lundi 12 janvier 2015
Deux Machia’h?
par Menahem Brod
Lorsque l’on parle du Machia’h, il s’agit en général du « Machia’h ben David », le Machia’h qui descendra du roi David et restaurera la royauté de sa lignée et guidera l’humanité vers sa prospérité morale, spirituelle et matérielle. Nous prions trois fois par jour pour sa venue en disant « fait pousser rapidement le rameau de David »1. Toutefois, le Talmud, le Midrache et le Zohar évoquent un second Machia’h : « Machia’h ben Yossef », « le Machia’h qui descend de Joseph ».
Il ressort de ces sources que Machia’h ben Yossef apparaîtra avant Machia’h ben David,2 qu’il règnera sur tout Israël, mais qu’il sera tué par les nations. Après lui viendra le règne de Machia’h ben David qui apportera la rédemption complète.
Dans le Talmud,3une opinion interprète le verset de Zacharie : « Et le pays sera en deuil, chaque famille à part »4 comme se rapportant « à Machia’h ben Yossef qui sera tué ». Il y est fait ensuite mention d’un dialogue dans lequel D.ieu dit au Machia’h ben David : « Demande-le-Moi, et Je te donnerai des peuples comme héritage »5 Mais lorsque le Machia’h voit que le Machia’h ben Yossef est tué, il dit à D.ieu : « Maître du monde, je ne demande rien d’autre que la vie. » Il est donc fait ici une référence explicite au Machia’h ben Yossef : lui est tué et Machia’h ben David demeure en vie.
La prière de ‘Hannah s’achève par le verset : « Et Il donnera la puissance à Son roi, et Il exaltera la gloire de Son oint. »6 Ce verset fait allusion aux deux Machia’h : « Il donnera la puissance à Son roi » fait référence à Machia’h ben Yossef, et « Il exaltera la gloire de Son oint », à Machia’h ben David.7
La téchouva
De nombreux aspects de la délivrance messianique n’ont pas été transmis de manière claire et explicite. Le Rambam statue8 ainsi : « On ne saura pas comment ces évènements se dérouleront jusqu’au moment où ils se dérouleront. » Il y a d’un côté ce qui a été défini dans la loi juive (dans le Rambam, par exemple) et qui est clair et sans équivoque, et il y a tout le reste dont on ne sait pas ce qui est allégorique ou symbolique et ce qui est censé s’accomplir concrètement. Le Machia’h ben Yossef n’est pas mentionné dans le Rambam, de sorte que cela demeure un thème assez nébuleux dans le processus messianique.
Rav Saadia Gaon statue9 que la venue du Machia’h ben Yossef n’est pas une nécessité, mais dépend des Juifs eux-mêmes : si le peuple juif fait téchouva – se repent –, Machia’h ben David apparaît immédiatement, sans que l’on ait besoin de guerres et de l’action du Machia’h ben Yossef. Et si ce dernier paraît néanmoins, il jouera alors seulement le rôle d’émissaire du Machia’h ben David et lui préparera le chemin.
Certains ont interprété le sujet du Machia’h ben Yossef comme désignant plus largement l’ensemble des tsadikim et des dirigeants du peuple juif qui moururent pendant l’exil en sanctifiant le nom de D.ieu. Tous ceux-ci constituent, dans cette optique, le « Machia’h ben Yossef qui est tué ».
Le cerveau et le cœur
Le Maharal explique10 que Judah et Joseph représentent respectivement le cerveau et le cœur, les deux principaux organes dans le corps humain. Judah – Yéhoudah – symbolise le cerveau et représente le règne de l’esprit et de la connaissance. Joseph – Yossef – symbolise le cœur et représente le règne des émotions et des sentiments. C’est la raison pour laquelle Judah et Joseph sont les leaders de la nation juive.
Toutefois, d’entre les deux, c’est Judah qui représente la véritable autorité, car le cerveau est le plus élevé des organes qui dirige le reste du corps. La conduite de Joseph évoque une période plus basse, lors de laquelle le peuple juif n’est pas encore prêt et digne du noble leadership de Judah du fait qu’il suit son cœur (Joseph) et non son esprit (Judah).
Il ressort de là que « Machia’h ben Yossef » désigne les dirigeants juifs en temps d’exil, lorsque le peuple juif ne tient pas son véritable rang. Pendant cette période, la plupart des Juifs se conduisent selon ce que leur « cœur » leur dit et seulement une minorité parmi eux basent leur comportement sur leur « cerveau ». Et comme le cœur ne peux pas tenir totalement face au mal, les nations du monde le dominent, au point où Machia’h ben Yossef « meurt et ce niveau là disparaît totalement du peuple juif », dans les termes du Maharal.
Machia’h ben David, en revanche, désigne la plénitude dans la direction du peuple d’Israël, ce qui a notamment comme conséquence que les nations ne pourront rien contre elle. C’est pourquoi, lorsque viendra le temps du véritable renouveau, Machia’h ben David se révèlera à tous et tout le peuple se ralliera à lui et son règne se perpétuera sans jamais aucune interruption.
La ‘Hassidout révèle que le Machia’h ben David inclura en lui le Machia’h ben Yossef. À ce sujet il est dit11 que D.ieu rassemblera le bâton de Joseph et celui de Judah pour en faire « un seul bâton », lorsque « Mon serviteur David sera un prince pour eux pour toujours ».
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.
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La dispute
Une histoire de Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev
By Nissan Mindel
Nous irons loin, bien loin, jusqu'en Russie et sa vaste campagne. Là se situe notre histoire qui nous ramène fort en arrière, à un âge bien révolu. On n'avait pas encore inventé le chemin de fer ni aucune machine. Les routes étaient grossièrement tracées à travers les terres, ni asphalte, ni pavés ne les recouvraient. Les voyages étaient extrêmement difficiles et fastidieux. Aussi, afin d'éviter des déplacements si pénibles, les commerçants des bourgs et des villages n'avaient-ils d'autre choix que de confier à un concitoyen honnête et respecté le soin des transactions qu'ils désiraient effectuer dans la grande ville. Il était en quelque sorte leur commis voyageur. Une ou deux fois par semaine, il entreprenait le voyage à la ville, où il troquait leurs matières premières et leurs produits agricoles – les peaux et le blé – contre des produits manufacturés. Il y faisait aussi, pour leur compte, des achats.
Les habitants du bourg de Khmelnik, situé à une petite distance de la ville de Berditchev, avaient choisi pour ce travail un Juif, Maître Simon, dont la probité autant que la piété étaient notoires. Chaque dimanche, ce dernier faisait le tour des boutiquiers, des fermiers et des négociants, recueillant argent et commandes à exécuter à la ville. Puis Bérel, son cocher, attelait les chevaux, et tous deux partaient pour Berditchev.
Un jour, le sort porta à Maître Simon un coup cruel. Il se trouvait dans un magasin et venait d'acheter quelques articles figurant sur sa liste. Portant la main à sa ceinture pour payer, il fut surpris de constater qu'elle n'était plus autour de sa taille. Fébrilement il fouilla dans ses poches, sans plus de succès. La circonstance était grave ; à mesure qu'il en prenait conscience, une pâleur mortelle envahissait son visage L'instant d'après, dans un soupir où s'exhalait toute son amertume, il eut à peine le temps de gémir : « O sort infortuné ! L'argent est perdu ! » et il s'effondra sur le sol sans connaissance.
Le commerçant se précipita pour lui porter secours. Il lui aspergea le visage avec de l'eau froide, mais ne réussit pas à le ranimer. Maître Simon gisait évanoui dans la boutique. Le marchand se précipita dans la rue pour chercher de l'aide. Une foule curieuse commençait à se former quand peu à peu le malheureux revint à lui.
L'un des négociants du voisinage, que la scène avait attiré, lui dit alors d'un ton sarcastique :
– Vraiment, vous m'étonnez, Maître Simon. Comment se fait-il que vous, un homme plein d'expérience, n'ayez pas pris soin de bien garder l'argent qui vous était confié ? Vous savez pourtant combien il faut veiller à ces sortes de choses !
Oh, mon ami, répondit l'infortuné, pourquoi tourner le couteau dans la plaie ? N'ai-je pas toujours gardé avec la plus grande vigilance l'argent des autres ? Et en ai-je jamais perdu même un kopeck ? Les sommes qui m'ont été confiées se trouvaient dans une ceinture de cuir que j'avais autour de la taille et dont je ne me séparais jamais. Mais voilà, maintenant ceinture et argent ont disparu. Comment pourrai-je retourner à Khmelnik ? Comment pourrai-je regarder en face les pauvres gens qui luttent si durement pour amasser ce que je leur ai perdu ?
Les plaintes angoissées de Maître Simon émurent les hommes attroupés. L'un d'eux suggéra :
– Pourquoi ne pas amener ce malheureux à la maison de notre cher rabbin ? D.ieu parle par sa bouche ; peut-être ses paroles apporteront-elles un soulagement à sa douleur.
II
Rabbi Levi Yits’hak de Berditchev célébrait ce jour-là un « Siyoum » (l'achèvement de son étude d'un tome du Talmud). Réunis autour de lui et s'honorant de participer au saint et joyeux repas se trouvaient les hommes les plus sages et les plus doctes de Berditchev.
Le rabbin avait à peine fini de prononcer les derniers mots que la porte s'ouvrit. Maître Simon et les quelques hommes qui raccompagnaient entrèrent.
– Cher Rabbi, dirent ces derniers, ce malheureux a grand besoin de votre aide.
Et ils entreprirent de raconter ce qui était arrivé à Maître Simon. Tandis que le rabbin et ses convives écoutaient attentivement le triste récit, l'un des présents l'interrompait pour s'enquérir, tantôt du montant exact perdu, tantôt du genre de ceinture où l'argent était gardé. Quand les hommes eurent terminé leur narration, le rabbin se tourna vers Simon et lui dit : « Ne désespère pas, mon ami. Aie confiance en D.ieu et Il te dédommagera de ta perte. »
Ces paroles firent sur Maître Simon l'effet d'un baume et il en éprouva un grand soulagement. Il but le verre de vin que le rabbin lui offrait. De temps en temps, cependant, un soupir lui échappait. Puis, l'un des invités se leva et s'adressant au rabbin de Berditchev, il dit :
– J'ai une occasion extraordinaire de faire une bonne action, mais je crains d'avoir trop attendu. Aussi je vous prie, saint Rabbi de me permettre de me retirer afin que je puisse accomplir l'un des préceptes de notre sainte Torah.
Environ une demi-heure plus tard, l'homme revint, tenant dans la main une ceinture de cuir remplie de pièces d'argent. S'adressant à Maître Simon, il dit :
- J'ai trouvé cette ceinture. Peux-tu fournir la preuve qu'elle t'appartient?
Maître Simon ne pouvait en croire ses yeux. Sa joie était si grande qu'il n'arrivait pas à proférer un seul mot. D'ailleurs, l'homme n'attendit pas sa réponse et poursuivît :
– La plupart des ceintures se ressemblent tellement qu'il est difficile de les distinguer l'une de l'autre. Si les caractéristiques de celle-ci ne peuvent constituer une preuve, le montant de la somme qu'elle contient en serait une incontestablement.
Et ils commencèrent à compter les pièces d'argent. Le cœur de Maître Simon battait à se rompre tandis qu'il taisait et refaisait en silence une prière : « D.ieu bien-aimé, faites que ce soit... »
– Exactement trois cent cinquante-trois roubles, lancèrent les hommes qui comptaient.
Aussitôt un cri unanime se leva dans l'assistance : « La ceinture est bien celle de Maître Simon ! »
– D.ieu soit loué ! s'écria ce dernier, des larmes de joie brillant dans ses yeux. Il courut vers l'homme qui avait apporté la ceinture et l'embrassa avec enthousiasme. Mais celui-ci lui dit :
– Tu ne me dois aucune gratitude, Maître Simon. Je n'ai fait que mon devoir de Juif fidèle à la Torah.
III
Quelques instants après, un bruit de pas précipités se fit entendre à l'entrée de la maison. Puis la porte de la pièce s'ouvrit avec fracas et un homme en proie à la plus grande excitation apparut. Sans saluer personne, il alla droit vers Maître Simon et commença à bégayer fébrilement :
– Je l'ai trouvé, je... l'ai toute trouvée... tout a été trouvé !
Chacun des présents était saisi ; mais le visage du Rabbi de Berditchev s'éclaira et, levant les bras au ciel, il s'exclama :
– Mon D.ieu, qui est pareil à Ton peuple Israël en fait d'actions gratuites et charitables ?
Bérel, le cocher (car c'était lui), tira alors de sa poche une ceinture en cuir et la tendit à Maître Simon. Stupéfait, ce dernier dit à Bérel :
– Mais que veux-tu dire ? L'argent a déjà été trouvé !
– Juifs, mes frères, avez-vous jamais vu rien de semblable ? s'écria le cocher avec impatience. Je lui rends son argent et c'est lui qui refuse de le prendre ! Que t'arrive-t-il, Maître Simon, pourquoi ne reprends-tu pas ton bien ?
Simon en était interloqué, il ne comprenait rien, il hésitait. Voyant son indécision, l'homme de la première ceinture lui dit :
– Qu'as-tu à prêter l'oreille à cet intrus ? Ne t'ai-je pas restitué déjà ta ceinture ?
– Mais c'est impossible ! cria Bérel. C'est moi, et moi seul, qui ai trouvé la ceinture de Simon. C'est à moi que revient cette bonne action.
Puis, s'adressant à Maître Simon, il continua :
– Ne te rappelles-tu pas comment tu l'as perdue ? Quand tu es allé te laver dans le ruisseau, ne l'as-tu pas sentie glisser de ta taille et tomber? Quand je suis arrivé moi-même à ce cours d'eau pour donner à boire à mes chevaux, j'ai trouvé ta ceinture au bord de l'eau. Je t'ai alors appelé, mais tu étais déjà trop loin, tu n'as pas entendu. J'ai crié jusqu'à en perdre la voix, mais en vain. Maintenant que je te retrouve, prends ce qui t'appartient et laisse-moi bénéficier de l'accomplissement de cette rare Mitsva !
Maître Simon finit par se rendre à l'évidence. Bérel était réellement celui qui avait trouvé sa ceinture. Il s'apprêtait à tendre la main pour la saisir quand, à nouveau, l'autre homme s'adressa à Bérel :
– Mon ami, pourquoi dis-tu toutes ces bêtises ? Maître Simon a déjà sa ceinture. Quant à toi, D.ieu t'a accordé de trouver quelque chose que tu peux, légalement garder.
Bérel commençait à se fâcher. Se redressant de toute sa taille, il dit sur un ton de provocation :
– Qui te crois-tu pour me priver ainsi d'une occasion d'accomplir une Mitsva ? Vous, les riches, disposez de mille circonstances pour faire de bonnes actions. Moi, je suis pauvre, et nous sommes en présence d'une Mitsva bien rare. Elle est à moi, je ne permettrai à personne de me l'enlever !
Et les yeux pleins de larmes, il demanda son aide au rabbin. Il raconta à nouveau toute l'histoire, sa découverte, et sa joie d'avoir le privilège d'accomplir une Mitsva si rare.
– Et toi, Maître Yéhouda, qu'as-tu à répondre à cela ? demanda le rabbin à l'homme qui avait apporté la première ceinture.
– Je soutiens, fit celui-ci, que D.ieu, voyant la pauvreté de mon concurrent, lui a envoyé cette trouvaille comme présent. Qu'il garde donc la ceinture qu'il a trouvée. Il n'y a pas de doute que D.ieu prendra sa bonne intention pour l'action elle-même.
Enfin, le rabbin, ayant entendu les arguments des deux parties, déclara :
– Conformément aux lois de notre Torah, deux témoins sont nécessaires pour contrôler les affirmations de chacun de vous. Maître Simon semble prendre le parti de Bérel ; mais cela ne fait toujours qu'un seul témoin. Pour compenser, l'adversaire devra renforcer ses assertions au moyen d'un serment. Aussi, Maître Yéhouda, si tu persistes à affirmer que tu as bien trouvé la ceinture, donnes-en la parole d'honneur ; ainsi la Mitsva sera pour toi.
Alors Yéhouda se leva et dit :
– D.ieu m'est témoin que j'ai seulement voulu venir en aide à un frère juif en détresse, de la manière la plus honorable que je connaisse. Mais je ne puis mentir. Bérel, la Mitsva est vraiment pour toi.
Là-dessus, Bérel et Yéhouda se serrèrent la main et se donnèrent l'accolade. Les yeux de Rabbi Levi Yits’hak de Berditchev se mouillaient de larmes tandis qu'il disait :
« O heureux Juifs que vous êtes ! D.ieu est fier de vous ! Tu ne peux périr, Israël, tant que tu sanctifies ainsi Son Nom. Tu es béni, vraiment béni ! ».
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.
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Moralité universelle
Les Sept Lois Noahides
Les Sages du Talmud enseignent qu’il y a 70 familles empruntant 70 chemins différents au sein de la Grande Famille de l’Humanité. Et chaque individu possède son propre chemin à l’intérieur de celui de sa nation. Toutefois, nous avons tous une seule et unique base universelle.
À l’aube de l’histoire humaine, D.ieu donna à l’Homme sept règles à suivre pour que Sa Création puisse subsister. C’est ce qui est relaté dans le livre de la Genèse, selon l’interprétation de notre tradition dans le Talmud. Un temps viendra, nous disent nos Sages, lors duquel les enfants de Noé seront prêts à emprunter de nouveau ce chemin. Cela marquera le début d’un nouveau monde, un monde de sagesse et de paix.
Au cœur de ce code moral universel se trouve la conscience que la morale – en fait la civilisation elle-même – doit être fondée sur la foi en D.ieu. A moins de reconnaître qu’il existe un Pouvoir Supérieur envers lequel nous sommes responsables et qui observe et connaît nos actions, nous ne pourrons pas transcender l’égoïsme de notre caractère et la subjectivité de notre intellect. Si l’homme lui-même devait être le juge ultime de ce qui bien ou mal, alors ce qui sera « bien » pour cet individu sera ce qu’il ou elle désire, quelles qu’en soient les conséquences pour les autres habitants de la planète.
Au mont Sinaï, D.ieu chargea les Enfants d’Israël de servir comme Sa « Lumière pour les nations » en amenant l’Humanité tout entière à reconnaître son Créateur et à adhérer à Ses lois.
Pendant la plupart de l’histoire juive, cependant, les circonstances n’ont pas permis à notre peuple de diffuser ces principes, autrement que de manière indirecte. Lorsque le Rabbi de Loubavitch commença à évoquer leur diffusion comme préparation pour une nouvelle ère, il a ressuscité une antique tradition juive.
Ce qu’il y a de plus beau dans ces lois, c’est l’espace de liberté qu’elles procurent. Elles résonnent de la même manière dans une case en Afrique que dans un palais en Inde, dans une école moscovite ou une banlieue française. Elles sont pareilles aux directives d’un grand maître de l’art à ses disciples : fermes, fiables et complètes, mais elles sont seulement une base, sur laquelle chaque peuple et chaque personne peut bâtir son propre édifice.
« Les sept lois Noahides » sont un héritage sacré pour l’ensemble des enfants de Noé (« Noa’h » en hébreu), un héritage sur lequel chaque être humain sur cette terre peut construire sa vie spirituelle, morale et pratique. Si un nombre suffisamment important d’entre nous prend à cœur d’incorporer ces lois dans nos vies, nous serons témoins d’un monde différent très bientôt. Plus tôt que nous pouvons l’imaginer.
LES 7 LOIS
1Reconnaissez qu’il n’y a qu’un seul D.ieu qui est Infini et Suprême au-dessus de toute chose. Ne remplacez pas cet Être Suprême par des idoles, qu'il s'agisse de vous-même, ou d’autres créatures. Ce commandement inclut des actes tels que la prière, l’étude et la méditation.
2Respectez le Créateur. Quelle que puisse être la mesure de votre frustration ou de votre colère, ne la laissez pas éclater en blasphémant contre votre Créateur.
3Respectez la vie humaine. Tout être humain est un monde entier. Sauvez une vie, c’est sauver ce monde entier. Détruire une vie, c’est détruire un monde entier. Aider les autres à vivre est corollaire à ce principe.
4Respectez l’institution du mariage. Le mariage est un acte divin par excellence. Le mariage d’un homme et d’une femme est un reflet de l’unité de D.ieu et de Sa création. La déloyauté dans le cadre du mariage est une atteinte contre cette unité.
5Respectez les droits et la propriété d’autrui. Soyez honnêtes dans toutes vos entreprises commerciales. En comptant sur D.ieu plutôt que sur nos propres manigances, nous exprimons notre confiance en Lui en tant que Pourvoyeur de Vie.
6Respectez les créatures de D.ieu. À l’origine, il était défendu à l’homme de consommer de la viande. Après le Déluge, celui lu fut autorisé, mais avec une mise en garde : ne pas causer de souffrances inutiles à une quelconque créature.
7Maintenir la justice. La justice est l’affaire de D.ieu, mais Il nous a imparti le devoir d’édicter des lois nécessaires et de veiller à leur application dans tous les domaines possibles. Lorsque nous rectifions les errements de la société, nous actions font de nous des partenaires dans la perpétuation de la création.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.
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dimanche 11 janvier 2015
Le nom du Machia’h
"Le lépreux de la maison de Rabbi"
Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch par Eli TougerPerfection totale et failles superficielles
Nos Sages demandent1 : « Quel est le nom de Machia’h ? » et répondent : « le lépreux de la Maison de Rabbi. »2 Cela est très difficile à comprendre. En effet, Machia’h va initier le processus de la Rédemption et est associé au summum de la vie et de la vitalité. Comment son nom peut-il être lié à la lèpre (Tsaarat) qui est identifiée à la mort3 et à l’exil4 ?
Cette difficulté peut être résolue en s’appuyant sur ce qu’énonce le Likoutei Torah qui explique ce que sera une personne atteinte de lèpre :
Un homme d’une grande stature, d’une totale perfection…5 Bien que la conduite d’une telle personne soit désirable et qu’il ait tout corrigé... il reste possible que sur la peau qui couvre sa chair demeurent encore des niveaux inférieurs sur lesquels le mal n’a pas été raffiné. Cela résultera en marques physiques sur sa chair, d’une manière qui transcende l’ordre naturel...6
Puisque la souillure de la surface de ses vêtements apparaît ne pas avoir été raffinée, [des taches] apparaissent sur sa peau... Bien plus, ces taches reflètent des niveaux très élevés comme l’indique le fait qu’elles ne sont pas impures tant qu’elles ne sont pas désignées comme telles par un Cohen.
Ce passage implique qu’il existe des influences spirituelles sublimes qui, à cause du manque de réceptacles appropriés (mis en évidence par « la souillure en surface »), peuvent produire des effets négatifs. Car lorsqu’une énergie puissante est libérée sans être contrôlée, elle peut causer des blessures. C’est la raison de la Tsaarat dont Machia’h est affecté.
Le fardeau de Machia’h
Le peuple juif dans son ensemble est comparé à un corps humain. Ceci est vrai de chaque génération, de même qu’à la nation tout entière à travers l’histoire.7Tous les Juifs, ceux du passé, du présent et du futur font partie d’un tout organique.
Puisque le bien est éternel, alors que le mal n’est qu’éphémère,8 le niveau spirituel de notre peuple a constamment avancé. Un vaste réservoir de bien s’est rempli au fil des siècles. Le peuple juif, tel qu’il se tient dans Ikveta diMechi’ha, le temps où l’on peut déjà entendre les pas du Machia’h, a atteint le niveau de perfection mentionné dans le Likoutei Torah.
Néanmoins, il reste encore des traces de mal « sur la périphérie », car le monde est encore marqué par l’injustice et la violence. Aussi la lumière de la Rédemption ne peut-elle encore être manifeste ; cela se reflète dans les taches de lèpre qui apparaissent sur Machia’h lui-même. Car, comme le dit le Prophète,9 « Il a souffert nos maladies et enduré nos souffrances... atteint de lèpre, frappé par D.ieu et affligé. » Machia’h endure la souffrance, non à cause de lui-même, mais pour le peuple juif tout entier.
Un sens positif
Il demeure une difficulté. Bien que le passage cité plus haut explique pourquoi Machia’h doit endurer la souffrance, il ne montre pas pourquoi la souffrance estidentifiée à Machia’h. Le nom de Machia’h, exprimant sa nature, devrait être positif.
Cette difficulté peut aussi être résolue sur la base du passage de Likoutei Torah cité précédemment. Car celui-ci explique que les plaies de la lèpre reflètent « des niveaux très élevés », leur source étant la lumière spirituelle transcendante10 associée à Machia’h. Néanmoins, pour que cette lumière s’exprime d’une manière positive, des réceptacles adéquats sont requis.
La souffrance de Machia’h apportera un raffinement final au monde en général, en faisant un réceptacle adéquat pour la révélation de son potentiel transcendant. Puisque cette révélation réside au cœur de l’Ère de la Rédemption, l’élément catalyseur nécessaire à son avènement est donc associé au nom de Machia’h.
Le nom de la paracha Metsora
Les concepts évoqués ci-dessus peuvent aussi résoudre une difficulté concernant le nom de la paracha « Metsora ». Metsora signifie « lépreux ». On pourrait penser que le nom de la lecture de la Torah serait un mot au sens plus positif. Cette question est renforcée par le fait que, dans les travaux des Sages rabbiniques de la première époque, Rav Saadia Gaon,11 Rachi12 et Maïmonide,13 un nom différent est employé pour désigner cette lecture. Toutes ces autorités se réfèrent à cette lecture par le nom de Zot Tihyeh (« Ce sera là »). Ce n’est que dans les générations postérieures que le nom Metsoraprévaut.
L’explication en est que dans ces générations ultérieures, des fissures sont apparues dans le mur de l’exil, et à travers celles-ci, brille la lumière de Machia’h. À la lumière de Machia’h, Metsora n’est pas un facteur négatif, mais, comme cela a été expliqué, l’expression d’une divinité transcendante.
Par l’intermédiaire de l’étude
La lecture de la Torah commence par une description du processus de purification pour une personne affligée de Tsaraat en ces termes : « Ce sera là la loi du Metsora. » En mettant l’accent sur Torat Hametsora (la loi du Metsora) et non Taharat Hametsora (la purification du Metsora) une allusion est faite à un concept fondamental :
L’étude de la Torah développe des réceptacles humains qui permettent à la lumière, à toutes les lumières, même les plus sublimes, d’être acceptées et intégrées dans notre monde. Par l’étude de la Torah, l’influence transcendante du Tsaraat peut être canalisée en une force positive.
De même, en ce qui concerne Machia’h, l’étude des enseignements de la Torah relatifs à Machia’h précipite sa révélation, attirant son influence dans notre monde.
Avec une nouvelle vie
Souvent, la paracha Metsora est lue conjointement à la paracha Tazria, associée à la notion de semence et à la conception de la vie. Ceci enseigne que les semences de notre service divin n’attendront pas sans fin dans le sombre terrain de l’exil, mais que le Metsora, la Rédemption, fleurira immédiatement après que les dernières semences auront été semées.
Et inversement, la fusion de ces deux lectures implique que Metsora, la Rédemption, a déjà été conçue ; nous n’attendons plus que la naissance. Car la souffrance qu’endure Machia’h est l’étape finale avant sa révélation. Puisse-t-elle avoir lieu immédiatement.
Adapté de
Likoutei Si’hot, vol. 7, p.100ff ;
Vol. 22, p. 77ff ; Parachat Tazria 5751;
Sefer HaSi’hot 5751, p. 491ff.
Likoutei Si’hot, vol. 7, p.100ff ;
Vol. 22, p. 77ff ; Parachat Tazria 5751;
Sefer HaSi’hot 5751, p. 491ff.
| NOTES | |
| 1. | Talmud Sanhédrine 98b. |
| 2. | Voir également Rachi sur Sanhédrine 98b qui explique que Machia’h sera atteint de Tsaraat et sera assis parmi les autres malades souffrant de la même affection. Voir les commentaires du Maharal dans son ‘Hidouchei Haggadot (Sanhédrine, loc. cit. : a, b) qui affirme que de même qu’un lépreux doit être séparé du reste de la communauté, un roi et à plus forte raison Machia’h est distingué des autres. |
| 3. | Talmud Nedarim 64b. Voir le commentaire du Maharcha dans son ‘Hidouchei Haggadot. |
| 4. | Midrache Vayikra Rabba, fin du chapitre 15. |
| 5. | Voir Zohar, vol. III, p. 48a. |
| 6. | Voir le Michné Torah, fin des Hilkhot Tsaraat, où le Rambam statue que la Tsaraat n’est pas une affection physique, mais un signe divin au-delà des voies naturelles. |
| 7. | Voir Tanya chapitre 2, Igueret Hakodech 7, basé sur Zohar vol. II p. 141b et d’autres sources. |
| 8. | Voir Tanya, chapitre 25. |
| 9. | Isaïe 53,4. |
| 10. | Ceci est reflété par le fait que le mot hébraïque pour les plaies de lèpre, נגע, a les mêmes lettres que le mot ענג signifiant “plaisir” (Zohar vol. I p. 26b). Comme l’explique la Kabbalah (voir Tanya,Chaar Hayi’houd vehaEmounah, chap. 1), les lettres qui composent un mot reflètent la force vitale qu’il véhicule. La force vitale profonde de נגע est l’expression du plaisir divin. Voir également Sefer Yetsira 2:4. |
| 11. | Dans son Sidour, dans les lois relatives à la lecture de la Torah. |
| 12. | Dans son commentaire sur Lévitique 13,8. |
| 13. | Dans son Seder Tefilot, à la fin du Sefer HaAhavah.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.
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"Am Israël 'haï!"
Nous Juifs de France allons vivre!
par Emmanuel Mergui
Vendredi 9 janvier 2015, 15h30. Paris.
Le monde était figé. Après deux attentats terroristes ayant fait 13 morts, une prise d’otage était en cours dans une supérette juive, le magasin Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Une vingtaine d’otages, dont des femmes et des enfants en bas âge étaient retenus par un fanatique endoctriné à la haine, venu pour tuer.
Nous étions tous à la maison, à prier pour les otages en lisant des Psaumes tout en suivant les nouvelles sur internet et les réseaux sociaux. Une abondance de messages alarmants rajoutait à l’angoisse ambiante : les Juifs ne devaient sortir de chez eux sous aucun prétexte, la police aurait demandé de renoncer aux offices de Chabbat dans les synagogues ce soir-là.
C’est alors que je suis passé devant la cuisine et que j’ai vu mon épouse. Comme moi, elle tenait son smartphone dans une main, passant d’un réseau social à l’autre, pendant qu’elle parlait sur la ligne fixe, le téléphone coincé dans son épaule.
Mais elle avait quelque chose d’autre dans sa main droite, quelque chose de radicalement étranger à toute cette situation : une louche. Elle était là, à virevolter dans la cuisine, de l’évier à la gazinière, du four au plan de travail. C’était un 11 septembre français, le monde était en train d’exploser et elle vivait cela. Mais Chabbat approchait et elle était – aussi – en train de préparer Chabbat.
Elle me fit penser au récit du Talmud selon lequel quand, après une terrible bataille contre les défenseurs de Jérusalem, les Babyloniens pénétrèrent dans le Saint Temple pour le détruire et le brûler, ils y trouvèrent les Cohanim en train d’y offrir les sacrifices quotidiens.
Et là, il y avait un drame qui se jouait, il y avait le terroriste et il y a avait la terreur, palpable. Mais il y avait aussi la vie, il y avait la sainteté du Chabbat et ce monstre ne parvenait pas à l’entamer. À ce moment-là, mon épouse m’apparut comme le Grand Prêtre dans le Saint des Saints. Saisie d’effroi, mais accomplissant son saint devoir avec passion.
Elle personnifiait les mots que j’ai lus un jour dans une lettre du Rabbi de Loubavitch : « Am Israël ‘haï, le peuple d’Israël est vivant et sa Torah est une “Torah de vie”, dont il est dit de ses mitsvot qu’il “vivra par elles” et qui lui fut donnée par le “D.ieu vivant”. »
Ainsi nous, les Juifs français, allons continuer à vaquer à nos vies quotidiennes simples et tranquilles, tel que D.ieu nous a ordonné de le faire. Nous allons continuer d’acheter nos produits cashers dans les épiceries casher. Nous allons continuer d’envoyer nos enfants dans des écoles juives. Nous allons continuer d’assister aux offices dans nos synagogues. Et nous allons continuer de vivre et de prospérer et d’apporter notre contribution à la société.
Le cruel Haman de l’histoire de Pourim chercha à anéantir le peuple juif, mais, au final, il ne fit que nous donner une fête supplémentaire, et l’une des plus joyeuses.
Ces terroristes, tout en causant tant de souffrance avec le meurtre de ces innocents, ont cependant fait quelque chose qu'ils n’avaient pas prévu de faire. Ils viennent de donner à nos vies de tous les jours, nos simples vies de simples Juifs, tellement plus de valeur.
Dorénavant, tout acte juif du quotidien sera ouvertement le reflet de l’attachement indéfectible de l’âme juive à Son créateur.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.
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