Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

mercredi 11 février 2015



La Rabbanit 'Haya Mouchka

Une brève biographie

5. L’Amérique
par Shmuel Marcus

Échappant à l’Europe occupée par les nazis, le Rabbi et la Rabbanit embarquèrent en 1941 sur le Serpa Pinto qui fit route (depuis Marseille, via Lisbonne) vers les États-Unis d’Amérique.
Le 28ème jour du mois de Sivan, ils parvinrent sains et saufs en Amérique, et s’installèrent à New York, où le père de la Rabbanit, Rabbi Yossef Its’hak, s’était établi en 1940.

La maison du Rabbi et de la Rabbanit sur President Street à Brooklyn
La maison du Rabbi et de la Rabbanit sur President Street à Brooklyn












Si ‘Haya Mouchka avait échappé aux griffes des nazis, elle fut néanmoins frappée dans sa chair par l’extermination. Sa jeune sœur Cheïna et son mari, Rav Mena’hem Mendel Horenstein, étaient toujours bloqués en Pologne quand les États-Unis déclarèrent la guerre au Japon en décembre 1941. Tout contact avec eux fut perdu. Ce n’est qu’après la guerre que la famille apprit que les Horenstein avaient péri dans les chambres à gaz de Treblinka.

mardi 10 février 2015




Ne pas blasphémer 

Même lorsque notre souffrance est grande, nous recevons un avantage spirituel immense si nous disons : “Cela aussi est pour le bien.” Bien sûr, cela ne signifie absolument pas…


Cette semaine, nous étudions le deuxième des sept commandements : l’interdiction de blasphémer.
Blasphémer consiste à maudire D-ieu. Si nous maudissons intentionnellement D-ieu, nous Leblasphémons. Il est évident que nous ne pouvons pas blesser physiquement D-ieu ; ainsi, certaines personnes l’attaquent d’une façon verbale, en utilisant des mots qu’ils n’auraient pas dû, que D-ieu nous préserve. Leurs actions causent du dédain pour le Tout-Puissant aux yeux d’autres individus ; la raison de tout cela est – la plupart du temps – notre simple envie d’exprimer des sentiments négatifs. Blasphémer est un très grave péché.
 
L’essence de ce commandement est notre capacité à accepter l’idée que des évènements qui ne se passent pas comme nous l’aimerions correspondent peut-être exactement à la façon souhaitée par D-ieu.
 
Tout ce qui nous arrive se déroule pour une raison précise que nous comprenons parfois ou qu’il ne nous sera jamais donnée de comprendre. Cependant, tous les défis que nous devons relever dans notre vie ont été programmés spécifiquement pour nous par le Tout-puissant ; il est également un fondement de la foi de réaliser que tout ce qui nous arrive est pour notre bien ultime.
 
Il est évident que cela n’est pas toujours facile. Par exemple : lors du décès d’un être cher, il est extrêmement difficile de ne pas se sentir envahi par la douleur. Également, lorsque nous pensons avoir été la victime évidente d’un acte malveillant, ou que nous avons été insultés, blessés physiquement ou émotionnellement… il est ardu de prendre suffisamment de recul pour avoir une vue d’ensemble. Pourtant, c’est celle-ci qui nous permet de prendre conscience que notre Père dans le Ciel nous aime – au-delà de ce que nous imaginons – et que Son amour est éternel.
 
Même lorsque notre souffrance est grande, nous recevons un avantage spirituel immense si nous disons : “Cela aussi est pour le bien.” Bien sûr, cela ne signifie absolument pas que nous devons minimiser la souffrance ou la douleur des autres personnes, que D-ieu nous protège. Plutôt, cela veut dire que nous devons comprendre que D-ieu nous place – à l’occasion – dans des situations qui relèvent du défi et qu’Il fait cela pour une raison précise.
 
Pour revenir au commandement de l’interdiction de blasphémer, lorsqu’une personne transgresse ce commandement, c’est l’existence même de D-ieu qu’elle nie. Pourtant, le Créateur nous aime et contrôle tout dans notre vie et dans le monde ; nous ferions bien de ne pas nier ce fait ou essayer de le minimiser.
 
Voici quelques autres exemples qui sont inclus dans les blasphèmes :
 
- Prétendre que le Satan possède un certain pouvoir face à D-ieu. Au contraire, D-ieu contrôle entièrement tout ce qui arrive dans l’univers et cela inclut aussi les agissements du Satan. Un certain jour, un rabbin m’informa qu’en réalité, le Satan est le meilleur employé de D-ieu. De fait, il se présente toujours le premier au travail et ne demande jamais un jour de vacances ! Notre libre arbitre est un cadeau de la part de D-ieu et il existe seulement avec Sa permission.
 
Le Maître du monde se saisit du produit de notre libre article – c'est-à-dire la nature de nos choix – et l’utilise pour atteindre les objectifs qu’Il a fixés pour nous – en tant qu’individus – et pour le monde entier.
 
- Même si une personne ne croit pas en une fausse religion, mais qu’elle la qualifie de “vraie”, elle blasphème. Ainsi, nous comprenons de cela que l’idolâtrie et le blasphème sont liés l’un à l’autre : les deux diminuent le statut que nous accordons à D-ieu. Lorsqu’une personne est impliquée dans une de ces transgressions, elle ronge les fondations de la foi : que D-ieu nous aime et qu’Il est responsable.
 
- Si une personne blasphème en public et qu’elle rétracte ensuite ses mots, cela est tout de même considéré un blasphème. Se détourner de D-ieu, que D-ieu nous préserve, est une chose terrible ; le faire en public – ce qui peut inciter d’autres personnes à s’en détourner également – est encore plus grave.
 
- Si une personne blasphème en privé et qu’elle rétracte ensuite ses mots, D-ieu peut accepter son repentir si celui-ci est sincère.
 
- La médisance à propos d’une chose que D-ieu a créée peut être considérée par certaines personnes comme un blasphème. Selon certaines autorités, nous devons faire très attention à cette transgression car elle est fréquente et extrêmement grave.
 
D-ieu a créé le monde par la parole. Notre capacité à parler nous distingue des animaux et nous place au sommet des êtres que D-ieu a créés. Nous devons absolument nous entrainer à utiliser notre pouvoir de la parole pour des bonnes raisons et uniquement pour celles-là.
 
(Les références les plus importantes pour rédiger cet article sont extraites des livres “Seven Colors of the Rainbow”, par le rabbin Yirmeyahu Bindman et “The Path of the Righteous Gentile”, par ChaimClorfene et Yakov Rogalsky. Ces deux livres sont des sources irremplaçables pour toutes les personnes qui désirent s’informer plus amplement à propos des sept lois des enfants de Noé.)

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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Le Rabbi de Loubavitch: Dieu protège Ses enfants ; vous pouvez aider


Machia’h arrive aujourd’hui!

Je n'envisage rien d'autre

par Menahem Brod

S’agissant de la venue du Machia’h, les sources bibliques, talmudiques et rabbiniques insistent sur la foi dans sa venue, mais également sur la nécessité de son attente. C’est le cas, notamment, de Maïmonide qui, dans ses Treize Principes de la Foi, souligne1 : « S’il tarde, attends-le ! », ou, comme l’énonce la profession de foi Ani Maamine : « Et même s’il tarde, j’attendrai toutefois, chaque jour, qu’il vienne. »
Maïmonide va plus loin en écrivant, au début des lois traitant de Machia’h : « Et quiconque ne croit pas en lui, ou n’attend pas sa venue, renie non seulement tous les prophètes, mais également la Torah et notre maître Moïse. » Il en ressort que même celui qui croit en la venue du Machia’h, mais n’attend pas sa venue, « renie la Torah et notre maître Moïse » !
On sait également que le Talmud enseigne2 : « L’une des questions que l’on pose à l’homme au Jour du Jugement est : “As-tu attendu la Délivrance ?” »
Tout cela nous montre clairement que la Torah exige de chaque Juif non seulement qu’il croie dans la venue du Machia’h, mais aussi et surtout qu’il éprouve une réelle sensation d’attente.

Une expression de l’intensité de la foi

L’importance de cette attente peut s’expliquer de diverses manières :
Une compréhension correcte de ce qu’est une vie de Torah et de MitsvotEn premier lieu, le degré d’expectative atteste de l’intensité de la foi. Un Juif qui affirmerait croire en la venue du Machia’h mais sans pour autant l’attendre, témoignerait ainsi de la fragilité de sa foi. Celle-ci, d’une manière ou d’une autre, pécherait forcément par défaut. Car si sa foi était intègre, comment se pourrait-il qu’un tel Juif ne ressente pas l’attente du « Grand Jour de l’Éternel » ? Comment un Juif croyant aux merveilleux bienfaits qui l’attendent, lui, le peuple juif, le monde entier et la Présence Divine (qui demeure en exil et qui sera également rédimée) lors de l’ère messianique pourrait-il ne pas être impatient à l’extrême de les voir ? C’est pourquoi le degré d’attente de Machia’h d’une personne témoigne de la plénitude de sa foi en sa venue.
D’autre part, l’attente de la venue du Machia’h est également révélatrice d’une compréhension correcte de ce qu’est une vie de Torah et de Mitsvot. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, l’ensemble du service de D.ieu à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot a pour but de préparer le monde aux grands dévoilements qui marqueront l’ère messianique. Actuellement, nous obéissons aux instructions et, au temps du Machia’h, nous en verrons les résultats : le raffinement et la perfection du monde consécutifs à l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot. Il est donc tout naturel qu’un Juif vive dans l’expectative de voir l’achèvement de son œuvre et les fruits de celle-ci. En revanche,  celui qui n’attend pas la venue du Machia’h montre qu’il ne croit pas vraiment dans la capacité de la Torah de changer et de parfaire le monde.

Un aspect de la foi

Toutefois, au-delà de toutes ces considérations, l’attente de la venue du Machia’h démontre tout simplement qu’il ne s’agit pas d’une foi purement conceptuelle en un lointain et hypothétique événement, mais au qu’on croit en sa venue aujourd’hui même !
De fait, s’il s’agissait seulement de croire en la venue du Machia’h, on pourrait très bien penser qu’il s’agit d’un événement appartenant à un futur indéfini. La Torah nous demande de l’attendre, de sorte que nous croyions chaque jour qu’il peut venir à n’importe quel moment. On n’« attend » pas un événement qui doit se dérouler dans des dizaines ou des centaines d’années.
En affirmant que croire en la venue du Machia’h sans pour autant l’attendre revient à « renier la Torah et notre maître Moïse », Maïmonide nous enseigne ce qu’est la véritable foi juive en la venue du Machia’h : ce n’est pas seulement croire qu’il finira bien par venir, mais croire qu’il viendra aujourd’hui même. Dès lors, celui qui y croit de façon théorique, mais qui ne croit pas qu’il viendra aujourd’hui même, n’a pas une foi intègre en la délivrance messianique. Celle-ci exige de croire en sa venue immédiate et donc d’attendre chaque jour sa venue.

Exiger la délivrance

L’attente de la Délivrance est également l’une des principales vertus par le mérite desquelles celle-ci arrivera, et à même d’en accélérer l’avènement. Ainsi peut-on lire dans le Midrache3 : « Isaac dit devant l’Éternel : Maître du monde ! N’y aurait-il pas de retour possible pour les fils ? L’Éternel lui répondit : Ne parle pas ainsi. S’il y a une génération qui attend mon royaume, ils seront délivrés sur-le-champ, comme il est dit : “Il y a un espoir pour ta fin, ainsi a parlé l’Éternel, et les fils reviendront sur leur territoire.” »
Le ‘Hyda4 rapporte qu’il est dit dans le Midrache Yalkout Téhilime5 « Quand bien même le peuple d’Israël n’aurait d’autre mérite que l’espérance, il mériterait la Délivrance en récompense de cette espérance. » Le ‘Hyda explique que lorsque le peuple juif demande la Délivrance, on pourrait lui objecter qu’il n’a pas assez de mérites pour être délivré. Ce à quoi le peuple juif répond : « Nous avons l’espérance et, par cela, nous méritons que Tu nous délivres. »
De même que la Délivrance est hâtée par son attente, l’absence de celle-ci est un des principaux obstacles à son avènement. Car ne pas attendre la Délivrance, reviendrait pour le peuple juif à montrer qu’il s’accommode parfaitement de la situation actuelle lui convient parfaitement, ce qui a pour effet de repousser et de retarder la Délivrance. Rabbi Chimon bar Yo’haï affirme même que l’absence d’une telle attente suscite, dans le Tribunal Céleste, de graves réquisitoires contre le peuple juif : « Tous les milliers de Juifs tombés à la guerre au temps du roi David, ne moururent que parce qu’ils n’avaient pas réclamé la construction du Beth-Hamikdache. »6
Nous voyons donc à quel point il est vital d’attendre la Délivrance et de réclamer de l’Éternel qu’Il se hâte de nous délivrer. Les propos de l’auteur du ‘Hafets ‘Haïm sont, à cet égard, fort intéressants : « C’est plusieurs fois par jour que nous demandons la Délivrance. Toutefois, la seule requête ne suffit pas. Il faut exiger la Délivrance, à l’instar de l’ouvrier qui réclame son salaire. La loi étant que s’il ne le réclame pas, rien n’oblige à le payer le jour même. C’est dans cet esprit que nous devons réclamer notre Délivrance. »7
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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L'offrande

Une histoire du Ari Zal

par Yerachmiel Tilles

Rabbi Moché Haguiz, dans son livre Michnat ‘Hakhamim, écrit qu’il a entendu cette histoire de gens fiables à Safed qui étaient présents lors de cet événement.
Dans le milieu du 16ème siècle, un Juifconverso du Portugal s’installa dans la ville sainte de Safed. Privé dans sa jeunesse de la possibilité de pratiquer ouvertement la religion de ses pères, il était ravi d’être enfin capable de faire.
Des années plus tard, il entendit de la bouche du rabbin de sa synagogue un exposé sur le le’hem hapanim, le « pain de proposition » qui était offert au Saint Temple chaque Chabbat (voir Lévitique 24, 5-9). Après avoir examiné les diverses lois et procédures régissant la préparation de cette offrande et abordé sa signification mystique, le rabbin déplora le fait que, à cause de nos péchés, nous n’avons plus ce moyen simple d’être agréés par D.ieu.
Le Juif prit ces paroles à cœur. Une fois rentré chez lui, il demanda à sa femme de préparer deux ‘hallahs spéciales ce vendredi. Il lui raconta tous les détails dont il se souvenait de la leçon sur les pains de proposition. Elle devrait tamiser la farine treize fois, la pétrir en étant elle-même dans un état de pureté rituelle et très bien cuire la pâte dans leur four. Il lui dit qu’il voulait présenter ces pains comme une offrande à D.ieu ; il espérait que D.ieu les considérerait comme un sacrifice acceptable et qu’Il les consommerait.
Son épouse accomplit fidèlement sa requête et, tôt dans l’après-midi de vendredi, alors que la synagogue était vide, l’homme y apporta les pains dissimulés sous son manteau. Il pria et supplia D.ieu de considérer favorablement son offrande, et de manger et d’apprécier ce merveilleux pain fraîchement cuit. Il insista encore et encore, comme un fils rebelle mendiant le pardon de son père. Puis il plaça les pains, enveloppés dans un linge, dans l’Arche Sainte, sous les rouleaux de la Torah et quitta rapidement les lieux en direction de sa maison.
Le chamach (bedeau) de la synagogue arriva plus tard sur place pour terminer la préparation de la choul pour le saint Chabbat. L’une des tâches dont il devait s’acquitter était de vérifier que le rouleau de la Torah était roulé au bon endroit pour la lecture du lendemain matin. Quand il ouvrit l’Arche, il fut surpris de voir qu’un paquet avait été soigneusement placé à l’intérieur. Il l’ouvrit et voilà qu’il contenait deux magnifiques pains de Chabbat ! Il n’avait pas la moindre idée d’où ils provenaient, mais il n’y pensa pas trop ; il décida simplement de les ramener chez lui et de les manger – après tous, ils avaient l’air et sentaient délicieusement bon !
Et ils étaient effectivement délicieux. Le gardien fut enchanté de cet « avantage en nature » inattendu dans son travail.
Ce soir-là, le Juif attendait avec impatience la fin des prières. Quand tout le monde eut quitté la synagogue, il s’approcha de l’Arche avec émoi et en ouvrit vivement les portes. Les pains n’étaient plus là ! Il était tellement heureux. Il se précipita à la maison pour partager sa joie avec sa femme. Il proclama innocemment que D.ieu n’avait pas dédaigné les pauvres efforts de gens aussi insignifiants qu’eux. Oui, Il avait accepté leurs deux pains, et les avait mangés pendant qu’ils étaient encore chauds !
« Par conséquent, l’exhorta-t-il, ne soyons pas paresseux, car nous n’avons pas d’autre moyen de L’honorer et nous voyons qu’Il aime notre pain. Chaque semaine, nous devons essayer de Lui donner ce plaisir avec le même soin et le même dévouement que cette première fois. »
Sa femme fut conquise par son enthousiasme sans réserve et coopéra volontiers. Chaque vendredi matin, elle prépara fidèlement deux superbes pains, accordant une attention particulière à chaque détail, grand ou petit, et, chaque vendredi après-midi, il les déposait à la synagogue et priait avec ferveur que D.ieu les accepte.
Et, chaque vendredi, le bedeau arrivait et mangeait joyeusement les délicieuses ‘hallahs. Et tous les vendredis soirs, le Juif portugais en extase annonçait à sa femme qu’une fois de plus leur maigre offrande avait été acceptée.
Il en fut ainsi pendant des semaines et des mois.
Un vendredi, le rabbin de la synagogue resta sur place beaucoup plus tard que d’habitude, jusque dans l’après-midi. C’était ce même rabbin qui avait fait le discours au sujet des « pains de proposition » qui avait tant inspiré le conversodu Portugal. Il se tenait sur la bimah (l’estrade de lecture), révisant le sermon qu’il envisageait de donner le lendemain quand, à sa grande surprise, il vit un de ses fidèles entrer en transportant deux miches de pain, s’avancer jusqu’à l’Arche et les déposer à l’intérieur. Il se rendit compte que l’homme n’avait pas remarqué sa présence et il l’entendit prononcer des prières ferventes pour que D.ieu accepte son offrande et profite des ‘hallahs.
Le rabbin écouta avec stupéfaction. Au début, il était silencieux, mais comme il commençait à comprendre ce qui se passait, sa colère s’enflamma. Incapable de se contenir plus longtemps, il éclata : « Arrête ! Tu es fou ! Comment peux-tu penser que notre D.ieu mange et boit ? C’est un terrible péché d’attribuer des qualités humaines ou physiques à D.ieu Tout-Puissant. Crois-tu vraiment que c’est D.ieu qui prend tes misérables pains ? C’est probablement lechamach qui les mange ! »
À ce moment, le bedeau entra dans la synagogue, s’apprêtant allègrement à prendre ses ‘hallahs, comme d’habitude. Il fut un peu surpris de voir le rabbin et un autre homme dans les lieux. Le rabbin s’adressa immédiatement à lui : « Dis à cet homme pourquoi tu es venu ici aujourd’hui, et qui prend chaque semaine les deux ‘hallahs qu’il apporte ici ! »
Le bedeau reconnut les faits sans problème. Il n’était pas gêné du tout. Il ne pouvait pas comprendre pourquoi le rabbin était si agité, ni pourquoi il criait à l’autre homme qui avait l’air si malheureux et qu’il savait être un Juif ignorant, mais sincère.
Alors que le rabbin continuait sa réprimande, l’homme fondit en larmes. Il était écrasé. Non seulement n’avait-il pas fait une mitsva comme il l’avait cru, mais il semblait qu’il s’était plutôt rendu coupable d’un grand péché. Il s’excusa auprès du rabbin pour avoir mal compris sa leçon sur les pains de proposition et le supplia de lui pardonner. Il quitta la synagogue dans la honte et le désespoir. Comment avait-il pu se tromper à ce point ? Que pouvait-il faire maintenant?
Peu de temps après, un messager du « Saint Ari », Rabbi Its’hak Louria, entra dans la synagogue et s’approcha du rabbin. Au nom de son maître, il dit au rabbin de rentrer à la maison, de dire au revoir à sa famille et de se préparer : à l’heure fixée pour son sermon du lendemain matin, son âme aurait déjà quitté ce monde vers son repos éternel. Ainsi avait-il été annoncé au Ciel.
Le rabbin ne pouvait pas croire ce qu’il venait d’entendre, et le disciple ne savait pas non plus le lui expliquer. Alors il alla directement voir le Ari. Celui-ci confirma le message et ajouta, aussi doucement que possible : « J’ai entendu que c’est parce que tu as interrompu le plaisir de D.ieu, un plaisir tel qu’Il n’en avait pas connu depuis le jour où le Saint Temple fut détruit. C’est ce qu’Il ressentait quand cet innocent converso apportait ses deux précieux pains dans ta synagogue chaque semaine, les offrant sincèrement à D.ieu du profondde son cœur, avec joie et crainte, et croyant que D.ieu les prenait, jusqu’à ce que tu aies irrémédiablement détruit son innocence. Pour cela, le décret a été scellé contre toi, et il n’y a aucune possibilité de le modifier. »
Le rabbin rentra chez lui et dit à sa famille tout ce qui s’était passé. Au moment du sermon, le lendemain matin, son âme était déjà partie pour entendre la Torah dans l’Académie céleste, exactement comme l’avait dit le Ari.
Note biographique :Rabbi Its’hak Louria (1534-1572), connu comme « le Saint Ari », a révolutionné l’étude de la Kabbale et son intégration dans le système traditionnel du Judaïsme au cours des deux années qu’il a passées à Safed avant son décès à l’âge de 38 ans.
Pour en savoir plus sur le Ari Zal, Cliquez ici.
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La Rabbanit 'Haya Mouchka

Une brève biographie

4. Les années de guerre
par Shmuel Marcus

Après leur mariage, le jeune couple vécut à Berlin jusqu’en 1933. Lorsque les nazis prirent le pouvoir au printemps de cette année, ils fuirent à Paris. La Rabbanit suivit des cours à l’université tout en assistant le Rabbi dans ses propres études.
En 1939, l’Allemagne déclencha la Seconde Guerre mondiale en lançant une blitzkrieg (une attaque éclair) contre la Pologne. Le père de ‘Haya Mouchka, grâce à des pressions internationales organisées depuis l’Amérique, put quitter ce pays au début de 1940, alors que l’Allemagne était encore officiellement en paix avec les États-Unis. Rabbi Yossef Its’hak, accompagné de quelques membres de sa famille, arriva miraculeusement aux États-Unis sur le dernier bateau qui franchit l’Atlantique avant le début du blocus sous-marin allemand. Dès son arrivée à New York, il entreprit des efforts pour sauver le reste de sa famille du cataclysme qui débutait en Europe.
En mai 1940, la France fut envahie par l’Allemagne et capitula au bout de quatre semaines. Un régime à la solde des Allemands, mené par Philippe Pétain et Pierre Laval, fut mis en place à Vichy et le Rabbi et la Rabbanit, comme de très nombreux Juifs, fuirent à Nice dans le sud de la France, pour échapper à l’occupation nazie.
Lors de leur fuite, il y eut un terrible bombardement. Alors que les gens couraient en tous sens pour trouver refuge, la Rabbanit ‘Haya Mouchka vit qu’un obus allait tomber sur un homme qui se tenait non loin d’elle. Elle le poussa vivement à terre, lui sauvant ainsi la vie. En racontant cette histoire, la Rabbanit fit le commentaire suivant : « Il est vrai que je lui ai sauvé la vie, mais, lorsque l’on pousse un Juif, il faut faire téchouvah. »
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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lundi 9 février 2015



Bnei quoi ? 

Maintenant, je sais qu'Hachem se tiendra toujours là où je me trouve et qu'il peut Lui arriver d'approuver mes projets. Je sais que dans ce cas, Il me le fera savoir rapidement.

Je vais sans doute me mettre en situation délicate et déclarer qu'il existe un point commun à  tous lesBnei Noah [i]. Sans distinction d'âge, de race, de statut socio-économique, de genre ou de nationalité ; à la gauche – ou à la  droite – de l'échiquier politique, d'origine chrétienne, athée, etc., chaque Ben Noah[ii] a rencontré – au moins une fois dans sa vie – le visage incrédule et confus d'une personne lorsqu'il commence à parler de sa vie de Ben Noah. Le dialogue qui suit peut donner une idée assez précise du style de réaction à laquelle on peut s'attendre :
 
"Alors, de quelle religion es-tu ?"
"Cela n'est pas difficile ; tu sais sans doute ce qu'est un juif, n'est-ce pas ?" 
"Oh, je comprends : tu es juive."
"Non. Je crois au judaïsme mais..."
"Alors tu n'es pas juive."
"C'est vrai. Vois-tu, les juifs doivent respecter les 613 commandements et..."
"Ah bon ? 613 ?"
"Oui, je sais, c'est beaucoup. Les Bnei Noah eux, doivent en respecter seulement sept. Alors..."
"Les Bnei quoi ?”
"Ah, je vois...  Commençons par le début. Tu sais qui était Noah, n'est-ce pas ?"
"Le gars avec le bateau ?" 
"Oui!  Alors voilà, il y a certaines lois – qui datent de l'époque de No­ah – qui concernent toute l'humanité et... ne t'en vas pas ! Je ne suis pas folle !"
 
Quand je venais tout juste de commencer à m'intéresser à mon statut de “Bat Noah ”[iii], ce genre de réaction me dérangeait. Je ne suis pas le genre de fille qui apprécie vraiment d'être regardée comme si j'étais une religieuse légèrement farfelue. J'aime ma religion (chrétienne) et j'apprécie le discours un peu “vieille école” sur les valeurs de la famille, de l'honnêteté, etc.
 
Lorsqu'on me regarde comme si j'étais membre d'un culte, je sens quelque chose bouillir en mon fort intérieur. Cependant, même si j'ai été plus souvent que je l'aurais voulu suspectée d'être une “originale”, je me suis relevée rapidement de ces moments difficiles. Pour quelle raison ? Parce qu'Hachem [iv] m'a rassurée grâce à mes prières fréquentes et qui viennent du fond de mon cœur. Ces prières sont une véritable bouée de sauvetage dans les moments difficiles.
 
Lorsque j'ai commencé à parler à Hachem, j'ai eu rapidement le sentiment d'être liée à une véritable source de puissance. Je dois vous avouer qu'au début, cette source me semblait effrayante. Auparavant, je pensais que les gens religieux parlaient au ciel – ou à quelque chose qui se trouvait dans leur tête – et que l'intérêt principal de cette activité était d'ordre thérapeutique. À vrai dire, je pensais que certains étaient réellement cinglés et que la plupart d'entre eux ne devaient certainement pas être très “clairs”. Parler à Hachem ? Ce qu'ils croyaient semblait être de la fiction, une fiction bizarre.
 
Cependant, lorsque je fais ce que Rabbi Na'hman a dit – même quand je ne crois pas vraiment que cela peut avoir un effet concret – je constate souvent que les effets concrets… ne se font pas attendre très longtemps. Alors, je sais que cette "fiction" est vraie, comme je sais que ma mère m'aime.
 
Vous désirez un exemple ? Il y a quelques années, mon mari et moi n'arrivions pas à avoir d'enfants. Nous avions décidé de suivre un traitement de fertilisation in vitro. Si vous connaissiez le coût d'un tel traitement, à coup sûr vous me diriez que je suis folle ! Les factures des centres d'analyses ressemblaient à des confettis : il nous était impossible de les compter et nous n'en voyions pas la fin.   
 
Ce que mon mari et moi-même entendions souvent ressemblait à : "Madame, nous avons décidé de vous faire un ultrason aujourd'hui. Cela vous coutera 316 € et en espèces s'il vous plaît. Maintenant, ne vous plaignez pas car il s'agit d'un prix spécial pour vous…” Nous avons essayé ce “régime” pendant plusieurs années. C'était notre chance et nous pensions que c'était la seule.
 
Cependant, un certain jour, j'ai appris que Rabbi Na'hman avait souvent parlé de l'importance de sortir de chez soi pour aller parler – littéralement – à D-ieu et lui faire part de nos besoins, même si ces derniers sont purement matériels. Cela tombait à pic car nous avions besoin d'argent… et un besoin urgent. Le coût des soins médicaux devenait tellement exorbitant que nous commencions à penser à y mettre fin un jour ou l'autre. 
 
Je vais être honnête : je ne trouvais pas cette idée très reluisante. Je veux dire, parler à D-ieu de mes problèmes d'argent me semblait un peu… fade. L'argent n'est pas toujours propre alors que D-ieu est pur. De plus, demander de l'argent pour moi tandis que le monde est rempli de personnes qui ont faim… J'étais convaincue qu'un coup de tonnerre lumineux allait m'immobiliser à la seconde où j'ouvrirais la bouche pour demander l'aide de D-ieu. Malgré tout, je suis sortie et j'ai expliqué la situation à Hachem, tout en m'excusant. 
 
La promenade fut sans histoire. Me sentant légèrement embarrassée, je rentrais chez moi ; j'avais au moins ressenti l'air froid rafraichissant de l'automne qui coiffait la pelouse et le froissement de mon jeans ; j'errais dans la maison pendant près de dix minutes… et le téléphone sonna. C'était la compagnie de livraison de produits pharmaceutiques. Une employée extrêmement gentille nous avait aidés à remplir une énième demande de remboursement à notre compagnie d'assurance.
 
En fait, nous avions fait cette demande sans y croire vraiment car celle-ci suivait une autre qui venait d'être refusée. De plus, le montant de la dernière demande était tellement important que j'aurais pu me payer avec cet argent une semaine de vacances – pour mon mari et moi – à l'autre bout du monde !
 
Eh bien, vous savez quoi ? En dépit du fait que la compagnie d'assurance avait été le jour d'avant catégorique sur le refus de payer pour les médicaments, elle était d'accord pour couvrir notre nouvelle demande. Elle avait calculé le montant que nous avions économisé pour les premiers articles de la liste et la somme nous fut réglée en quarante-huit heures. L'employée de la compagnie n'en revenait pas. Elle riait et balbutiait ; pour un peu, on aurait cru que c'était elle qui était la première concernée !
 
Dix mois plus tard, un petit garçon potelé est né et notre vie est passée du noir et blanc à la couleur.
 
Ce qui m'amuse le plus à propos de la façon dont s'est déroulé cet évènement, c'est de prendre conscience qu'en fin de compte, D-ieu me connait bien. Il sait que je peux être assez superficielle et qu'une manière efficace d'attirer mon attention consiste à faire tomber de l'argent du ciel pour me permettre de payer une facture. Il n'y a rien d'abstrait à propos du paiement d'une facture. Plus important encore, il n'y a rien d'abstrait à propos de ce merveilleux bébé qui se trouve dans notre salon.
 
Cela donne bizarrement une nouvelle saveur aux discussions religieuses à propos de Noah. Maintenant, je sais qu'Hachem se tiendra toujours là où je me trouve – sans prétention – et qu'il peut Lui arriver à l'occasion d'approuver mes projets. Je sais que dans ce cas, Il me le fera savoir rapidement. Aussi simple que cela.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.

En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.