Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

lundi 26 janvier 2015


Le nom du Machia’h

"Le lépreux de la maison de Rabbi"

Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch par Eli Touger

Perfection totale et failles superficielles

Nos Sages demandent1 : « Quel est le nom de Machia’h ? » et répondent : « le lépreux de la Maison de Rabbi. »2 Cela est très difficile à comprendre. En effet, Machia’h va initier le processus de la Rédemption et est associé au summum de la vie et de la vitalité. Comment son nom peut-il être lié à la lèpre (Tsaarat) qui est identifiée à la mort3 et à l’exil4 ?
Cette difficulté peut être résolue en s’appuyant sur ce qu’énonce le Likoutei Torah qui explique ce que sera une personne atteinte de lèpre :
Un homme d’une grande stature, d’une totale perfection…5 Bien que la conduite d’une telle personne soit désirable et qu’il ait tout corrigé... il reste possible que sur la peau qui couvre sa chair demeurent encore des niveaux inférieurs sur lesquels le mal n’a pas été raffiné. Cela résultera en marques physiques sur sa chair, d’une manière qui transcende l’ordre naturel...6
Puisque la souillure de la surface de ses vêtements apparaît ne pas avoir été raffinée, [des taches] apparaissent sur sa peau... Bien plus, ces taches reflètent des niveaux très élevés comme l’indique le fait qu’elles ne sont pas impures tant qu’elles ne sont pas désignées comme telles par un Cohen.
Ce passage implique qu’il existe des influences spirituelles sublimes qui, à cause du manque de réceptacles appropriés (mis en évidence par « la souillure en surface »), peuvent produire des effets négatifs. Car lorsqu’une énergie puissante est libérée sans être contrôlée, elle peut causer des blessures. C’est la raison de la Tsaarat dont Machia’h est affecté.

Le fardeau de Machia’h

Le peuple juif dans son ensemble est comparé à un corps humain. Ceci est vrai de chaque génération, de même qu’à la nation tout entière à travers l’histoire.7Tous les Juifs, ceux du passé, du présent et du futur font partie d’un tout organique.
Puisque le bien est éternel, alors que le mal n’est qu’éphémère,8 le niveau spirituel de notre peuple a constamment avancé. Un vaste réservoir de bien s’est rempli au fil des siècles. Le peuple juif, tel qu’il se tient dans Ikveta diMechi’ha, le temps où l’on peut déjà entendre les pas du Machia’h, a atteint le niveau de perfection mentionné dans le Likoutei Torah.
Néanmoins, il reste encore des traces de mal « sur la périphérie », car le monde est encore marqué par l’injustice et la violence. Aussi la lumière de la Rédemption ne peut-elle encore être manifeste ; cela se reflète dans les taches de lèpre qui apparaissent sur Machia’h lui-même. Car, comme le dit le Prophète,9 « Il a souffert nos maladies et enduré nos souffrances... atteint de lèpre, frappé par D.ieu et affligé. » Machia’h endure la souffrance, non à cause de lui-même, mais pour le peuple juif tout entier.

Un sens positif

Il demeure une difficulté. Bien que le passage cité plus haut explique pourquoi Machia’h doit endurer la souffrance, il ne montre pas pourquoi la souffrance estidentifiée à Machia’h. Le nom de Machia’h, exprimant sa nature, devrait être positif.
Cette difficulté peut aussi être résolue sur la base du passage de Likoutei Torah cité précédemment. Car celui-ci explique que les plaies de la lèpre reflètent « des niveaux très élevés », leur source étant la lumière spirituelle transcendante10 associée à Machia’h. Néanmoins, pour que cette lumière s’exprime d’une manière positive, des réceptacles adéquats sont requis.
La souffrance de Machia’h apportera un raffinement final au monde en général, en faisant un réceptacle adéquat pour la révélation de son potentiel transcendant. Puisque cette révélation réside au cœur de l’Ère de la Rédemption, l’élément catalyseur nécessaire à son avènement est donc associé au nom de Machia’h.

Le nom de la paracha Metsora

Les concepts évoqués ci-dessus peuvent aussi résoudre une difficulté concernant le nom de la paracha « Metsora ». Metsora signifie « lépreux ». On pourrait penser que le nom de la lecture de la Torah serait un mot au sens plus positif. Cette question est renforcée par le fait que, dans les travaux des Sages rabbiniques de la première époque, Rav Saadia Gaon,11 Rachi12 et Maïmonide,13 un nom différent est employé pour désigner cette lecture. Toutes ces autorités se réfèrent à cette lecture par le nom de Zot Tihyeh (« Ce sera là »). Ce n’est que dans les générations postérieures que le nom Metsoraprévaut.
L’explication en est que dans ces générations ultérieures, des fissures sont apparues dans le mur de l’exil, et à travers celles-ci, brille la lumière de Machia’h. À la lumière de Machia’h, Metsora n’est pas un facteur négatif, mais, comme cela a été expliqué, l’expression d’une divinité transcendante.

Par l’intermédiaire de l’étude

La lecture de la Torah commence par une description du processus de purification pour une personne affligée de Tsaraat en ces termes : « Ce sera là la loi du Metsora. » En mettant l’accent sur Torat Hametsora (la loi du Metsora) et non Taharat Hametsora (la purification du Metsora) une allusion est faite à un concept fondamental :
L’étude de la Torah développe des réceptacles humains qui permettent à la lumière, à toutes les lumières, même les plus sublimes, d’être acceptées et intégrées dans notre monde. Par l’étude de la Torah, l’influence transcendante du Tsaraat peut être canalisée en une force positive.
De même, en ce qui concerne Machia’h, l’étude des enseignements de la Torah relatifs à Machia’h précipite sa révélation, attirant son influence dans notre monde.

Avec une nouvelle vie

Souvent, la paracha Metsora est lue conjointement à la paracha Tazria, associée à la notion de semence et à la conception de la vie. Ceci enseigne que les semences de notre service divin n’attendront pas sans fin dans le sombre terrain de l’exil, mais que le Metsora, la Rédemption, fleurira immédiatement après que les dernières semences auront été semées.
Et inversement, la fusion de ces deux lectures implique que Metsora, la Rédemption, a déjà été conçue ; nous n’attendons plus que la naissance. Car la souffrance qu’endure Machia’h est l’étape finale avant sa révélation. Puisse-t-elle avoir lieu immédiatement.
Adapté de
Likoutei Si’hot, vol. 7, p.100ff ;
Vol. 22, p. 77ff ; Parachat Tazria 5751;
Sefer HaSi’hot 5751, p. 491ff.

NOTES
1.Talmud Sanhédrine 98b.
2.Voir également Rachi sur Sanhédrine 98b qui explique que Machia’h sera atteint de Tsaraat et sera assis parmi les autres malades souffrant de la même affection. Voir les commentaires du Maharal dans son ‘Hidouchei Haggadot (Sanhédrineloc. cit. : a, b) qui affirme que de même qu’un lépreux doit être séparé du reste de la communauté, un roi et à plus forte raison Machia’h est distingué des autres.
3.Talmud Nedarim 64b. Voir le commentaire du Maharcha dans son ‘Hidouchei Haggadot.
4.Midrache Vayikra Rabba, fin du chapitre 15.
5.Voir Zohar, vol. III, p. 48a.
6.Voir le Michné Torah, fin des Hilkhot Tsaraat, où le Rambam statue que la Tsaraat n’est pas une affection physique, mais un signe divin au-delà des voies naturelles.
7.Voir Tanya chapitre 2, Igueret Hakodech 7, basé sur Zohar vol. II p. 141b et d’autres sources.
8.Voir Tanya, chapitre 25.
9.Isaïe 53,4.
10.Ceci est reflété par le fait que le mot hébraïque pour les plaies de lèpre, נגע, a les mêmes lettres que le mot ענג signifiant “plaisir” (Zohar vol. I p. 26b). Comme l’explique la Kabbalah (voir Tanya,Chaar Hayi’houd vehaEmounah, chap. 1), les lettres qui composent un mot reflètent la force vitale qu’il véhicule. La force vitale profonde de נגע est l’expression du plaisir divin. Voir également Sefer Yetsira 2:4.
11.Dans son Sidour, dans les lois relatives à la lecture de la Torah.
12.Dans son commentaire sur Lévitique 13,8.
13.Dans son Seder Tefilot, à la fin du Sefer HaAhavah.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Un General quatre etoiles - M. David Chase



L’arbre témoin

Une histoire du Ohr Ha'Haïm Hakadoch

par Yerachmiel Tilles

La roue de la fortune avait pris un mauvais tournant pour ce Juif jadis riche qui vivait dans la ville marocaine de Rabat. Il avait été forcé de quitter sa maison et errait de ville en ville, de village en village, à la recherche d’une bonne affaire qui lui permettrait de subvenir aux besoins de sa grande et nombreuse famille qui dépendait maintenant de lui.
Il connut nombre de difficultés, mais il maintenait sa foi en Celui qui pourvoit à tout. Finalement, après plusieurs tentatives infructueuses, il réussit à amasser une importante somme d’argent. Il était maintenant en mesure de rentrer chez lui.
Sur le chemin, il passa par la ville de Salé, qui n’est pas loin de Rabat. Comme il était déjà assez tard le vendredi, il pensa qu’il ferait mieux de rester à Salé pour le shabbat. Un bon ami de jeunesse qu’il n’avait pas vu depuis de nombreuses années vivait là, et il savait qu’il trouverait chez lui un accueil chaleureux.
En effet, dès que son ami le vit, il insista pour que son invité surprise reste pour le Chabbat. Le voyageur fatigué accepta l’invitation avec plaisir. Avant l’allumage des bougies, il donna la sacoche contenant l’argent à son hôte afin que celui-ci la mette en lieu sûr et qu’il n’ait pas à s’en inquiéter pendant le Jour du Repos.
Le samedi soir, le voyageur était impatient de rentrer à la maison. Immédiatement après la Havdala, il demanda à son ami sa sacoche d’argent.
« De quoi parles-tu ? s’étonna son hôte. Tu ne m’as jamais laissé d’argent. »
L’invité abasourdi, ne pouvait en croire ses oreilles. Il faillit s’évanouir. Quand il retrouva ses esprits, il pria son ami de lui rendre l’argent pour lequel il avait travaillé si longtemps et si dur, et qui était essentiel à la survie de sa famille.
L’hôte était hors de lui. « Tu as un sacré culot ! » lui cria-t-il avec indignation. « Tu n’as pas honte ? Tu as dormi dans ma maison, tu as mangé à ma table, et maintenant tu oses me jeter de fausses accusations ! »
L’homme se rendit rapidement compte qu’il n’y avait aucune chance que cet intrigant rende l’argent de son propre gré. Il décida qu’il ferait mieux d’aller immédiatement faire une réclamation au Beth Din (le tribunal rabbinique).
À l’époque, le rabbin de Salé était le fameux « Ohr Ha’Haïm », Rabbi ‘Haïm Ibn Atar. Les deux hommes se rendirent chez lui. Rabbi ‘Haïm écouta attentivement les deux parties. Il aborda ensuite l’hôte : « Ce Juif réclame l’argent qu’il dit avoir déposé chez toi avant Chabbat. Qu’as-tu à dire ? »
« Ce n’est jamais arrivé, répondit l’homme. Cet homme me calomnie. »
Rabbi Haïm se tourna vers l’invité. « Peut-être y avait-il un témoin au moment où tu dis lui avoir remis ton argent ? »
L’homme déjà abattu se sentit aller encore plus mal : « Non, il n’y avait pas de témoin. Juste avant Chabbat, nous nous sommes assis sous un arbre. C’est alors que j’ai enlevé ma sacoche et la lui ai remise pour qu’il me la garde jusqu’à samedi soir. »
« Sous un arbre ? Très bien ! s’écria Rabbi ‘Haïm avec enthousiasme. Retourne là-bas et convoque cet arbre pour qu’il témoigne en ta faveur ! »
Le voyageur fut décontenancé par la demande du rabbin, mais il connaissait bien la réputation de Rabbi ‘Haim, comme faiseur de miracles. Il se leva et sortit de la maison, sans remettre en cause les instructions du grand rabbin.
Après quelques minutes, le Ohr Ha’Haïm remarqua que l’homme avait certainement déjà atteint l’arbre.
« Que voulez-vous dire, Rabbi ? dit l’autre homme. Cet arbre est très loin d’ici. »
Regardant sévèrement l’homme droit dans les yeux, Rabbi ‘Haïm déclara : « Rends immédiatement son argent à ce pauvre Juif innocent ! » Voyant la surprise sur le visage de l’homme, le rabbin se caressant la barbe, ajouta : « Si tu n’as pas reçu de ses mains l’argent sous cet arbre, comment sais-tu où celui-ci se trouve ? »
L’homme pâlit. Sans dire un mot, il rendit rapidement l’argent qui lui avait été confié.
Après être finalement rentré chez lui, le commerçant utilisa la plupart de ses économies durement gagnées pour des investissements judicieux et, avec l’aide de D.ieu, il redevint à nouveau riche comme il l’avait été auparavant.

Note biographique :
Rabbi ‘Haïm ben Moché iben Atar (Salé, Maroc 1696 – Jérusalem 1743) est surtout connu comme l’auteur de l’un des commentaires les plus importants et les plus populaires de la Torah : le Ohr Ha’Haïm  publié pour la première fois à Venise en 1741, lorsque l’auteur était en chemin pour la Terre Sainte. Il acquit une réputation de faiseur de miracle, d’où son titre : « le saint », bien que certains emploient cette appellation plutôt en référence à son œuvre. Il fonda une grande yechiva en Israël où il s’établit après avoir quitté le Maroc. Le fondateur de la ‘Hassidout, Rabbi Israël Baal Chem Tov, soutenait que s’il pouvait unir ses forces avec Rabbi ‘Haïm, ils pourraient ensemble faire venir le Machia’h (le Baal Chem Tov essaya à plusieurs reprises de rejoindre la Terre Sainte dans ce but, mais sans y parvenir). Rabbi ‘Haïm est enterré à l’extérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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L’âme amphibie

Quel poisson êtes-vous?

Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch
Et les Enfants d’Israël marchèrent sur la terre sèche à l’intérieur de la mer.
–Exode 14, 29
Tout ce qui existe sur la terre a sa contrepartie dans la mer.
–Talmud ‘Houlin 127a
La terre et la mer se ressemblent et pourtant ce sont des mondes complètement différents. Toutes deux constituent des environnements qui permettent la vie, donnant subsistance et protection à des myriades de créatures. Toutes deux sont des écosystèmes complexes avec une grande variété de minéraux, de végétaux et d’animaux qui forment une chaîne de vie à niveaux multiples. Mais malgré leurs similitudes, la mer et la terre présentent également des différences dans de nombreux domaines et tout particulièrement dans les relations des créatures qui les peuplent avec leur environnement.
Nos Sages ont dit que « l’homme est un univers en miniature », un microcosme de toute l’existence créée. L’être humain inclut donc ces deux mondes, la vie humaine présente à la fois un aspect terrestre et un aspect aquatique.

Le secret des profondeurs

Les créatures terrestres se rencontrent sur la terre. Certaines espèces s’enterrent une partie du jour ou de l’année et il existe même sept espèces qui ne viennent que rarement, voire jamais, à la surface de la terre. Mais d’une manière générale, les créatures terrestres vivent sur la surface de la terre. Mais rien ne les empêche d’en quitter le contact direct pour de longues périodes.
Il n’en est pas de même pour les créatures aquatiques : elles vivent immergées dans leur environnement. Et pour la plupart des animaux marins, cette immersion est une question de vie ou de mort : un poisson hors de l’eau n’est pas seulement une créature en dehors de son élément, mais une créature qui ne peut survivre plus qu’un bref moment.
Bien sûr, les créatures terrestres ne sont pas moins dépendantes de la terre que leurs sœurs aquatiques de l’eau : sans la terre et ses ressources, un animal terrestre ne pourrait survivre. La différence réside dans la façon dont cette vérité apparaît chaque jour, chaque heure et chaque seconde de leur existence. Pour la créature aquatique, cette dépendance est constante et évidente. L’animal marin ne peut se séparer de l’environnement qui le contient ; sa vie et sa source de vie sont inexorablement liées. Par contre, la créature terrestre peut recevoir sa nourriture de la terre et puis l’oublier et même le nier. On peut même concevoir une telle créature vivant sa vie entière sans reconnaître ou démontrer, de quelque manière que ce soit, d’où vient sa subsistance.
C’est là le sens des personnalités « terre » et « mer » dans l’homme. Une partie de son être est déconnectée de sa raison d’être et de sa source : un moi « terrestre » oublieux du fait que son âme est « une étincelle de D.ieu en Haut », qu’à chaque seconde le don de la vie lui est renouvelé par son Créateur, que son existence n’a de sens que dans le contexte de son rôle dans l’intention divine. Un moi « terrestre » définit son existence dans les termes étroits de l’ego et de ses aspirations et désirs individuels.
Mais l’homme possède également une personnalité « aquatique », un moi spirituel qui transcende l’ego et l’individualité pour faire correspondre chaque pensée et chaque action au but ultime pour lequel il a été créé. Quand cet aspect de sa personnalité est manifeste, rien dans la personne n’est distinct de son attachement à sa source : comme un poisson dans l’eau, chaque moment de sa vie vient attester son indépendance absolue et sa dévotion à la source de sa nourriture et de sa vie.
Les Maîtres de la Cabale nous disent que certains Tsadikim (individus justes parfaits) passent leur vie entière comme des « poissons de la mer » entièrement immergés dans une conscience perpétuelle de la réalité divine. Moïse, dont le nom exprime la nature aquatique de l’âme, (« Et elle l’appela Moïse et dit : « parce que je l’ai tiré de l’eau ».), était un tel individu. C’est ainsi que la Torah atteste : « Moïse était l’homme le plus humble sur la surface de la terre ». Il est sûr que Moïse était conscient de sa propre grandeur ; il est certain qu’il savait être le seul être humain choisi par D.ieu pour transmettre Sa sagesse et Sa volonté à l’homme. Mais Moïse ne considérait pas ses qualités comme étant son propre aboutissement car il avait complètement annulé et immergé son moi dans la mer de la réalité divine. Sa propre vie n’était que le plan divin réalisé par un véhicule sans ego ; ses enseignements étant « la présence divine parlant à travers sa gorge ».

Des poissons « terrestres »

Ce ne veut pas dire que notre moi « terrestre », notre sens d’identité et d’individualité, doit être déraciné ou supprimé. Se préoccuper de soi-même n’est pas, en soi, un trait négatif, mais simplement, quand il est livré à lui-même, il risque de développer des attributs très négatifs. Si l’homme ne parvient pas une conscience et un comportement « aquatiques », s’il perd de vue la source et le but de la vie, il est sûr que son moi deviendra égoïste, que son identité se verra exclusivement tournée vers elle-même et que son individualité s’en trouvera déconnectée et déracinée.
Ce n’est que lorsque nous nous immergeons dans la mer de la réalité divine que nous pouvons exploiter notre ego comme la force positive qu’il est réellement. Ce n’est qu’alors que nous pouvons correctement atteler notre valeur sans égale d’individu pour réaliser pleinement notre mission dans la vie.
C’est là l’idéal exprimé par Yaakov dans la bénédiction qu’il donna à ses petits-enfants, Menaché et Ephraïm : « Ils grouilleront comme des poissons au milieu de la terre ». L’ultime défi pour l’homme n’est pas seulement d’être un « poisson » mais d’être un poisson « au milieu de la terre ».
Ici réside le sens profond du passage de la Mer Rouge, sept jours après la sortie d’Egypte. Dans sa description du miracle, la Torah décrit les Enfants d’Israël « marchant sur la terre sèche au milieu de la mer ». Après notre rédemption de l’Egypte et de sa culture païenne, à la fois au sens physique et au sens spirituel, nous gagnâmes la force de « marcher sur la terre sèche » en tant qu’êtres distincts et uniques et en même temps de marcher « au milieu de la mer », de nous immerger dans la mer qui embrasse et absorbe tout, celle de l’universelle vérité des vérités.
Nos Sages nous disent que le partage de la Mer Rouge fut le tout premier pas d’un processus qui englobe toute notre histoire, que le chant de Moïse et d’Israël à ce passage fut le premier refrain d’un chant qui culminera à l’ère de Machia’h, le but ultime de la création. Le partage de la Mer Rouge fut ce précédent qui continue de permettre et guider notre quête millénaire pour cette synthèse parfaite entre la mer et la terre, synthèse qui se réalisera pleinement à l’âge messianique quand « la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent la mer ».
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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dimanche 25 janvier 2015



Parler pour bien parler   Parler pour bien parler 

Les paroles que nous prononçons de façon légère peuvent rester des années dans l'esprit de celui qui écoute ; en quelque sorte, comme une signature qu'on appose sur un document



Mon amie Ingrid et moi-même, avons la conversation téléphonique qui suit environ tous les dix jours : 
 
"Bonjour !" 
"OK, alors qu'ai-je encore fait ?"
Rires mutuels.
"Rien du tout !"
"Non, sérieusement. Je crois que j'ai vraiment été odieuse hier ; je suis désolée si j'ai été grossière ou irritée, ou je ne sais quoi ..."
"Ecoute, je te le dis sincèrement : je n'ai aucune idée à quoi tu fais allusion. Je ne suis pas du tout en colère contre toi."
"Alors, je n'ai pas été stupide ? J'ai ce sentiment horrible d'avoir été une abrutie hier. Bon, je me sens mieux maintenant. Alors quand est-ce que l'on se fait un resto ?"
 
Nous aimons nous assurer que notre amitié est solide, nous ne voulons pas être trop sans-gêne et semer la discorde en nous, que D-ieu nous préserve. Nous vérifions si nous n'avons pas fait d'erreurs, comme si nous voulions dire : "Je m'excuse si je n'ai pas été moi-même ; tu as peut être vu mon côté dur et strict, mais je t'assure que cela n'est pas vraiment moi. Le vrai 'moi' est lorsque je suis douce, attentive. Je ne veux pas que mon 'moi' véritable devienne obscur, tendu."
 
L'amitié est quelque chose de trop précieux pour la prendre à la légère. Plus je vieillis, plus je m'en rends compte. De plus, je m'aperçois que les quelques paroles qu'il nous arrive de prononcer de façon légère peuvent rester des années dans l'esprit de celui qui écoute ; en quelque sorte, comme une signature qu'on appose sur un document : il ne prend que quelques secondes pour l'écrire, mais elle restera très longtemps visible.
 
Il y a quelques années de cela, j'ai acheté le livre du 'Hafetz 'Hayim : "Une leçon, un jour – Les concepts et les lois de lachone har'a". [Pour en savoir plus sur lachone har'a (la médisance), cliquez ici.] Les versions pour enfants devraient être distribuées dans les nurseries ! Tout ce qui est écrit dans ce livre est tellement important. Malgré cela, je suis persuadée que ces lois sont celles qui sont le moins respectées sur la terre. Contrôler sa langue et les mots que nous prononçons est un réel challenge et j'imagine sans difficulté que la plupart des gens baissent les bras dès l'instant où ils pensent vouloir s'améliorer dans ce domaine.
 
Je suis certaine que certains grands rabbins qui écrivent dans le site de Breslev Israël peuvent expliquer ce qui arrive au niveau spirituel quand une personne décide de se remettre en question comme parler correctement ; pour ma part, j'en suis incapable. Cependant, je peux vous dire que cela est si difficile qu'on peut être certains qu'Hachem tiendra compte de notre volonté, même si nos progrès sont moindres. 
 
Parler de manière appropriée demande les efforts de toute une vie et la progression sur ce chemin se fait à petit pas. Cependant, nous devons réaliser qu'en fin de compte, il s'agit de la meilleure façon pour obtenir la paix : en nous-mêmes, au sein de notre entourage, dans le monde entier. Le livre du 'Hafetz "Hayim est l'équivalent d'un miroir dans lequel on se regarde. Le miroir se trouve dans une pièce claire et le moindre détail y est révélé. On peut ne pas aimer ce qu'on lit dans ce livre, comme on peut ne pas aimer ce qu'on voit dans le miroir.
 
A vrai dire, j'ai eu plusieurs fois l'envie de reposer ce livre sur une étagère et de le laisser prendre une couche épaisse de poussière ! Pourtant, je me force à le reprendre chaque fois et je sais que cela me fait avancer vers la bonne direction. Suivez-mon conseil et cessez de vous morfondre. Faites un petit pas.
  
C'est une confession embarrassante mais vraie : après avoir parcouru seulement quelques pages du livre, j'ai découvert quelque chose de renversant. De fait, j'ai réalisé qu'il y avait une époque où  je n'avais rien à dire, si ce n'était pour étiqueter une personne avec laquelle j'avais un sentiment de frustration. Je ne veux même pas mettre ces mots par écrit ; j'en ai tellement honte ! Prendre conscience de cela à mon sujet a provoqué en moi un changement structurel qui a eu lieu dans ma conscience. 
 
Il y existe un nombre infini de sujets de discussion, n'est-ce pas ? Pourtant, j'avais pris l'habitude de choisir ceux qui ne sont pas les meilleurs, ceux que nous ne devrions pas aborder. Croyez-moi : les vieilles roues du wagon peuvent se retrouver de nouveau très facilement sur les bons rails.
 
Je vous entends déjà poser la question : pour quelle raison devrait-on apporter un changement aussi important dans notre façon habituelle de parler ? Qu'est-ce que cela nous apporte de prendre les gens tels qu'ils sont et sans les juger ? Pour compliquer le tout, selon le 'Hafetz 'Hayim, on ne devrait pas seulement éviter de parler des gens, mais également s'efforcer de ne pas écouter les conversations à propos d'autres personnes. Suis-je aussi censée aller vivre sur la lune ?
 
Comment ne peut-on pas entendre lachone har'a ? Je ne suis pas à l'aise à corriger les autres dans ce domaine, même si c'est ce que je devrais faire ultimement pour eux et eux pour moi. Une chose est certaine : même si le sujet est complexe, des choses étonnantes se produisent lorsqu'on tente d'éviter d'écouter des discussions que nous ne devrions pas entendre et on peut avoir l'assurance que l'Intervention divine sera fréquente et toujours à notre avantage.
 
Selon mon expérience, à compter du jour où j'ai décidé de me surveiller, j'ai remarqué que les conversations problématiques avaient tendance à diminuer d'une façon inexplicable. Je ne m'attends pas à ce qu'elles disparaissent complètement : quel mérite aurais-je à me surveiller ? Mais je sais que D-ieu m'aide dans mes efforts. La situation globale devient plus agréable, moins difficile à gérer qu'on n'avait pensé au début. En fait, c'est toute la bataille qui perd de son intensité. Quel plaisir !
 
De plus, il y a un avantage immédiat à surveiller ce que nous disons : l'espace est créé pour d'autres sujets de conversation ou activités afin de remplir le vide. On n'a même pas le sentiment d'un vide. En fin de compte, on se sent mieux avec nous-mêmes et avec les autres.
 
A l'époque où j'allais au lycée, je rencontrais beaucoup de personnes qui se battaient avec les mots, comme moi. Cela nous permettait d'établir des positions claires dans notre vie quotidienne. J'étudiais la philosophie. Dans le département de l'université, celui qui parlait le mieux gagnait ; j'avoue que j'étais assez bonne dans les duels. Mais à quel le prix ? Pour quelle raison mettons-nous en valeur ce type de combat ? Apprécions-nous réellement cela parce que les arguments faibles sont mis de côtés par rapport aux bons arguments et que cela nous permettra d'obtenir un meilleur comportement, ou un monde meilleur ? Je crois plutôt qu'il s'agit de ressentir un frisson, un peu comme lorsqu'on suit un match de football à la télévision : peu importe qui a raison, nous désirons simplement voir notre équipe gagner.
  
Le rabbin Brody a souligné que débattre avec les gens n'est pas la meilleure activité dans laquelle il est bon de s'engager. C'est en fait une humiliation intellectuelle pour la personne qui a tort. Bien sûr, toutes les personnes qui participent à des joutes oratoires  savent cela : le débat se termine le plus souvent pour une des personnes par le sentiment d'avoir été stupide ou mal compris, au mieux. Discuter d'un sujet n'a pas besoin de s'apparenter à une dispute. Cela peut vouloir dire plus simplement approfondir un sujet par des questions posées et écouter les réponses de l'Autre. S'assoir  tranquillement et écouter. Apprendre de l'Autre dans un état paisible. Est-ce trop demander ?
 
Je prie pour qu'Hachem continue à m'aider à faire attention à ce qui sort de ma bouche, à ce que j'écoute et même à ce que je pense ; j'ai encore beaucoup de travail à faire. Rabbi Na'hman a écrit dans le sefer HaMidoth :
 
“Nos sages nous ont appris que la paix est précieuse, pour recevoir toutes les bénédictions et consolations que le Saint, bénit soit-Il, apporte sur Israël. Les prières de la prière du Chema' du soir se terminent avec la phrase : 'Celui qui étend l'abri de la paix.' La prière du Chemone 'Esré se termine avec : 'Celui qui fait la paix dans Ses hauteurs, fait la paix sur nous...' La bénédiction des prêtres se termine par : "Qu'Hachem ... fasse régner la paix avec vous."  Par conséquent mon fils, "soit zélé en ce qui concerne cette qualité. Aime la paix et poursuis-là, car il y a une récompense infinie pour ceux qui agissent ainsi."

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Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.

En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

Le Rabbi de Loubavitch: Une Terre où seul le bien existe



Le bienfaiteur anonyme

La charité de Mar Oukva


L’un des sages les plus éminents de Babylonie, Mar Oukva, qui vécut au temps de Chmouel de Néhardéa, était un homme fort riche. Sa remarquable érudition n’avait d’égale que son extraordinaire générosité. Qualité qu’avait aussi à un haut degré son épouse.
Mar Oukva et sa femme savaient que la forme la plus noble de la tsédaka (charité) était de venir en aide aux pauvres et aux besogneux de telle manière que ceux-ci ne pussent savoir à qui ils le devaient. C’était là accomplir la tsédaka pour elle-même et dans un total désintéressement.
Ils en usèrent ainsi pendant quelque temps à l’égard d’un de leurs voisins. Ils avaient l’habitude de glisser chaque jour quelques zouzim sous sa porte puis de s’éclipser sans bruit.
Un jour, le voisin, rendu curieux, voulut savoir qui était celui qui lui venait en aide avec tant de constance et de discrétion. Il guetta en silence de l’intérieur de sa maison et quand il perçut les pas furtifs et vit les pièces glissées sans bruit sous la porte, il ouvrit brusquement celle-ci. Il eut juste le temps d’apercevoir un homme de dos qui s’éloignait en hâtant le pas. Le voisin suivit Mar Oukva qui, soucieux de lui échapper, n’eut d’autre choix que de se cacher dans un grand four public qu’on venait d’éteindre. Il s’y brûla la plante des pieds, mais il était heureux de n’avoir pas été identifié. Il épargnait ainsi au voisin l’embarras qu’il n’aurait pas manqué d’éprouver chaque fois qu’il aurait rencontré son bienfaiteur.

Huit cents zouzim

Le même Mar Oukva avait l’habitude d’aider un autre pauvre dans le voisinage. Il lui envoyait quatre cents zouzim chaque année, la veille de Yom-Kippour. Une fois, il fit porter la somme par son fils. Peu après, ce dernier revint avec l’argent en affirmant que l’homme n’était plus dans le besoin. « Et qu’as-tu vu qui t’ait fait penser cela ? », demanda Mar Oukva. « J’ai vu pulvériser dans sa maison, pour la parfumer, du vin vieux, odorant et coûteux », répondit le fils. « Ah ! Il est donc si gâté, fit Mar Oukva. Dans ce cas, il n’y a pas de doute, les quatre centszouzim ne suffirons plus à ses besoins ! » Ceci dit, il doubla la somme et dit à son fils de la porter au voisin.

La provision est maigre

Quand Mar Oukva sentit que l’heure avait sonné pour lui de quitter ce monde, il demanda à voir la liste des actes de tsédaka qu’il avait accomplis tout au long de sa vie. Il en avait tenu un compte précis. Le total des sommes distribuées était considérable. Mais Mar Oukva ne fut pas satisfait. « Je vais entreprendre un long voyage, dit-il, la provision me paraît plutôt maigre. » Et il décida aussitôt de léguer la moitié de sa fortune pour les œuvres de tsédaka.
Certains rabbins se demandèrent s’il avait eu tout à fait raison d’agir de cette manière. En effet, la règle fixée à Oucha (siège de la Cour Suprême de Justice) stipulait qu’un homme, quelque généreux qu’il fût, ne pourrait faire don de plus d’un cinquième de sa fortune. Mais cette règle s’appliquait à celui qui se trouvait dans des circonstances normales, et non à l’homme qui était sur le point de se présenter devant son Créateur, ou qui avait le désir de se racheter. Dans ce cas, il n’y avait aucune limite aux dons destinés à un but charitable.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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