Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

lundi 16 février 2015


Le Temple à la maison

La sainteté du foyer juif

par Tali Loewenthal

Le foyer juif est appelé « un petit Sanctuaire ». Il possède la qualité du Temple d’être une demeure pour D.ieu. La lecture de la Paracha de cette semaine1 décrit le Sanctuaire que Moïse et le peuple juif allaient construire. Ils l’édifièrent avant de quitter la région du Sinaï et le transportèrent avec eux pendant leur périple de quarante ans dans le désert. Puis ils l’emmenèrent en Terre d’Israël. Il fut plus tard remplacé par le Temple construit à Jérusalem.
Dans le commandement de construire le Sanctuaire, D.ieu dit à Moïse : « Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai en eux. »2
D.ieu ne dit pas « Je résiderai en lui », dans le Sanctuaire, mais « en eux ». Les Sages expliquent que cela signifie que D.ieu réside dans le cœur de chaque Juif, homme ou femme.3 Chaque personne est sacrée, et la maison dans laquelle elle réside l’est également.
Le Sanctuaire ou le Temple possédait trois caractéristiques fondamentales qui se retrouvent potentiellement dans chaque maison juive.
Tout d’abord, c’était une source de connaissance de la Torah : dans le Saint des Saints étaient déposées les Tables de la Loi sur lesquelles sont gravés les Dix Commandements que Moïse avait ramenées du Sinaï. De plus, lorsque Moïse acheva l’écriture du rouleau de la Torah, un exemplaire en fut placé dans le Saint des Saints.
En second lieu, le Temple est appelé une « Maison de Prière ».4 Il est la Porte du Ciel, car toutes les prières dirigées vers D.ieu passent par cette Maison. À travers les générations, quel que soit le pays où ils vécurent, les Juifs se sont toujours tournés vers le Temple de Jérusalem en priant. À l’intérieur du Temple, le service accompli chaque jour exprimait une dévotion absolue au Divin, l’essence de la prière.
Enfin, dans le Temple se trouvait la Table d’Or sur laquelle étaient posés douze pains. Cela exprime le fait que D.ieu envoie un flux de bénédictions dans le monde pour pourvoir aux besoins de chaque créature. Ce flux de bénédiction passe par le Temple puis il irradie à l’extérieur vers le monde, prodiguant la nourriture et subsistance à tous.
Chacune de ces trois idées est liée d’une certaine manière lien au foyer. Voyons comment.
Le foyer juif est un centre d’étude de la Torah en puissance, où le mari, la femme et les enfants consacrent régulièrement du temps à explorer les enseignements de la Torah. Les livres juifs font naturellement partie du mobilier. De fait, de nombreuses personnes organisent des groupes d’étude ou des cours de Torah chez eux.
Et qu’en est-il de la prière ? Les offices principaux n’ont-ils pas lieu à la synagogue ? Certes, mais de nombreuses prières sont faites à la maison : les bénédictions du matin, celles que l’on prononce avant et après manger, et leChéma avant de se coucher. Pour ceux qui ne vont pas à la synagogue, quelles qu’en soient les raisons, la maison est le lieu idéal pour prier.
D.ieu répand des bénédictions dans le Temple, d’où elles se déversent ensuite dans le monde entier. La bénédiction divine qui se répand dans la maison juive est également partagée, à travers une hospitalité chaleureuse et des actes de bienfaisance et de bonté. La boîte de charité placée à la maison exprime ce concept, de même que tous les actes de générosité qui s’y déroulent, dirigés vers les personnes étrangères au foyer.
C’est ainsi que la maison juive est réellement « un petit Sanctuaire ». Tout comme le Temple, elle est un centre de Torah, de prière et de générosité. À la maison, comme dans le Temple, réside la Présence Divine.5

NOTES
1.Exode 25,1 - 27,9.
2.Exode 25,8.
3.Voir le Maamar Bati LeGani, chap. 1.
4.Isaïe 56,7.
5.Voir la lettre publique du Rabbi de Loubavitch “Entre le 10 et le 15 Chevat” 5747.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Le serment de fidélité

C’était véritablement une réunion au sommet qui se tenait dans le palais de Ferdinand, roi de Bohème, de Moravie et Silésie (englobant aujourd’hui la Tchéquie et une partie de la Pologne). Le roi était entouré de ses fils, les princes Ferdinand et Maximilien, mais aussi des chefs de l’Église.
Cela se passait il y a plus de 400 ans, à l’époque de Rabbi Yehouda Levaï, le célèbre Maharal de Prague. Les Juifs entretenaient de bonnes relations avec le souverain et le pays tout entier bénéficiait de cette entente. Fidèles au roi, les Juifs s’acquittaient consciencieusement de lourds impôts et leur esprit d’entreprise contribuait au développement économique de toute la région.
Mais l’Inquisition qui avait déjà causé plus de cent ans auparavant l’exil des Juifs d’Espagne et du Portugal commençait à sévir aussi à Prague. Les notables de l’Église insinuaient toutes sortes d’insanités sur les Juifs et incitaient la populace contre eux. Ils tentèrent alors d’influencer également le roi.
Ce fut le cardinal qui proclama d’abord combien les Juifs étaient nuisibles : le roi devait immédiatement décréter que les Juifs n’étaient plus les bienvenus et qu’ils devaient quitter le royaume !
Le roi était partagé : d’un côté, il savait qu’il lui était nécessaire d’entretenir de bonnes relations avec le clergé, d’un autre côté il plaida la cause des Juifs en expliquant que, grâce à eux, les caisses du gouvernement étaient pleines. Il conclut qu’il s’opposait à leur expulsion. Ses deux fils volèrent d’ailleurs à son secours en louant les bons et loyaux services de leurs administrateurs juifs.
Mais les membres du clergé étaient plus nombreux, le roi et ses fils étaient minoritaires. C’est ainsi qu’après un vote rapide, la majorité se déclara en faveur de l’expulsion immédiate afin de ne pas permettre aux Juifs de vendre leurs biens à un prix correct.
La date de l’expulsion fut fixée : ce serait dans deux ans ! Entre-temps, de nombreuses restrictions s’appliqueraient aux Juifs : ils seraient obligés d’assister chaque dimanche à la messe et d’écouter les discours des curés pour qu’ils acceptent la conversion le jour où elle leur sera exigée.
Malgré lui, le roi signa le décret. Les notables ajoutèrent une clause interdisant aux rabbins d’empêcher les Juifs de se rendre à l’église. Un messager spécial fut envoyé au domicile du chef de la communauté juive, Rabbi Mordekhaï Meizel, pour lui signifier la teneur du décret. Épouvanté à la lecture de cette missive, Rabbi Mordekhaï se rendit immédiatement auprès du Maharal. Abasourdi, le Maharal réfléchit puis demanda au chef de la communauté d’inviter tous les Juifs – hommes, femmes et enfants – à une réunion urgente le lendemain après la prière du matin, dans la cour de la synagogue.
Présageant de mauvaises nouvelles, tous se rassemblèrent autour de l’estrade qui avait été érigée en hâte durant la nuit. Le silence se fit de lui-même quand le Maharal apparut, couvert de son Talit (châle de prière) et portant un Séfer Torah. Accompagné des notables de la communauté, tous enveloppés de leur Talit et portant des rouleaux de la Torah, il monta sur l’estrade et, d’emblée, s’écria : « Chema Yisrael, Ado-naï Elo-hénou, Ado-naï E’had », « Écoute Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un ! » Bouleversés, les Juifs reprirent spontanément cette profession de foi, de toutes leurs forces, les yeux fermés et le cœur serré : tous comprenaient qu’un grand malheur se préparait.
« Écoutez-moi bien ! reprit le Maharal. C’est en proclamant le Chema Israëlque, dans toutes les générations, les Juifs ont souffert le martyr et ont sanctifié le Nom de D.ieu. Nous aussi, nous devons savoir proclamer Chema Israël et être prêts à nous sacrifier pour le Nom de D.ieu. Que D.ieu nous donne la force nécessaire pour résister à toutes les épreuves ! »
La voix du Maharal résonnait de plus en plus fort. Il rappela que le règne de Ferdinand s’était distingué par les bonnes relations qu’il avait toujours entretenues avec les Juifs tout comme d’ailleurs les non-juifs simples qui avaient respecté leurs voisins juifs : « Ceux qui cherchent à nuire à notre communauté, ce sont les notables de l’Église ! » Et le Maharal exposa les terribles décrets qui venaient d’être signés : en entendant cela, les Juifs éclatèrent en sanglots, des femmes s’évanouirent, des personnes âgées furent prises de malaises. Mais le Maharal continua : « Ce n’est pas le moment de pleurer ! Nous devons au contraire faire preuve de force spirituelle et démontrer notre détermination à sanctifier le Nom de D.ieu ! Nous devons jurer, nous tous ici devant les rouleaux de la Torah, qu’aucun de nous n’ira écouter les discours des curés et que, si nous devions y être traînés de force, nous boucherons nos oreilles ! »
De la foule, un cri s’éleva : « Nous le jurons ! Nous le jurons ! »
Le Maharal demanda alors au ‘Hazane de reprendre mot à mot les versetsChema IsraëlBarou’h Chem... et Hachem Hou Haélokim, que l’on prononce habituellement à la fin des offices de Yom Kippour. L’assemblée répéta ces mots avec ferveur. Puis on sonna du Choffar et, finalement les Cohanim furent appelés à bénir le peuple avec les versets traditionnels.
Durant les deux années qui suivirent, les Juifs de Prague subirent des humiliations de toutes sortes de la part des membres du clergé qui tentaient de les attirer dans les églises. Mais leurs efforts restèrent vains car même les non-juifs se moquaient de leurs curés qui étaient obligés d’user de la force : même les Juifs qu’ils avaient réussi à faire entrer dans l’église se bouchaient les oreilles et refusaient d’écouter leur message.
Pendant ce temps, le Maharal mettait tout en œuvre pour faire abolir les décrets : le roi lui-même craignait l’expulsion des Juifs qui affaiblirait certainement l’économie du pays. Le Maharal contacta les princes et demanda leur aide. Ils suggérèrent de dépêcher un messager juif au nouveau Pape qui venait d’être nommé afin qu’il annule la promesse faite par le roi Ferdinand.
Ce fut Rav Mordechai Tséma’h, un des notables de la communauté, qui fut choisi pour cette mission et qui se rendit à Rome. Il impressionna favorablement le Pape qui releva le roi Ferdinand de sa promesse.
Le décret infâme fut enfin annulé et les Juifs de Prague purent respirer en paix : la sagesse du Maharal les avait non seulement sauvés mais les avait renforcés dans leur foi.
Extrait de Sichat Hachavoua n°1253

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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dimanche 15 février 2015



Bnei Noah : une vue d'ensemble 

C'est par le respect des sept lois des Bnei Noah que le monde entier devient décent, un lieu productif, un réceptacle approprié pour le Divin.

Chaque juif a l'obligation de s'assurer que les gens dans le monde observent les sept lois des BneiNoah. Cette tâche peut sembler difficile, surtout dans les temps troubles de l'exil. Cependant, une histoire vraie qui concerne le propriétaire d'un yacht nous enseigne que les actions d'un juif ont une très grande influence et que l'effet d'un simple acte est incommensurable.

La mission et le but de la vie d'un juif est de faire en sorte que le monde soit un lieu de résidence pour D-ieu. Le monde – dans lequel tout semble fonctionner selon les lois dites “naturelles” – n'est pas indépendant. Il a un Créateur qui ne l'a pas laissé sans surveillance. D-ieu est sur la terre comme au ciel.

Le juif, à travers son service divin, démontre que le spirituel et le physique peuvent être réunis ensemble. Le mondain peut être sanctifié et chaque jour de vie peut devenir sacré. D-ieu réside dans le monde.
 
Les sept lois des Bnei Noah
 
Un composant intégral de la tâche d'un juif est de voir si tout le monde – et non pas seulement les juifs – reconnaît que D-ieu est le Créateur et le Souverain du monde. Nos Sages nous ont appris que “le monde ne fut pas créé pour que le chaos y réside, mais pour être peuplé." On aboutit à un monde chaotique lorsqu'il n'y a pas de critère absolu pour permettre à l'homme de vivre, quand la morale et l'éthique sont basées uniquement sur la compréhension de l'homme.
 
L'homme est alors influencé plus par ses propres intérêts que par la raison et la justice ; nous avons déjà eu l'occasion de voir récemment la destruction comme conséquence d'une situation dans laquelle les lois et la philosophie sont perverties au point de ne servir qu'à des fins personnelles.
 
D-ieu, le Créateur du monde, n'a pas abandonné Son ouvrage, mais a donné des directives claires quant à la manière dont le monde peut être "habité", peuplé et productif, décent et durable. Les nations du monde ont reçu un Code divin de conduite : les “sept lois des Bnei Noah”. Ce code se compose de six interdits : contre le meurtre, le vol, l'idolâtrie, l'adultère, le blasphème, la cruauté envers les animaux et d'un commandement positif : établir un système juridique. Ces sept lois des Bnei Noah sont des instructions générales qui, avec leurs ramifications et leurs extensions, englobent des détails innombrables.
 
La raison pour laquelle ces sept lois des Bnei Noah doivent être respectées est également importante. Selon le Rambam  (Rois 8:11) les Bnei Noah (i.e. toute l'humanité) doivent respecter ces lois car "D-ieu les a ordonnées dans la Tora et nous a averti par l'intermédiaire de Moché que les Bnei Noah doivent les respecter."
 
Ainsi, un non-juif se doit de suivre ces sept lois, non pas parce qu'il s'y trouve forcé par la logique humaine, mais parce que ce sont les commandements de D-ieu, transmis par l'intermédiaire de Moché. Ceci assure que l'intérêt personnel n'est pas autorisé à pervertir les critères divins de comportement.
 
C'est par le respect des sept lois des Bnei Noah que le monde entier devient décent, un lieu productif, un réceptacle approprié pour le Divin. Alors, selon les Écritures saintes, "la gloire de D-ieu sera révélée et toute les créatures verront que la bouche de D-ieu a parlé." Le point culminant sera l'époque messianique, lorsque – par l'intermédiaire du Messie – "tous diront le Nom de D-ieu et Le serviront dans un commun accord."
  
Le rôle du juif dans le monde
 
Un juif a un rôle crucial à jouer. Il ne peut pas être un spectateur, se tenir à distance de la conduite du monde. Le Rambam le dit explicitement (Rois 8:10) : "Moché Rabbénou nous a ordonné – de la bouche de D-ieu – de convaincre tous les habitants du monde à respecter les commandements donnés aux enfants de Noé." C'est le devoir du juif de veiller à ce que tous les personnes se conduisent de manière juste et qu'elles mènent une vie décente qui provient du respect des sept lois des Bnei Noah.
 
Ce n'est pas seulement le devoir d'un juif parce que cela lui a été ordonné par D-ieu, mais c'est aussi pour son propre bénéfice. Un monde de "chaos" – dans lequel les nations et les individus vivent sans lois, à l'exception de celles dictées par leurs intérêts personnels – affecte inévitablement le juif. Ainsi, comme nous l'avons déjà mentionné, le respect universel des sept lois des Bnei Noah est le prélude à l'ère messianique, lorsque nous servirons tous ensemble D-ieu.
 
Cependant la tâche paraît immense, au-delà de la capacité d'un juif. Les juifs représentent une petite minorité parmi les nations du monde. De quelle façon les juifs peuvent-ils influencer les non-juifs à reconnaître D-ieu et respecter les sept lois des Bnei Noah ?
 
Cela est possible. Un seul geste, une simple action, peuvent avoir des résultats – l'équivalent d'une petite vague qui grossit lentement – jusqu'à ce que l'effet de toutes les actions d'un individu produisent une formidable tempête.
 
La leçon d'une histoire
 
Il s'agit d'une histoire vraie qui est arrivée récemment et qui illustre très bien l'effet d'une vague. C'est l'histoire d'un juif qui sans le savoir, a vécu des évènements dont il n'aurait jamais pensé pouvoir être à l'origine.
 
Ce juif avait été béni par la grâce de D-ieu qui lui avait accordé une richesse non négligeable. Ce juif aimait prendre occasionnellement ses vacances sur son yacht. Il employait un capitaine – un non-juif – pour piloter le yacht.
 
Un jour, tandis qu'il était sur son yacht, l'heure de la prière arriva. Le juif – sachant qu'il faut prier en faisant face à la ville sainte de Jérusalem – devait savoir où se trouvait l'est. N'ayant nullement le sens de l'orientation, il demanda au capitaine vers où se trouvait l'est. Le capitaine lui répondit d'une façon adéquate.
 
Quelques temps plus tard, ce fut de nouveau l'heure de la prière. Le même problème se posa : où se trouvait l'est ? De nouveau, le juif demanda au capitaine. Cela se reproduit une troisième fois, puis une quatrième fois...
 
La première fois qu'il lui demanda, le capitaine n'y prêta pas une attention particulière. Cependant, lorsque le propriétaire du yacht lui posa la même question à plusieurs reprises, le capitaine commença à être curieux. Son employeur n'étant pas navigateur, pour quelle raison était-il intéressé à savoir où se trouvait l'est ? Il lui en demanda la raison.
 
Le juif n'avait pas honte de sa religion. "Je suis juif," répondit-il, "et je veux prier D-ieu. Les prières doivent être dirigées vers l'emplacement du Beith HaMiqdach (le Temple) à Jérusalem. Je dois donc faire face à cette direction – qui pour nous est l'est – pendant que je prie."
 
Le capitaine fut grandement impressionné. Il pensa : “Voici un homme qui a réussi au-delà du rêve de la plupart des personnes, qui est assez riche pour posséder son propre yacht et engager un capitaine pour le conduire. Pourtant, il estime qu'il est approprié et normal d'interrompre ses affaires pour prier D-ieu, et même de chercher à savoir où se trouve la bonne direction pour Le prier ! "Moi aussi," s'exclama le capitaine au propriétaire, "je devrais commencer à penser à D-ieu et commencer à Le prier."
 
L'histoire laissa des traces. Quelque temps plus tard, le capitaine apprit au propriétaire du yacht que depuis qu'il avait décidé de prier le Créateur du monde, il expliquait à sa famille et à ses amis – chaque fois qu'il en avait l'occasion – l'importance de prier D-ieu. "Si tous les habitants du monde pensaient à leur Créateur," conclut le capitaine, "le monde ne serait pas la jungle qu'il est !"
 
La leçon de cette histoire est claire : un juif peut influencer les non-juifs à prendre conscience de l'existence du Créateur et du Souverain du monde. Cela représente souvent la première étape pour apprécier pleinement l'importance des sept lois des Bnei Noah. De plus, comme on l'a vu dans l'histoire, une telle influence est possible en étant simplement fier d'être juif et en étant ferme dans sa religion. Le propriétaire du yacht n'a pas pensé particulièrement à mettre en pratique l'enseignement du Rambam.
 
Cependant, parce qu'il s'est conduit – de lui-même – d'une façon appropriée, son influence fut alors automatiquement ressentie dans son entourage. Il ne pouvait pas savoir que l'effet de la vague serait produit simplement en demandant où se trouvait l'est. Grâce à lui, un non-juif a commencé à penser à D-ieu et à se conduire d'une manière plus vertueuse. Par la suite, cela a conduit d'autres personnes à emprunter le même chemin. Tout cela grâce aux actions d'un seul juif.

Une parabole
 
Il est possible de pousser le raisonnement plus loin. Rien dans le monde n'arrive par hasard. Tout vient de la Providence divine. L'épisode décrit ci-dessus à propos du yacht peut servir de parabole pour le rôle des juifs et de leur place dans le monde.
 
Comme nous l'avons expliqué plus haut, la tâche d'un juif consiste à révéler la sainteté dans le monde et ceci par l'intermédiaire de la Tora. Les lois "naturelles" qui régissent le monde, ne sont qu'un masque qui dissimule son existence. La Tora est l'instrument par lequel les juifs font tomber ce voile et rapproche le monde de D-ieu. 
 
Cependant, face à sa tâche, un juif peut facilement être découragé. L'état du monde n'est pas encourageant. Les nations du monde ne semblent pas favoriser la voix de la Tora et les gouvernements – non juifs – semblent être les seuls juges de la conduite du monde.
 
La vérité est différente. Le juif et la Tora peuvent avoir une influence sur le monde. C'est seulement à cause de l'obscurité de l'exil qu'il est possible de penser que les gouvernements du monde sont les véritables juges.
 
Le monde – dans ces temps troublés de l'exil – est comme un navire navigant dans une mer agitée, dirigé par les gouvernements du monde. Mais les apparences nous induisent en erreur. Ce ne sont pas eux, avec leurs plans et leurs stratégies, qui déterminent son cours et sa destination. Ce qui est vraiment important dans le monde, ce qui a un effet permanent, c'est la Tora et les mitswoth accomplies par les juifs. En dehors de cela, tout le reste est insignifiant, sans importance.
 
Que la situation du monde soit au mieux – ou au pire – tout se trouve entre les mains des juifs. Unemitswa – l'acte qui nous lie à D-ieu – a des répercussions incroyables, qu'on en soit conscient ou pas.
 
Au-delà de l'évidence – et sous les apparences souvent trompeuses – les choses ne sont pas aussi simples. Le cours du monde n'est pas déterminé par le physique. Le spirituel est ce qui compte. Les gouvernements actuels qui dirigent les affaires du monde sont l'équivalent du capitaine du yacht qui oriente le bateau, au nom du propriétaire. Les juifs sont engagés dans des choses nobles, des choses qui sont vraiment importantes : la Tora et les mitswoth. Ce sont ces choses qui sont vraiment déterminantes. Les gouvernements du monde dirigent le navire, les juifs tracent l'itinéraire.  
 
C'est exactement ce que l'histoire du yacht décrite ci-dessus nous enseigne. À première vue, nous pourrions croire que le capitaine non-juif est le maître ; de fait, c'est lui qui contrôle le gouvernail qui oriente le navire. Pourtant, c'est le propriétaire juif qui est le vrai maître et c'est le propriétaire qui mène le yacht à destination.
 
Le propriétaire du yacht est riche et nos Sages nous ont appris qu'"il n'existe pas de véritable richesse, à l'exception de celle du savoir”, le savoir de la Tora. Par l'intermédiaire de la Tora, les juifs peuvent influencer le monde, ils peuvent tracer son itinéraire. À l'image du propriétaire du yacht qui, en agissant selon les commandements de la Tora, influença le capitaine à se rapprocher de D-ieu.
 
De même, si nous restons des juifs fermes dans notre conviction en matière de Tora et de mitswoth – y compris le commandement de convaincre les non-juifs à observer les sept lois des Bnei Noah – nous pouvons influencer les nations du monde à prendre réellement conscience de l'existence du Créateur et du Maître du monde.
 
Traduit et adapté avec l'aimable autorisation de “l'Institut des lois de Noé” (http://www.noahide.org/).

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.

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Le Rabbi et l’adolescente
Raconté par Shmuel Kaplan

Les deux années qui suivirent mon mariage, j’ai étudié dans un institut d’étude de la Torah post-rabbinique appelé un Kolel. Au bout de trois mois d’étude environ, je fus convoqué par Rav ‘Haïm Mordekhaï Aïzik Hodakov, le secrétaire personnel du Rabbi et également le directeur du Kolel. Rav Hodakov m’a dit qu’il avait une mission spéciale à me confier qui avait priorité sur tout ce que je faisais d’autre. Il me dit de prendre autant de temps que nécessaire sur mes études.
Quelle était cette mission importante qui justifiait mon absence du Kolel ? Il y avait une jeune fille, âgée de dix-sept ans, qui traversait de graves difficultés émotionnelles : crise d’adolescence, rébellion, confusion religieuse, problèmes familiaux. Les problèmes typiques de l’adolescence, mais de manière inhabituellement sévère. Le Rabbi avait témoigné d’une extraordinaire détermination à aider cette jeune fille à traverser cette étape de sa vie.
Je fus donc recruté pour être celui qui mettrait tout en œuvre pour la guider à travers ses difficultés. Pendant environ trois mois, j’ai passé la moitié de mon temps à travailler sur cette question. Il n’y a pas une chose que j’ai faite sans consulter le Rav Hodakov. Il consultait lui-même souvent le Rabbi et me relayait ses instructions sur la façon de faire face à chaque situation.
Cette jeune fille écrivait régulièrement des lettres au Rabbi avec diverses questions. Le Rabbi répondait à chacune de ses lettres dans les heures qui suivaient ou, au plus tard, le jour suivant, et il me chargea de discuter de ses réponses avec elle.
À un moment donné, elle écrivit une lettre de plusieurs pages au Rabbi dans laquelle elle décrivait son agitation et son angoisse intérieures. Le Rabbi répondit à sa lettre et écrivit, entre autres choses, qu’il ressentait sa douleur.
Elle rédigea alors une réponse dans laquelle elle disait : « Rabbi, je ne vous crois pas. Comment pouvez-vous ressentir ma douleur ? Vous ne subissez pas ce que je subis. Que voulez-vous dire quand vous dites que vous ressentez ma douleur ? »
Deux heures plus tard, le Rabbi avait répondu, et voici quelle était la teneur de sa réponse :
« Lorsque vous mériterez de grandir et de vous marier et que, si D.ieu le veut, vous aurez un enfant, la nature des choses est que, pendant la première année de l’enfant, il ou elle commencera à faire ses dents. La poussée des dents est douloureuse et l’enfant pleure. Et une mère ressent cette douleur comme si c’était sa propre douleur. » Il conclut ensuite la lettre par ces mots : « C’est de cette façon que je ressens votre douleur. »
Cela eut un très fort impact sur elle. Nous en avons discuté et elle commença à réaliser que le Rabbi ressentait vraiment son épreuve et qu’il essayait de l’aider. Lentement, elle commença à réagir. Elle fit des progrès, elle murit, et les choses s’arrangèrent pour elle.
Je me sens très privilégié d’avoir été le témoin direct de l’intervention du Rabbi dans le destin d’un enfant. Je fus frappé par la façon dont il s’y investit avec tant d’intensité, répondant à toutes ses lettres pendant des semaines et des mois. Je n’arrive pas à comprendre comment un savant et un leader mondial de l’envergure du Rabbi put prendre un tel intérêt personnel, trouver le temps et épancher ainsi son cœur pour assurer le bien-être d’une unique adolescente.
Raconté au projet d’histoire orale de Jewish Educational Media’s, intitulé My Encounter with the Rebbe.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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La finalité de la Création
par Menahem Brod

Certaines personnes sont surprises de l’accent mis sur les notions du Machia’h et de la Délivrance. Elles trouvent cela exagéré. Bien sûr, ces personnes croient en D-ieu, en la Torah et également en la venue du Machia’h. Ce qu’elles ne comprennent pas, c’est pourquoi il est tellement nécessaire de réfléchir, de parler et d’agir autour de ce sujet. À leurs yeux, le Machia’h et la Délivrance sont une promesse lointaine qui, aussi agréable soit-elle à envisager et à contempler, est totalement déconnectée de ce qui fait notre quotidien.
Cependant, et malgré leur bonne volonté, il manque l’essentiel à leur philosophie de la vie. Les thèmes du Machia’h et de la délivrance messianique ne peuvent être considérés comme un sujet secondaire dans le Judaïsme. Il s’agit en réalité de l’essence même de notre vie, de la finalité de toutes nos actions et de la création tout entière. C’est la destinée vers laquelle convergent tous les évènements qui jalonnent l’Histoire de notre monde, passée et présente, ainsi que la mission du Peuple Juif dans son service de D-ieu. Un Juif qui étudie la Torah et pratique le Judaïsme sans être conscient de l’importance de la délivrance est comparable à un aviateur qui ne se concentrerait que sur le maniement des instruments de vol sans se soucier de sa destination.
Faire une « demeure » pour D-ieu
L’Admour Hazakène (Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi 1745 - 1812) écrit au chapitre 36 du Tanya, « On sait que l’ère messianique [...] est la finalité et l’aboutissement de la création du monde, celui-ci ayant été créé dès l’origine dans ce but. » Le Midrache enseigne en effet que le monde fut créé car « D-ieu désira une demeure dans le monde inférieur ». La création a donc pour objet de satisfaire ce « désir » de D-ieu que notre monde matériel devienne pour Lui une « demeure » où Il « résidera » et se révèlera avec la plus grande intensité.

D-ieu a ainsi créé notre monde dans lequel règne l’obscurité spirituelle et où domine le mal, afin que l’homme fasse triompher le Bien sur le Mal et transforme l’obscurité en lumière. Grâce à la Torah et aux commandements divins, l’homme a la capacité de faire pénétrer la lumière divine dans le monde et d’éclairer dans l’obscurité. Chaque Mitsva accomplie, chaque enseignement de la Torah étudié, sont autant de faisceaux de lumière supplémentaires qui contribuent à rendre le monde apte à être une « demeure » pour D-ieu.

Telle est donc la finalité de notre existence et de toutes nos bonnes actions : par le fait que des Juifs étudient la Torah et pratiquent le Judaïsme aux quatre coins du monde, et ce, depuis des générations et souvent au prix d’un lourd tribut, ce monde est devenu un endroit lumineux, empreint des notions de justice et de paix, se rapprochant sans cesse du jour où se réalisera le « désir » du Créateur et qui verra Sa révélation ici-bas dans toute Sa gloire.
Penser à l’aboutissement
Si l’ère messianique est encore à venir, la tâche qui permet de l’atteindre est cependant accomplie aujourd’hui. C’est en effet en temps d’exil que s’opère le raffinement du monde (« Cette plénitude [...] dépend de nos actions et de notre service de D-ieu pendant la durée de l’exil. » Tanya, chap. 37). Cependant, si chacune de nos actions dans le cadre du Judaïsme contribue à la dissipation des ténèbres spirituelles de l’exil, nos yeux de chair ne sont pas aujourd’hui capables de percevoir directement les bouleversements que cela induit dans le monde et la lumière divine qui s’y propage. C’est lorsque tout ce travail atteindra son apogée et que le monde sera digne d’être une « résidence » pour l’É-ternel que le Machia’h viendra et que tout se dévoilera, comme il est écrit : « La gloire de D-ieu se révélera et toutes les créatures, ensemble, seront témoins que c’est la bouche de D-ieu qui a parlé » (Isaïe 40, 5).

En conclusion, la venue du Machia’h ne saurait être considérée uniquement comme une récompense ou une rétribution pour ceux qui y ont prêté foi. Il s’agit d’un des treize « principes de la foi juive », auquel se rattache chacune de nos actions. C’est le but de la création du monde et l’aboutissement de notre vie de Torah et de Mitsvot. Occulter la notion de délivrance messianique reviendrait donc à dénier à la création et à nos vies toute finalité.

Ainsi, intégrer cette notion nous porte à vivre dans l’expectative de la venue du Machia’h qui marquera l’aboutissement de notre mission et l’entrée dans une nouvelle ère de dévoilement divin. Et lorsque l’on vit avec cela, il est naturel de penser au Machia’h, de prier pour son dévoilement rapide et d’agir jour après jour pour rapprocher son avènement.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Le rabbi de Loubavitch: Saluts aux Chlou'him


Le roi Salomon et la reine de Saba

Une histoire du Midrache

par Nissan Mindel


Il y a bien, bien longtemps, quand les Juifs vivaient heureux sur leur propre terre, un roi d'une grande sagesse régnait sur Israël. C'était le roi Salomon, l'homme le plus sage que ce monde ait connu. De près comme de fort loin, gouvernants et princes accouraient de toutes parts boire à la fontaine de sagesse qui coulait intarissablement de ses lèvres. Et leur contact avec lui était pour eux un enrichissement tel qu'ils lui prodiguaient en retour les cadeaux les plus somptueux, où l'or et l'argent se mêlaient à l'éclat des pierres précieuses les plus rares.

La grande fête

Un jour, le roi Salomon décida de donner une grande fête.
« Dans les salles du banquet prendront place non seulement les monarques et les princes venus me rendre hommage, dit-il, mais aussi tous mes amis du règne animal, les bêtes des champs, les oiseaux qui volent sous le ciel bleu ; toutes les fées et tous les esprits qui hantent les forêts et les bois seront également présents. » Car le roi Salomon était le seul être humain à comprendre le langage tant des uns que des autres et à pouvoir converser avec eux.
Le jour de la fête arriva. La salle du banquet était parée des meubles précieux et de riches tapisseries. Sur les tables, les mets les plus fins alternaient avec des vases étincelants d'or et d'argent. Les convives royaux étaient émerveillés par le spectacle qui s'offrait à leurs yeux. Mais leur stupéfaction fut grande à la vue des autres invités. Quelle étrange compagnie et combien mêlée! Ils n'en avaient jamais vu de pareille. Devant eux étaient rassemblées toutes sortes de créatures vivantes qui, obéissant à l'appel du roi Salomon, étaient venues à la fête.
Le grand monarque saluait un à un les animaux, et chacun d'eux se faisait un devoir de lui répondre. Tous étaient présents, à l'exception de la bécasse qu'on ne trouvait nulle part. « Qu'elle paraisse à l'instant devant moi ! ordonna le roi Salomon ; elle a désobéi, elle aura le châtiment qu'elle mérite. »

Un merveilleux récit

La bécasse parut devant son maître.
– O roi ! s'exclama-t-elle, daignez prêter l'oreille à mes humbles paroles et votre courroux cédera la place à la satisfaction. Voici trois mois qu'à tire-d'aile je parcours l'espace à la recherche d'un royaume que n'aient pas atteint les échos de votre gloire. Et je l'ai trouvé. Loin, bien loin du côté du Levant existe un beau pays, le plus beau que j'aie vu. Ses sables sont d'or et l'argent y est si abondant qu'il n'a pas de prix. Je n'ai jamais vu ailleurs des arbres aussi hauts ni aussi droits. Les pures eaux du puits du Jardin d'Éden en arrosent les terres dont la fertilité et la richesse sont incomparables. Les rues de ce royaume sont pleines de soldats étincelants dans leurs majestueux uniformes, mais ils sont incapables d'entreprendre une guerre et même de manier une arme. Sur cet étrange pays règne une femme nommée la Reine de Saba.

Un spectacle insolite

Les présents écoutaient dans le ravissement le merveilleux récit de la bécasse et, quand elle l'eut achevé, ils se demandèrent avec curiosité quelle serait la réaction du roi Salomon. Elle ne se fit pas attendre. Le monarque fit venir ses scribes et leur dicta une missive pour la fameuse Reine de Saba. La missive terminée, il l'attacha à l'une des ailes de la bécasse qui prit aussitôt son vol, suivie de près par tous les autres oiseaux. Bientôt, les voyageurs disparurent à l'horizon, dans la direction des terres lointaines où régnait la Reine de Saba.
Chaque matin, la Reine de Saba sortait pour adorer son dieu, le soleil. Ce matin-là, elle sortit comme à son habitude. Le spectacle insolite qu'elle vit alors lui causa une très grande frayeur. Une obscurité épaisse emplissait le ciel.
En proie à une grande détresse, la reine lacera ses habits. Le soleil, son dieu, était devenu invisible. Qu'était-il donc arrivé ? Et un malheur plus grand était-il concevable ? Mais ce n'était pas, comme elle l'avait pensé, l'effet d'un pouvoir étrange ou surnaturel. Ce qui masquait le soleil n'était autre que les nuées d'oiseaux qui escortaient la bécasse le long de son voyage vers le royaume de Saba.
Soudain, le ciel s'éclaircit à nouveau. Les bandes d'oiseaux innombrables s'étaient dispersées. La bécasse plongea vers la reine et se posa à ses pieds. Apercevant la missive, cette dernière s'empressa d'en libérer le volatile. Et c'est avec beaucoup d'étonnement qu'elle y lut :
« Salomon, roi du peuple d'Israël, vous envoie ses vœux de paix et sa bénédiction. Il vous convie à lui rendre visite dans son palais et l'assurer de votre fidélité. Tous les rois et les princes sont venus lui rendre hommage. Même les bêtes des champs, les oiseaux, les fées et les esprits sont ses sujets.
Si vous venez à mon palais, je vous conférerai plus d'honneurs que je n'en ai jamais accordés à un monarque quel qu'il soit. Mais si vous refusez mon invitation, je lancerai contre votre peuple une puissante armée. Savez-vous qui sont mes guerriers? Les bêtes des champs sont mes serviteurs et mes messagers, les oiseaux sont mes conducteurs de chars, les fées et les esprits sont mes légions. Ils vous tourmenteront tous, ils vous harcèleront jusque dans vos maisons si vous refusez d'obéir à mon ordre. J'attends votre arrivée. »
À mesure que la Reine de Saba lisait cette missive, son cœur battait de plus en plus fort. Son visage exprimait à la fois l'émerveillement et la terreur. Quelle aventure passionnante ce serait de rencontrer face à face cet étrange monarque d'Israël ! Le voyage serait fort long, mais elle n'eut pas un instant d'hésitation. Elle réunit ses capitaines de vaisseaux et leur dit : « Nous mettons les voiles à la destination de la terre d'Israël. Chargez vos bagages d'or et d'argent, de bois de cèdre et de parfums, de pierres précieuses et de soieries, et levons l'ancre immédiatement après. »
Munie de tous ces cadeaux, la Reine de Saba entama le très long voyage qui allait lui permettre de rencontrer l'homme le plus sage qui ait jamais vécu sur terre.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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