». Cependant, nous avons tous une même base universelle.
Quiconque vit dans le respect de ces lois, en reconnaissant que c’est ce que D.ieu exige de nous, est considéré dans notre tradition comme une personne juste et vertueuse. Cette personne fait partie des bâtisseurs du monde tel que D.ieu l’a prévu. Au titre de quoi, une part de celui-ci lui revient.
La foi de Noa’h est un héritage sacré pour tous ses descendants. Une foi que chaque être humain vivant sur cette Terre peut exprimer quotidiennement par une déclaration. Et, si une part suffisante d’entre nous récite les mêmes mots chaque jour, nous verrons se dessiner un monde différent très bientôt. Bien plus tôt que nous ne pouvons l’imaginer.
Voici une version de la Profession de Foi des Enfants de Noa’h, d’après la tradition ancienne, avec une légère touche d’élaboration :

Moi, enfant de Noa’h,
Gardien de notre précieuse planète Terre
Je prends sur moi d’être responsable de la paix et de l’unité dans notre monde
Comme l’avait fait Adam et Noa’h,
Et comme cela fut transmis par Moïse et son peuple à travers les âges.

1. Je ne vouerai de culte à rien ni personne en dehors du Créateur Unique, qui prend soin de toutes les créatures de notre monde en renouvelant la création à chaque instant dans Sa sagesse infinie, étant Lui-même l’essence de la vie de toute chose.
Ici sont incluses la prière, l’étude et la méditation.

2. Je ne serais pas irrespectueux envers le Créateur d’une manière quelconque.
On peut considérer que cela implique de témoigner du respect pour la beauté et la vie de la Création.

3. Je ne commettrai pas de meurtre.
Chaque être humain, tout comme Adam et Ève, constitue un monde entier. Sauver une vie revient à sauver ce monde entier. Détruire une vie, c’est détruire un monde entier. Aider les autres à vivre est corollaire de ce principe. Chaque être humain que D.ieu a créé a le devoir de venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. 
4. Je respecterai l’institution du mariage.
Le mariage est un évènement divin. Le mariage d’un homme et d’une femme est le reflet de l’unité de D.ieu avec Sa création. La malhonnêteté au sein du mariage est une agression de cette unité.

5. Je ne prendrai pas ce qui ne m’appartient pas légitimement.
Traitez honnêtement dans toutes vos affaires. En nous en remettant à D.ieu, nous exprimons notre confiance en Lui comme Donneur de la vie.

6. Je ne causerai aucune souffrance inutile à toute créature vivante.
Au commencement du monde, l’Homme était le jardinier du Jardin d’Eden et devait « le cultiver et le garder ». A l’origine, il était interdit à l’homme d’ôter la vie à un animal. Après le déluge, il lui fut permis de consommer de la viande, avec une condition cependant : ne jamais causer de souffrance inutile à une créature.

7. Je soutiendrai l’établissement de tribunaux honnêtes et justes dans mon pays.
La justice est l’affaire de D.ieu. Nous avons cependant la charge d’adopter des lois nécessaires et de les faire respecter partout où nous le pouvons. En corrigeant les errements d’une société, nous agissons comme partenaires de D.ieu dans la perpétuation du monde.

Puissent les nations transformer leurs épées en socs de charrue. Puisse le loup paître avec l’agneau. Puisse la Terre se remplir de sagesse autant que les eaux recouvrent le fond des océans. Et puisse tout cela arriver très bientôt, de notre vivant, plus tôt que nous ne pouvons l’imaginer.

Extrait d’un discours prononcé devant la 18ème Conférence Internationale pour la Paix, tenue à Munich en automne 1999.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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mercredi 22 octobre 2014


Le cinquante-sixième siècle

La divinité de la science

Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch
Merci à  MeaningfulLife.com


En l’an six cent de la vie de Noé... jaillirent toutes les sources du grand abîme et les fenêtres du ciel s’ouvrirent...
Genèse 7,11
Le Zohar interprète ce verset comme une prédiction que « dans le sixième siècle du sixième millénaire, les portes de la sagesse céleste s’ouvriront, de même que les sources de la sagesse terrestre, préparant le monde à être élevé lors du septième millénaire ».
En effet, le 56ème siècle depuis la création (1740-1840 dans le calendrier civil) fut une période de grandes découvertes et de progrès accéléré, aussi bien dans le domaine de la sagesse céleste de la Torah que dans celui de la sagesse terrestre de la science profane. C’est en ce siècle que furent révélés et diffusés les enseignements du ‘Hassidisme par Rabbi Israël Baal Chem Tov et ses disciples. L’âme profonde de la Torah, qui avait été jusque-là l’apanage d’un nombre restreint de mystiques dans chaque génération, fut rendue accessible à tous, ce qui apporta une nouvelle dimension à notre compréhension de la sagesse divine et imprégna de vitalité et de joie notre accomplissement des mitsvot.
À ces révélations célestes se déversant des fenêtres des cieux firent écho celles des sources terrestres. Ce même siècle connut un foisonnement sans précédent de connaissances dans tous les domaines de la science profane, dans les mathématiques, la physique, la médecine, la technologie et les sciences sociales, révolutionnant ainsi tous les domaines de la vie humaine.
Selon le Zohar, cette double révolution était destinée à préparer le monde au « septième millénaire », l’ère de Machia’h, lorsque la « semaine de travail » des six millénaires de l’histoire aboutiront à un âge qui sera « entièrement Chabbat et tranquillité pour la vie éternelle ».

La pluie fine qui précède le déluge

La rédemption qu’effectuera le Machia’h consistera en plusieurs choses. Ce sera le rassemblement du peuple d’Israël dispersé en Terre Sainte, la reconstruction du Beth Hamikdache (le Saint Temple) à Jérusalem et le rétablissement du service du Temple. Ce sera le retour de l’humanité à D.ieu et son réengagement à une vie de bonté et de sainteté. Ce sera la fin de la faim, de la guerre, de la jalousie et de la cupidité, un temps où le mal sera supprimé du cœur de l’homme et où la souffrance disparaîtra du monde de D.ieu. La rédemption sera toutes ces choses du fait d’une transformation fondamentale que connaîtra notre monde : l’esprit humain comprendra la vérité divine.
Dans son état actuel, le monde dissimule le visage de D.ieu. Certes, le fonctionnement de la nature témoigne de la sagesse et de la majesté du Créateur, et les développements de l’histoire attestent de la providence divine dans les affaires humaines, et pourtant ce ne sont là que des petits points de lumière scintillant à travers l’épais voile de la nature. Bien plus prononcée est la dissimulation de la vérité divine par le monde physique avec la régularité de ses cycles, l’amoralité apparente de ses lois et la brutale immanence de son être. « Je suis », proclame-t-il avec chaque proton de son être. « Je suis une existence à moi-même, absolue et indépendante. » Toute « vérité supérieure » qui pourrait exister n’est rien de plus que cela : une vérité « supérieure », abstraite et immatérielle, et tout à fait séparée du « véritable » monde.
Mais, à l’époque de Machia’h, « la connaissance et la sagesse augmenteront », au point que « le monde sera rempli de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent les fonds marins ». La véritable essence de la réalité sera révélée ; le monde physique sera vécu comme une expression – et non plus comme une occultation – de la réalité absolue, exclusive et omniprésente de D.ieu. Et lorsque le monde cessera d’être perçu comme étant distinct de D.ieu, toutes les autres caractéristiques du monde messianique se mettront en place. L’homme entreprendra seulement de connaître D.ieu et d’obéir à sa volonté ; l’existence minée par les luttes et les conflits que nous connaissons aujourd’hui cèdera la place au summum de la paix et de l’harmonie : l’harmonie entre les différentes aspirations et forces au sein de l’âme humaine, l’harmonie entre les hommes et les nations, et l’harmonie entre le Créateur et Sa création.
« La Divinité est tout et tout est la Divinité »
Ceci explique comment la sagesse céleste qui émanait des « fenêtres des cieux » au 56ème siècle a servi à « préparer le monde à être élevé au septième millénaire ». Les enseignements du ‘Hassidisme donnent un avant-goût de cette conscience et de cette compréhension à venir. Employant les outils de la raison humaine, le ‘Hassidisme explique à l’esprit de l’homme et implante dans son cœur la vérité qu’« il n’est rien hormis Lui », que « la Divinité est tout et tout est la Divinité » : il décrit les origines, le développement et le fonctionnement intérieur de l’âme humaine et comment celle-ci se réalise et s’accomplit à travers la connaissance de D.ieu et la mise en œuvre de Sa volonté. Elle expose le rôle de l’homme dans la création et la façon dont nos actes transforment la nature même de la réalité, la rendant ainsi plus réceptive à la Divinité.
Aujourd’hui, notre capacité à vraiment comprendre et assimiler ces vérités est limitée par l’état actuel de l’esprit humain et du monde qui influence sa pensée. Pourtant, la révélation de l’âme profonde de la Torah fut la pluie fine qui annonce le déluge, le ruissellement qui marque le début de la grande inondation qui « remplira le monde avec la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent les fonds marins ».

Mise en œuvre et illustration

En complément du torrent de sagesse divine qui se déversa des fenêtres du ciel eut lieu une recrudescence de la connaissance terrestre, que le Zohar considère également comme un prologue et une préparation à l’ère de connaissance que seront les temps messianiques.
Il y a fondamentalement trois manières dont les avancées révolutionnaires de la science et de la technologie de ces dernières générations préparent le monde à la venue du Machia’h :
1) Comme instrument : Au niveau le plus élémentaire, la révolution scientifique a facilité, à un degré sans précédent, la diffusion de la Torah. Il y a trois cents ans, un enseignant ne pouvait communiquer directement qu’avec ceux qui étaient à portée de sa voix ; aujourd’hui, ses mots (et même son image) peuvent être diffusés à des milliards de personnes dans toutes les régions du globe. De la sorte, et de nombreuses autres façons, les avancées scientifiques des trois derniers siècles ont permis la propagation de la sagesse divine à une échelle qui ne pouvait pas même être imaginée avant que les « sources du grand abîme » jaillissent au sixième siècle du sixième millénaire.
2) Comme analogie : À un niveau plus profond, le développement accéléré de la sagesse terrestre a non seulement véhiculé la connaissance de D.ieu plus loin, plus vite et à plus de gens, il a également amélioré la qualité de notre compréhension de notre Créateur. La révolution scientifique nous a permis de mieux apprécier la réalité divine.
Par exemple : une partie intégrante de notre foi est le concept de « providence divine particulière » (hachga’hah pratit). Le principe selon lequel D.ieu observe chacune de nos actions, paroles et pensées et nous en tient responsables ;  qu’Il est conscient de et s’intéresse à chaque événement dans l’univers, depuis la naissance d’une étoile dans une galaxie lointaine jusqu’au tournoiement d’une feuille dans le vent dans une forêt reculée, et que tous figurent dans Son plan de la création et contribuent à sa réalisation.
Dans les générations précédentes, le concept d’un œil qui observe simultanément des milliards d’actions distantes les unes des autres de milliers de kilomètres, et celui d’une conscience qui englobe d’innombrables événements simultanés et leurs effets les uns sur les autres, étaient au-delà de la raison. Il était possible d’y croire de façon absolue, car la foi a la capacité d’accepter toutes les vérités, même les plus illogiques, mais on ne pouvait pas considérer cela rationnellement et se le représenter avec l’œil de l’esprit. Aujourd’hui en revanche, quand nous pouvons aisément converser avec quelqu’un se trouvant à dix milles kilomètres de nous, quand nous pouvons voir un vaisseau atterrir sur Mars ou utiliser une puce de silicium pour calculer des millions de données en une seconde, il n’est nul besoin d’une foi démesurée pour comprendre que Celui qui a accordé un tel potentiel à Sa création le possède assurément Lui-même, et ce, dans une mesure bien supérieure.
Ce n’est là qu’un exemple de la façon dont la science moderne a transformé notre vision de la réalité, en introduisant dans le vocabulaire de nos esprits certains concepts qui, dans les générations précédentes, avaient appartenu exclusivement au domaine de la foi.
3) Comme révélation de la Divinité : Dans les deux exemples cités ci-dessus, nous avons vu comment la « sagesse terrestre » de la science sert la révélation de la sagesse céleste, que ce soit comme l’instrument de sa diffusion ou comme un modèle qui rend tangible et réel ce qui était auparavant abstrait et surréaliste.
La science est la découverte du visage de D.ieu
Il y a toutefois une troisième manière, plus essentielle, dont le jaillissement des « sources du grand abîme » a préparé le monde au septième millénaire. Dans celle-ci, la sagesse terrestre n’est pas seulement un facilitateur de la sagesse céleste de la Torah, mais est elle-même une révélation de la Divinité.
Car la science est la découverte du visage de D.ieu. Elle a passé les trois cents dernières années à disséquer le voile de la nature au point de le rendre de plus en plus transparent, plus révélateur des vérités qu’elle incarne et dissimule en même temps.
Pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres :
Dans les générations précédentes, l’étude de la nature a donné l’image d’un univers multiforme. Le monde était perçu comme étant composé de dizaines d’éléments et comme étant mu par un certain nombre de forces distinctes. Mais plus la science s’est développée, plus elle a découvert l’unité derrière la diversité. Une centaine d’« éléments » se sont révélés être composés d’un nombre bien plus restreint de blocs de construction fondamentaux ; des forces diverses se sont avérées être différentes mutations d’une unique force élémentaire. Même la différenciation entre la matière et l’énergie s’est révélée n’être qu’une distinction extérieure entre deux formes de la même essence. De fait, la science s’approche rapidement du point d’être en mesure de démontrer que la totalité de l’existence est un rayonnement unique émanant d’une source unique.
Bien sûr, les « fenêtres des cieux » ont déjà émis cette vérité – dans le langage de la pensée de la Torah et de la métaphore kabbalistique. En complément de cette révélation, le scientifique est en train de formuler cette vérité dans des équations mathématiques et en faire la démonstration dans des accélérateurs de particules de dernière génération.
D’en haut comme d’en bas, notre monde a été préparé à l’Ère de la Connaissance.

BASÉ SUR LES ENSEIGNEMENTS DU RABBI DE LOUBAVITCH
Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson ; adapté par Yanki Tauber.
Traduction d'un article publié originellement dans "Week in Review"
Reproduit avec la permission de MeaningfulLife.com. Si vous souhaitez reproduire cet article dans une publication ou un site internet, veuillez écrire à permissions@meaningfullife.com
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Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

lundi 20 octobre 2014

Les enjeux de la paracha Noa'h

à la lumière de la 'Hassidout

Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch


Dans la paracha Beréchit, nous avons vu la façon dont D.ieu créa le monde et donna à l’humanité la mission de le transformer pour en faire Sa demeure et comment celle-ci se détourna massivement de cette mission et l’abandonna.
Ceci étant, l’on aurait pu s’attendre à ce que l’acte suivant dans ce drame divin soit la naissance du peuple juif, la nation désignée pour développer la conscience du divin et ramener l’humanité sur la voie d’une vie en présence de D.ieu. Le temps semble propice : le décor est monté, tous les accessoires sont en place. Il semble même y avoir un candidat tout indiqué pour être le géniteur de ce nouveau peuple : la paracha Beréchit s’achève sur les mots « Noa’h trouva faveur aux yeux de D.ieu. »1 
Et pourtant, la Torah maintient le suspens, repoussant la genèse du peuple juif jusqu’à la paracha suivante. Il est évident que des fondements supplémentaires devaient être posés avant que le monde ne soit prêt pour l’avènement d’un peuple choisi. La description détaillée de cette préparation est le sujet de laparacha Noa’h, nommée d’après son protagoniste. Noa’h (Noé) fut l’homme que D.ieu choisit pour construire l’Arche à travers laquelle la vie humaine et animale survivrait au Déluge qui allait effacer la race humaine qui avait atteint un point de non-retour dans l’iniquité, lui permettant ainsi de renaître.
Quelle était cette préparation ? Quelles étapes supplémentaires étaient-elles nécessaires pour que le monde puisse amorcer son élévation vers la naissance du peuple juif et le don de la Torah au mont Sinaï ? Pour répondre à cette question, nous devons au préalable nous approfondir sur le nom de cetteparacha, car, comme nous l’avons déjà souligné, les noms des parachiothrévèlent leurs messages et leurs leçons essentielles.
Le mot (dans le cas présent, le nom) Noa’h signifie « repos », « tranquillité ». Et pourtant, les événements de cette paracha sont tout sauf reposants et tranquilles. Le déluge cataclysmique qui anéantit impitoyablement et sans distinction toute vie sur terre constitue sans doute le summum du bouleversement, tout comme les deux autres épisodes significatifs de laparacha : la malédiction de ‘Ham et la dispersion de l’humanité depuis la Tour de Babel.
Néanmoins, si nous considérons le but sous-jacent de ces événements et ce que furent leurs conséquences, il apparaît que le nom Noa’h est tout à fait approprié. Aussi turbulent que le déluge ait pu être sur le plan matériel, son objet était de guérir le monde de son état spirituel qui constituait un problème plus grave encore. Le monde antédiluvien était encore relativement jeune et toutes les formes de vie possédaient la pleine vigueur de la jeunesse, comme l’atteste par exemple l’extraordinaire longévité humaine qui caractérisait cette époque. Et pourtant, cette force était fragile : quand les créatures s’étaient développées et avaient muri, elles devenaient inflexibles, presque immuables. Il leur était pratiquement impossible de changer. C’était également le cas de la dimension spirituelle de la vie : lorsque les caractères étaient modelés et leurs modes de comportement formulés, il leur était extrêmement difficile de changer. Et dans la mesure où les normes sociétales devenaient de plus en plus corrompues, la grande majorité de la population se trouva progressivement prise dans une spirale de dégénérescence des mœurs et des comportements.
Le Déluge changea tout cela. Les eaux battantes ramollirent la terre, non seulement matériellement, mais aussi spirituellement, rendant la réalité plus malléable, plus flexible, plus réceptive au changement. Le « nouveau monde » qui se présenta à Noa’h quand il sortit de l’Arche,2 était un monde où les vents du repentir (techouvah) soufflaient librement, accessibles à tous, aussi malsains que pussent chroniquement devenir les comportements humains.
Ainsi, quand D.ieu déclara après le Déluge : « Plus jamais il n’y aura un déluge qui détruira la terre»,3, Il n’était pas en train de se réconcilier avec des hommes qui continueraient à pécher comme auparavant ; Il n'était pas non plus en train de reconnaître qu’en inondant la terre, Il avait commis une sorte d’erreur qu’Il s’engageait à ne pas réitérer. Son propos était de dire qu’à travers le Déluge, Il avait transformé la réalité de telle façon qu’il ne serait plus jamais nécessairede recommencer ce processus, non pas que la nature humaine se fut améliorée, mais parce qu’Il leur avait procuré un mécanisme nouveau qu’ils pourraient utiliser pour contrer, voire éradiquer, les effets d’un comportement négatif.
En soi, le Déluge constitua une étape fondamentale dans la progression vers la réalisation du but de la Création qui est de promouvoir et disséminer la conscience du divin dans le monde jusqu’à ce qu’il devienne une résidence naturelle pour D.ieu. C’était donc également une étape cruciale dans l’établissement des bases pour la genèse du peuple juif. Le message d’espoir que la Torah est censée apporter au monde est qu’il n’est jamais trop tard, que D.ieu est toujours prêt à nous accueillir à bras ouverts et que nous pouvons toujours recommencer de nouveau, et même poursuivre notre mission divine avec un succès que nous n’aurions jamais considéré imaginable.
La leçon de cette paracha reste éternellement pertinente pour nous. Lorsque nous sommes confrontés à une situation particulièrement éprouvante ou une phase turbulente de notre vie, il est utile de nous rappeler que, tout comme le Déluge, le but de cette difficulté est de nous purifier et de nous raffiner. En suivant l’exemple de Noa’h qui ne prit pas peur devant l’imminence des flots, mais qui tint résolument sa place, nous pouvons non seulement nous en sortir indemnes, mais nous sommes capables d’en tirer les bénéfices inhérents et même d’en ressortir renforcés. En nous concentrant sur l’opportunité inhérente à l’épreuve plutôt qu’à la difficulté superficielle à laquelle nous sommes confrontés, nous transformons les eaux destructrices en « eaux de Noa’h »,4les eaux de la tranquillité et du repos.
Et si, comme Noa’h, nous sommes assez sages pour utiliser cette expérience à notre avantage, nous pouvons contribuer à transformer le monde entier en un environnement plus réceptif à la conscience du divin, le rapprochant ainsi de son accomplissement ultime et véritable.5

NOTES
1.Genèse 6,8.
2.Vayikra Rabbah 30:8.
3.Genèse 9,11.
4.Isaïe 54,9.
5.Basé sur Likoutei Si’hot vol. 20, p. 285-287.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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