Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

jeudi 15 janvier 2015


La valeur d'une vie
par Yanki Tauber

Le Talmud – cette volumineuse anthologie de la loi juive considérée comme étant la plus grande œuvre législative de tous les temps – est réputé pour la rigueur de sa logique. Il est d’ailleurs vrai que l’expression « logique talmudique » est devenue monnaie courante quand il s’agit de décrire une réflexion qui se veut profonde et subtile tout en adhérant strictement aux principes de la logique. Dès lors, il est tout à fait surprenant de trouver une loi talmudique – une loi relative à des questions de vie ou de mort, pas moins ! – qui apparaît à première vue totalement irrationnelle.
En voici le scénario : une armée encercle une ville et exige qu’on lui livre un certain individu. Les habitants sont soumis à un choix : « Si vous nous donnez M. X, nous le tuerons et épargnerons le reste d’entre vous. Si vous ne le faites pas, nous vous tuerons tous ! » En pareil cas, le Talmud statue que si la personne demandée est elle-même déjà condamnée à mort par le tribunal, elle doit être livrée aux ennemis. Mais si elle est innocente, il est interdit de l’envoyer se faire tuer, même au prix de la vie de tous.
Ce qui est surprenant dans cette loi, c’est que l’enjeu n’est même pas ici d’opposer la survie d’une personne à celle de 10 000 autres. M. X va mourir dans tous les cas ! Il s’agit plutôt de savoir si il est permis d’entreprendre une action qui va causer la destruction d’une vie humaine afin de sauver 9 999 autres vies. Ceci étant dit, on se demande quand même pourquoi des milliers de gens devraient mourir en vain. Cela semble parfaitement absurde.
Cependant, en examinant les choses de plus près, on se rend compte que cette loi est non seulement profondément logique, mais absolument vitale et indispensable. Sans une telle loi,  il ne faudrait pas longtemps pour que la société se détériore au point que l’on puise tuer, détruire des vies humaines, en toute impunité.
Réfléchissez-y : si l’on peut sacrifier une vie pour en sauver 10 000, alors on peut sacrifier une vie pour en sauver dix. Et si une vie peut être sacrifiée pour en sauver dix, elle peut être sacrifiée pour en sauver deux. Et si la quantité est un facteur déterminant, pourquoi la « qualité » ne le serait-elle pas aussi ? La vie d’une jeune personne à la fleur de l’âge ne « vaudrait »-elle pas plus que celle d’une personne sénile de 95 ans qui, de toutes façons, n’en a plus pour longtemps ? Et si une société accordait plus d’importance à la vie des hommes qu’à celles des femmes, serait-il justifié de sacrifier une femme pour sauver la vie d’un homme ?
Et ça ne s’arrête pas là : dès lors que l’on attribue à une certaine vie une « valeur » par rapport aux autres, cette valeur sera elle-même comparable aux autres valeurs quantifiables, comme par exemple « le bien de la société » ou « l’intérêt national » (« l’économie » ?). Si on pousse cette logique à l’extrême (et toute logique peut être, et en fin de compte sera, poussée à ses extrêmes), c’est bien celle qui a conduit à l’extermination de millions de Juifs, de Tziganes, d’homosexuels et d’handicapés mentaux ou physiques il y soixante ans, parce que ces vies étaient considérées par les autorités au pouvoir comme inférieures. Il n’y a, bien sûr, aucune équivalence morale entre ces actions, mais elle partagent néanmoins la même logique.
Cette loi du Talmud porte en elle deux principes fondamentaux. Le premier est que la valeur de toute vie humaine est absolue et non relative. L’absolu en lui-même n’est pas inférieur à l’absolu multiplié par 10 000. Et soixante-dix ans de vie ont une valeur aussi absolue qu’un an ou une heure de vie.
Le deuxième principe, aussi fondamental que le premier, est qu’il existe une distinction claire et absolue entre agir pour mettre un terme à une vie ets’abstenir d’agir, même si le « résultat final » sera le même. Livrer quelqu’un à des assassins est un acte meurtrier. L’argument selon lequel « il va mourir de toutes façons » ne modifie en rien cette définition, car un tel acte porte une signification morale absolue.
Ainsi, face à des situations dites « de fin de vie », la Torah distingue entre l’action et l’inaction. D’après la loi juive, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver et prolonger la vie, quelle que soit la soi-disant « qualité » qu’on voudrait ou non lui attribuer. Cependant, lorsqu’une personne est entrée dans un état que la loi talmudique appelle gossès (« agonisant »), nous ne sommes plus obligés d’agir pour prolonger sa vie. Mais, même à ce moment-là, toute action qui écourterait la vie de cette personne reste considérée comme un meurtre, même si cette personne va « de toutes façons » mourir dans les heures ou les minutes qui suivent.
A première vue, cette façon de couper les cheveux en quatre relève plus de l’ergotage juridique que d’autre chose. Cela fait-il vraiment une différence ? La réponse est oui, cela fait toute la différence du monde. Nous n’exerçons pas de contrôle sur les grands sujets que sont la vie et la mort. Il y a une Autorité Supérieure qui décide de ce genre de choses. Nous avons par contre le pouvoir de décider de nos propres actions. Et l’action qui consiste à détruire une vie innocente ne peut jamais être justifiée – certainement pas par l’idée arrogante selon laquelle on pourrait attribuer une valeur relative à la vie humaine.
Un vieux proverbe ‘hassidique enseigne que personne ne se retrouve « tout d’un coup » perdu dans la forêt. D’abord la personne suit le sentier, puis elle s’en écarte d’un pas, puis d’un autre, puis d’un troisième. En fin de compte, elle finira par se retrouver à des kilomètres de la bonne route.
Vous rappelez-vous de Terri Schiavo ? Aurions-nous imaginé il y a vingt ans que son mari puisse obtenir le droit légal d’affamer sa femme frappée d’incapacité cérébrale jusqu’à ce que mort s’ensuive ? N’y a-t-il pas de quoi frissonner si l’on essaie d’imaginer où nous en serons dans vingt ans concernant le « droit de mourir » (et le « droit de tuer ») ?
Lorsqu’une civilisation perd de vue la nature divine et absolue de la vie, les changements sont d’abord imperceptibles. Au début, seules les vies les plus fragiles et les moins capables de se défendre sont affectées. Lorsque des vies n’ont pas de voix, la société ne les entend pas, ou va même jusqu’à mettre des mots dans leur bouches. Mais nous ne devons pas nous laisser tromper par cet aspect des choses. Cette première étape est, de nombreuses manières, la plus déterminante. Car si la tendance n’est pas stoppée et renversée, cela mènera à une deuxième étape puis à une troisième, et nous nous retrouverons avant peu dans les forêts barbares où tout est relatif et où le droit à la vie ne dépend que du pouvoir, de la richesse et de la force physique.
Si l’on ne confère pas à la vie une valeur absolue, elle finit par n’avoir aucune valeur. Et si nous ne conférons pas un sens moral absolu à nos actions, celles-ci finiront pas n’avoir aucun sens moral et nous nous retrouverons sous peu en pleine jungle.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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mardi 13 janvier 2015


Voir et croire

Mais qui donc a « vu » ?

par Eli Touger

Les prisons de l’esprit

Quand la Torah cite un lieu, le nom ne désigne pas seulement un emplacement géographique mais aussi un état d’esprit et un ensemble spirituel de circonstances. Dans ce contexte, Mitsrayim, le nom hébreu pour « Égypte » sert de symbole, nous enseignant la nature de l’exil et démontrant l’essence du défi spirituel que doit relever notre peuple tout au long de l’histoire.
Mitsrayim est sémantiquement lié au mot hébreu Métsarim, signifiant « frontières » et « limites ». L’existence matérielle limite l’expression de la Divinité dans le monde en général et l’expression de l’étincelle divine dans notre âme. C’est cela l’exil, un état non naturel. Car la véritable réalité est que le monde a été créé pour être une résidence pour D.ieu, et que l’âme de l’homme, une véritable partie de D.ieu, est cachée. Dans de telles circonstances, l’individu se trouve absorbé dans la routine quotidienne de sa vie. Les valeurs spirituelles, s’il les considère, sont toutes interprétées selon sa propre perspective du monde.
Bien plus, l’exil se perpétue naturellement. Nos Sages relatent que pas un seul esclave ne pouvait s’échapper de l’Égypte. De la même façon, tout cadre dans lequel vit une personne crée une inertie qui résiste au changement. Pour emprunter à nos Sages une expression : « une personne enchaînée ne peut pas se libérer ». Puisque les processus de pensée de chacun sont formés par un environnement d’exil, il est difficile pour beaucoup d’hommes de voir au-delà de ces processus.

Une fin à l’exil

Et pourtant, bien que l’homme ne puisse par lui-même se libérer, D.ieu refuse de permettre à l’exil de continuer indéfiniment. Le premier pas de la rédemption est une révélation directe de la Divinité. Puisque la caractéristique fondamentale de l’exil est le voilement de la présence de D.ieu, l’annulation de l’exil implique une vision plus claire de la Divinité.
C’est là le message de la Paracha Vaéra. Vaéra signifie : « et Je Me suis révélé ». La racine de Vaéra est le mot Reiyah qui signifie « vue ». Vaéra se réfère à quelque chose qui peut être vu directement. Ce thème court tout au long de la portion de la Torah qui décrit sept des dix plaies, miracles manifestes, qui avaient deux buts, comme le déclare la Torah : « Je montrerai Ma force… Je sortirai Mes hôtes d’Égypte… Et l’Égypte saura que Je suis D.ieu ».
Les plaies qui s’abattirent sur l’Égypte firent prendre conscience au monde entier de la présence de D.ieu. Même les Égyptiens, dont le dirigeant avait fièrement claironné : « Je ne connais pas D.ieu », furent obligés de prendre conscience de Sa présence et de reconnaître : « C’est le doigt de D.ieu ! » Parce que les miracles furent ouvertement visibles, ils transformèrent la manière de penser des gens.

Un riche héritage

Cependant, il est naturel de demander : « Quand ai-je vu la Divinité ? Peut-être y avait-il des miracles, par le passé, mais quelle importance ont-ils pour aujourd’hui? » La réponse se trouve dans le commentaire de Rachi à propos du verset dont la Paracha tire son nom : « Et Je Me suis révélé à Avraham, Its’hak et Jacob ». Rachi commente : « aux Patriarches ».
Il semble que cette observation soit superflue. Nous savons tous que Avraham, Its’hak et Jacob étaient les Patriarches du Peuple Juif. Ayant mentionné chacun par son nom, il n’était pas besoin de donner leur titre. Toutefois, Rachi met l’accent sur les révélations dont ils furent les témoins, non grâce à leurs vertus personnelles mais parce qu’ils étaient les « Patriarches » et que leurs réalisations spirituelles seraient transmises comme héritage à leurs descendants. En Se révélant à nos Patriarches, D.ieu fit de la conscience de Son existence un élément fondamental de la nature intérieure de leurs descendants pour tous les temps.

Prendre possession de l’héritage

Néanmoins, bien que le legs de nos Patriarches soit dans notre cœur, il n’est pas toujours dans nos pensées conscientes. Chacun de nous doit entreprendre d’intérioriser la foi de nos Pères et de la faire sienne. Cela n’arrive pas nécessairement de soi-même. A moins de faire des efforts pour combiner la foi et la pensée, nous pouvons en arriver à créer une dichotomie entre la croyance et la vie concrète. En fait, la manifestation d’une telle dualité est très courante.
Le besoin de réparer ce schisme explique pourquoi la Paracha précédente,Chemot, se conclut en décrivant la façon dont Moïse aborda D.ieu et demanda : « O D.ieu, pourquoi fais-Tu du mal à Ton peuple ? » La question de Moïse ne reflétait pas un manque de foi. Il ne fait aucun doute que Moïse croyait. Mais il réalisa que sa responsabilité était d’être « le berger de la foi », de nourrir la foi du peuple jusqu’à ce que cela affecte leur processus de pensée. C’est pourquoi il posa cette question.

Les miracles de nos vies

En réponse à la question de Moïse, D.ieu envoya les miracles décrits dans notre Paracha. Les actions de Moïse pour rendre la foi présente dans la vie quotidienne suscitèrent une réponse de D.ieu.
Des concepts similaires s’appliquent dans chaque génération. Car les miracles n’appartiennent pas au passé. Dans chaque génération, D.ieu montre Son grand amour pour Son peuple en accomplissant des actes qui transcendent l’ordre naturel. Il se peut que le bénéficiaire d’un miracle ne reconnaisse pas ce qui s’est produit et dans d’autres occasions, que les miracles soient évidents pour tous. De fait, dans le passé récent, nous avons vu de grands miracles : la guerre du Golfe, la chute de l’URSS et les vagues massives de Juifs arrivant en Erets Israël.
Nos prophètes ont promis : « Tout comme lors de votre sortie d’Égypte, Je vous montrerai des merveilles ». Tout comme les miracles que D.ieu fit pleuvoir sur l’Égypte annoncèrent l’exode, que les miracles dont nous avons été témoins et dont nous serons témoins dans le futur soient un prélude à la Rédemption ultime. Et que cela ait lieu dans le futur immédiat.
Adapté de Likouté Si’hot Vol. XVI, Vol XXXI
(Vaéra 5743 et 25 Nissan 5761)
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Que faire pour que le Machia’h vienne?

Pirkei Avot 2:1

Adapté d'un discours du Rabbi de Loubavitch
Rabbi disait : « Quel est le droit chemin que l’homme doit choisir ? Toute action qui est tiféret – gloire – pour celui qui en est l’auteur et qui est pour lui tiféret – gloire – de la part des hommes. » (Pirkei Avot 2:1)
« L’homme » dont il est ici question et qui doit opérer ce choix est l’homme qui a achevé de parfaire sa personnalité et dont seuls les aspects les plus superficiels n’ont pas encore été totalement raffinés, et ce, non du fait d’un quelconque manque ou manquement de sa part, mais du fait de l’exil qui perdure.
Rabbi – Rabbi Judah le Prince, auteur de cette Michna – était à un tel niveau et le Talmud atteste qu’il aurait été digne, en sa génération, d’être le Machia’h.
Le Rabbi de Loubavitch enseigne qu’au terme des si nombreuses générations de l’histoire juive dont le travail de raffinement du monde s’est accumulé au fil du temps, le peuple juif dans sa dimension globale a atteint ce niveau et est désormais prêt pour la venue du Machia’h : la tâche impartie au peuple juif dans son exil a été achevée, le monde a été raffiné et transformé dans ses structures spirituelles profondes et il ne reste à régler que des problèmes superficiels. Le « travail en exil » est terminé, et il ne reste plus qu’à terminer l’exil lui-même.
Dès lors, la question qui se pose concrètement est : « Quel est le droit chemin – parmi ceux que propose la Torah – que l’homme – le peuple juif – doit choisir » pour déclencher la venue du Machia’h et la rédemption pour toute l’humanité ?
Ce à quoi la Michna répond : « Toute action qui est tiféret – gloire – pour celui qui en est l’auteur et qui est pour lui tiféret – gloire – de la part des hommes. »
L’attribut de « tiféret », qui signifie « gloire », « splendeur » ou « harmonie », symbolise dans la tradition mystique l’étude de la Torah. Ainsi, l’étude dans la Torah des thèmes du Machia’h et de la délivrance messianique est le chemin le plus droit pour amener à la révélation et à la venue du Machia’h, et à la délivrance messianique de manière concrète.
Adapté du discours du Rabbi de Loubavitch
du Chabbat Tazria-Metsora, 6 Iyar 5751-1991
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Les jambes de Chmoulik

Une histoire du Rabbi Maharach

par Tuvia Bolton

Le quatrième Rabbi de ‘Habad, le « Maharach » (initiales de « Morenou HaRav Chmouel ») avait un ‘Hassid dont la fille épousa un brillant jeune homme, érudit, craignant D.ieu et charitable qui était un mitnagued : un Juif religieux qui haïssait les ‘Hassidim.
Ce jeune homme, pour satisfaire son beau-père, s’en fut chez le Rabbi pour obtenir sa bénédiction avant le mariage, mais ne voulut plus en entendre parler par la suite. L’idée même de saints Rabbis donnant des bénédictions lui était inacceptable.
Au bout d’un an, le couple fut béni par la naissance d’un petit garçon, qu’ils appelèrent Chmoulik. C’était un bel enfant, avec des yeux pétillants de bonheur, mais après quelques semaines ils remarquèrent qu’il ne bougeait pas ses jambes !
Ils coururent de médecin en médecin, puis de professeur en professeur, mais peu à peu une triste réalité leur apparaissait : tous les médecins étaient d’avis que l’enfant serait paralysé à vie. C’était malheureux, mais on ne pouvait rien y faire, c’était de toute évidence une sorte de décret céleste.
L’enfant grandit. Il était intelligent et alerte, mais ses jambes ne fonctionnaient tout simplement pas, et toutes les prières et les bonnes actions de ses parents n’y changèrent rien. C’était comme les médecins l’avaient dit : sans espoir. C’est, en tout cas, ce dont le père était persuadé et quand sa femme lui jetait un regard plaintif, il lui répondait :
« Peuh ! Si les meilleurs professeurs n’ont rien pu faire, comment ton Rabbi pourrait-il y changer quoi que ce soit ? »
Mais quand l’enfant atteignit l’âge de seize ans, sa mère refusa de garder le silence.
« Que va-t-il se passer ! cria-t-elle à son mari. Faut-il que notre fils souffre seulement à cause de ton entêtement ? Regarde-le... Que va-t-il faire le reste de sa vie ? N’as-tu donc aucune pitié ? Qu’as-tu à perdre à demander une bénédiction au Rabbi ?! »
Ses paroles produisirent finalement leur effet et un jour son mari revient de la prière du matin et annonça qu’il était prêt à se rendre chez le Rabbi de Loubavitch... mais seulement à la condition que si cela ne donnait rien, elle cesse de le harceler.
Quelques jours plus tard, il arriva à Loubavitch. Une audience fut organisée et le lendemain soir, il entra dans le bureau du Rabbi.
Il ferma la porte derrière lui et se retrouva seul avec le Rabbi. Dès qu’il vit le saint visage du Rabbi, il fut pétrifié. C’était comme si sa langue refusait de bouger et son esprit devint si confus qu’il ne savait plus pour quelle raison il se trouvait là. Le Rabbi entama alors la conversation :
« Vous étiez ici il y a presque dix-sept ans. Comment allez-vous ? Comment va votre femme ? »
Le ton amical du Rabbi le fit sortir de sa rêverie et il déversa son cœur, racontant toute l’histoire de son fils malade et terminant son triste monologue en disant : « Rabbi, le garçon est sans espoir, s’il vous plaît sauvez-le. Nous ne savons pas quoi faire ! »
« Vous ne savez pas quoi faire ? répondit le Rabbi. Je vais vous dire ce qu’il faut faire. Trouvez-lui un chidoukh ! » (Trouvez-lui une épouse !)
« Une épouse ? balbutia le père du garçon. Un chidoukh ? Mais qui se marierait avec lui ? Avec qui pourrait-il se marier ? Je veux dire... »
Mais le Rabbi poursuivit : « Trouvez une pauvre orpheline. Je suis sûr que vous devez connaître une telle jeune fille, qui craigne D.ieu et ait un bon cœur. Parlez-lui sincèrement, achetez-lui des cadeaux, des bijoux, dites-lui que vous la soutiendrez et parlez-lui des bonnes qualités de votre fils. Soyez positif et, avec l’aide de D.ieu, cela la convaincra d’accepter d’épouser votre fils. »
Lorsqu’il quitta le bureau du Rabbi, il était un autre homme. Le Rabbi avait parlé de manière si claire et si détaillée que, pour la première fois en seize ans, il sentit que D.ieu allait vraiment aider. Il voyagea à Minsk, y acheta de beaux bijoux et, quelques jours plus tard, il était de retour chez lui.
Sur le chemin du retour, il lui apparut que la jeune fille qu’il cherchait vivait sous son propre toit ! Lui et sa femme avaient en effet recueilli une jeune fille orpheline et pauvre depuis plus de dix ans et, bien qu’il n’ait jamais imaginé qu’elle puisse épouser son fils, maintenant que le Rabbi l’avait mentionné, tout semblait logique.
Il s’adressa à la jeune fille et, lorsqu’elle vit les boites colorées qui contenaient les cadeaux, elle se demanda ce qu’elles pouvaient bien contenir.
Tout se passa exactement comme le Rabbi avait dit. Elle fut flattée d’être considérée comme un parti pour son fils, heureuse de faire partie de sa famille et révéla qu’elle était au courant des bonnes qualités de Chmoulik. En bref... elle accepta ! C’était un miracle ! Son fils allait se marier ! Le père commença à regretter tout ce qu’il avait jamais dit contre le Rabbi ! Quel dénouement heureux !
Mais ce n’est pas la fin de l’histoire.
Un jour avant le mariage, qui devait avoir lieu dans leur maison, les préparatifs battaient leur plein. On préparait les tables, on astiquait la maison et les marmites bouillaient sur le réchaud. L’odeur de viande rôtie était si forte et attrayante que tout le monde en prélevait un petit échantillon de temps en temps. Chmoulik ne fit pas exception et demanda à sa mère de lui faire goûter cette viande apparemment succulente.
Au début, elle hésita. Chmoulik était probablement excité à cause du mariage qui se préparait, mais il ne mangeait jamais de viande, pas même le jour du Chabbat, car cela le rendait malade. Il était un garçon fragile, de faible constitution, qui ne pouvait consommer que les aliments les plus légers. Mais il insista tant et si bien que sa mère finit par accéder à sa demande à contrecœur.
Et, bien sûr, dès qu’il eut fini de manger la viande, il se sentit bizarre.
Sa mère se précipita à son chevet et il commença à se plaindre que ses jambes lui paraissaient légères... soudain, pour la première fois de sa vie, il les bougea !
Le lendemain, soutenu par deux amis, il fut capable de marcher jusque sous la‘houppa (le dais nuptial), et fit même quelques pas seul après la cérémonie. La joie au mariage ne connut pas de limites.
Depuis ce jour Chmoulik marcha normalement, vécu heureux avec son épouse et eut des enfants et des petits-enfants... grâce à la bénédiction de Rabbi Chmouel, le Rabbi de Loubavitch.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Les origines de l’éthique

Vous êtes-vous déjà demandé "Pourquoi"?

par Levi Brackman

Peut-on cloner des êtres humains ? Existe-t-il des vies qui ne valent pas d’être vécues ? Quand peut-on s’engager dans une guerre ? Le terrorisme a-t-il toujours tort ? Y a-t-il du mal dans les mariages homosexuels ? L’avortement peut-il jamais être justifié ? La liste des dilemmes éthiques du 21ème siècle est sans fin. La question clé dans tout cela est : sur quelle base philosophique abordons-nous ces questions ? Cette interrogation n’est pas nouvelle : elle occupait déjà les premiers philosophes.
Dans la philosophie occidentale, on dénombre généralement trois opinions sur l’origine de l’éthique. Il y a d’abord la théorie qui considère l’éthique comme une « loi divine » et postule que tout ce que D.ieu commande est arbitrairement bon et moral. Le contre-argument opposé à cela est que cette conception peut mener à une absurdité dans laquelle D.ieu pourrait, théoriquement, décréter que l’adultère est moral, par exemple. En effet, affirmer que D.ieu ne pourrait pas faire une telle chose reviendrait à admettre que les standards de l’éthique sont fixés par quelque chose qui est en dehors de D.ieu.1
La théorie de la « loi divine » a été suivie par la « théorie des formes » soutenue par Platon, qui affirme qu’il existe une « forme » indépendante en dehors de D.ieu qui est l’archétype absolu de la morale et de l’éthique. Le problème est que ce standard absolu n’a jamais été révélé à l’intérieur du monde spatio-temporel et qu’ainsi personne ne peut jamais être certain de l’avoir atteint. Nous nous retrouvons face au dilemme originel : qu’est-ce qui est éthique ?
La troisième approche maintient que toute connaissance est relative à l’individu, auquel cas il ne peut y avoir de morale absolue : chaque éthique est tributaire des circonstances, des individus et des cultures. Cette conception pose également problème car, si on la mène à son aboutissement logique, l’éthique n’existe tout simplement pas.2
Il y a, dans la Torah, un verset énigmatique qui semble relié directement à ce débat : D.ieu dit à Moïse « Parle à toute la communauté des enfants d'Israël et dis-leur : Soyez saints ! car Je suis saint, moi, l'É-ternel votre D.ieu. »3 Le commandement « Soyez saints » suscite un débat parmi les commentateurs. Certains tiennent que cela signifie qu’il faut être particulièrement strict en matière de moralité sexuelle.4 Se basant sur le Talmud, d’autres affirment que ce verset fait référence au devoir de maîtriser ses envies jusque dans les domaines que la Torah n’a pas prohibés. D’après cette opinion, « soyez saints » demande à l’homme de rester modéré et discipliné face aux plaisirs matériels.5 Il est intéressant de noter que cette interprétation est identique à l’opinion d’Aristote sur la façon dont le comportement humain éthique doit être déterminé.
« Soyez saints ! car Je suis saint, moi, l'É-ternel votre D.ieu » peut apparaître comme un argument plutôt vague pour fonder une ligne de comportement moral. Malgré cela, ce verset renferme une explication extrêmement profonde quant à l’origine de l’éthique. D.ieu créa en effet l’homme « à Son image. » 6D’après les Kabbalistes, ce verset indique que D.ieu possède des « attributs » (midot ou sefirot). Dans le système kabbalistique, on dénombre dix attributs divins, trois desquels étant intellectuels, les sept suivants étant émotionnels. Il faut préciser toutefois que les attributs divins sont parfaits et infiniment différents de ceux des êtres humains. Ainsi, lorsque la Torah déclare que le fait que D.ieu soit éthique (saint) est en soi la raison pour laquelle les hommes doivent l’être, cela signifie que l’origine de la moralité se trouve en D.ieu Lui-même. La « forme parfaite » à l’origine des canons de la morale que Platon pensait être distincte de D.ieu est en réalité issue de D.ieu. D.ieu révèle que les lois d’éthique qui figurent dans la Torah ne sont pas des lois relatives ou des analyses raisonnées de la nature humaine induisant des suppositions éclairées sur ce qui est ou n’est pas éthique.7 Elles sont une révélation de cette « forme parfaite » divine qui est le modèle de référence pour un comportement humain éthique. Il n’y a, en effet, pas de meilleur moyen de déterminer ce qui est éthique que lorsque Celui dont le comportement en est l’archétype nous le dévoile.
Ainsi, confrontés aux lourdes questions éthiques du 21ème siècle, nous n’avons qu’une seule direction vers laquelle nous tourner en quête de réponses : vers cette forme parfaite qui est à l’origine de l’Éthique, telle qu’elle se manifeste dans la Torah.

NOTES
1.Voir à ce sujet « le dilemme d’Euthyphron » dans Les derniers jours de Socrate de Platon.
2.Pour une excellente synthèse de ces approches, voir The Puzzle of Ethics de Peter Vardy et Paul Grosch.
3.Lévitique 19, 2.
4.Rachi.
5.Nahmanide.
6.Genèse 1, 26-27.
7.Approche connue sous le nom de « loi naturelle », explicitée par Thomas d’Aquin.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Le rabbi de Loubavitch: Pierre d'Israël

lundi 12 janvier 2015



Lettre à Ahmed
par Tzvi Freeman

(Cet article fut écrit en 2008 en réponse à un courrier reçu d’un lecteur musulman après les attentats de Bombay dans lesquels 164 innocents périrent de la main de terroristes islamistes. Parmi eux se trouvaient les émissaires du Rabbi de Loubavitch dans la ville, le Rav Gabriel Holtzberg et son épouse Rivka et leurs quatre invités.)
Chalom M. le rabbin,
Le meurtre de sang-froid du rabbin et de son épouse à Bombay est une ignominie. En tant que musulman, j’ai honte de ces actes perpétrés par des idiots ignorants au nom de l’Islam. Je mets au défi n’importe lequel d’entre eux de montrer que le Coran ou l’enseignement du Prophète soutient de telles actions.
Les nations et les autorités musulmanes devraient tenir un débat international dans un forum ouvert pour condamner de tels actes barbares et infondés.
Mon cœur et ma sympathie vont vers le peuple juif et les familles des victimes.
Ahmed

Salam Ahmed,
D.ieu merci, vous n’êtes pas le seul musulman qui nous a écrit pour nous exprimer de tels sentiments. Beaucoup nous ont fait part de leur indignation, de leur frustration et de leur sincère conviction que ce n’est pas ainsi que les choses devraient être ; que c’est un crime contre l’Islam et le Coran, contre la dignité de l’humanité tout entière et contre D.ieu Lui-même.
Après tout, nous, juifs et musulmans, sommes frères, enfants d’un même père, Abraham, qui a enseigné au monde qu’il y a un D.ieu unique, un D.ieu pour qui toutes les créatures qu’Il a faites sont importantes et qui nous demande de les considérer ainsi également. Nous partageons une vision commune d’un monde rempli de connaissance du divin, de paix entre tous les hommes et de la révélation du ciel sur la terre. Il y a eu un âge d’or de l’Islam, il y a des siècles, lors duquel musulmans et juifs œuvrèrent ensemble, main dans la main, partageant connaissances et poésie, sagesse et science, et peut-être même s’approchèrent de la réalisation de cette vision. Nous pouvons faire en sorte que cela se produise à nouveau.
Certains disent que ce fléau du terrorisme, ce culte de la mort qui sévit dans le monde de l’Islam aujourd’hui, sera seulement éradiqué à la fin des temps. Je crois qu’il peut être éradiqué aujourd’hui. La première étape est que les vrais musulmans qui reconnaissent cette indignité se lèvent avec courage et protestent comme vous l’avez fait. Toutefois, ce n’est pas suffisant. La véritable clé de la paix réside dans ce que nous enseignons dans nos écoles.
J’ai en ma possession un document rare, une autobiographie d’un homme courageux qui combattit dans la résistance allemande. Dans les années précédant la guerre, alors que les chemises brunes enrôlaient les garçons des rues dans les Jeunesses hitlériennes, ce jeune homme rassembla – dans les mêmes quartiers – d’autres garçons dans son club. Dans un wagon abandonné, il leur enseignait des chants de fraternité et de paix universelles, il leur parlait des valeurs humanitaires et leur inculqua un amour de la dignité humaine. Après seulement six mois, le club fut démantelé par les SS.
Qu’arriva-t-il à ces garçons ? L’auteur demeura en correspondance avec eux même après qu’ils eurent grandi. L’un se battit courageusement dans la résistance clandestine, sabotant les efforts de guerre. Un autre fut incorporé dans l’armée, puis traduit en cour martiale et fusillé pour avoir refusé de tirer sur des civils. Chacun de ceux avec qui l’auteur put garder contact resta fidèle à l’éducation qu’il leur avait donnée au cours de ces six petits mois. Et ce sont des garçons qui auraient autrement pu devenir des gardiens brutaux à Auschwitz.
Ceci m’enseigne beaucoup de choses : premièrement, qu’il n’est, dans toute société, personne d’aussi puissant que ceux qui enseignent aux jeunes. Deuxièmement, que personne n’est condamné à devenir un nazi ou un terroriste ; tout être humain peut être éduqué à être un martyr du bien et de la justice.
Ahmed, nous croyons en vous, nous vous faisons confiance, et nous savons que nous pouvons faire cela ensemble. Apprenons à nos enfants à respecter et à aimer l’autre, de sorte que tous puissent avoir une part du monde à venir. Rendons notre père Abraham fier, voyant comment Ismaël et Isaac marchent ensemble pour réaliser son rêve sur cette terre. Et puisse cela être très bientôt, Amen.

(Cet article est publié dans sa version française suite aux attentats de janvier 2015 à Paris, en hommage à un autre Ahmed, M. Ahmed Merabet, officier de police héroïque qui périt au champ d’honneur en tentant d’arrêter les terroristes qui venaient de semer la mort dans les locaux d’un journal satirique. Puisse son sacrifice ne pas être vain.)
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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