Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

dimanche 7 avril 2013

Un service de D-ieu progressif

Donnons la Tsédaka avant d’étudier notre « lettre de Torah » ! 

Dimanche 27 Nissan 5773

Après nous avoir enseigné dans les sidrots précédentes les lois propres aux animaux, la Thora nous délivre dès la paracha Tazria, les enseignements qui concernent l'être humain.

Que justifie un tel ordre ?

Rachi rapporte au nom de Rabbi Simlaï la réponse suivante. De même que la création des animaux précéda celle de l'homme, ainsi ses lois nous sont délivrées après celles du règne animal. Pour autant, les commentateurs s'interrogent sur le bien-fondé de cette démonstration. L'homme a certes été créé après l'animal, mais cela ne justifie en rien que les lois le concernant soient exposées après celles s'appliquant aux bêtes !?

L'homme doit s'élever dans son service de D-ieu progressivement. Bien qu'il soit doté de capacités intellectuelles et sentimentales très supérieures à celles de l'animal, l'être humain présente une faiblesse. Il est capable de désirer ce qui va à l'encontre de la volonté de D-ieu . Aucune bête ne présente une telle déficience. Toute sa vie durant, elle ne fera et ne désirera que ce qui est la volonté de l'Eternel. En cela, l'homme est plus grossier que l'animal. Dès lors il nous apparaît doté d'un corps qui sera plus difficile à élever vers D-ieu .

C'est pourquoi, la Thora nous enseigne tout d'abord les lois propres aux bêtes avant de nous délivrer celles qui nous concernent. Elle nous invite à commencer par élever le règne animal vers D-ieu, lui qui présente de plus grandes prédispositions à réaliser la volonté de l'Eternel. Seulement alors, nous nous attèlerons à raffiner le règne humain, qui présente bien des réticences face à une telle démarche !


Que D. fasse que de même que notre peuple s'est pleinement investi au fil des générations afin de réaliser la volonté de D-ieu ici-bas, qu'ainsi dès aujourd'hui se réalise la promesse de l'Eternel de résider pleinement parmi nous, en recevant dès maintenant notre juste Machia'h.

Issu d'un Discours du Rabbi de Loubavitch- Likoutei Sih'ots Vol VII - Paracha Metsora.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l'oeil nu


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

jeudi 4 avril 2013

Consumés

Donnons la Tsédaka avant d’étudier notre « lettre de Torah » !

25 Nissan 5773 

L’un des événements majeurs de la paracha de Chemini est la mort des deux fils aînés d’Aaron, Nadav et Avihou qui « offrirent un feu étranger devant D.ieu qu’Il n’avait pas ordonné ». Le résultat fut qu’« un feu sortit de D.ieu et les consuma et ils moururent devant D.ieu. »

De nombreux éléments du récit de la Torah, ainsi que dans les commentaires de nos Sages, indiquent que l’acte de Nadav et Avihou ne constituait pas un « péché » en soi. La Torah rapporte les paroles que Moïse adressa à Aaron, immédiatement après la tragédie : « Voici ce que D.ieu a dit : “Je serai sanctifié par ceux qui Me sont proches.” » Rachi, citant le Talmud et le Midrach, explique ainsi ces paroles :

Moïse dit à Aaron : « Quand D.ieu a dit : “Je serai sanctifié par ceux qui Me sont proches”, je pensais que cela se référait à toi et à moi, maintenant je vois qu’ils sont plus grands que nous deux. »

Rabbi ‘Haïm ben Attar écrit dans son commentaire « Ohr Ha’haïm » à propos de ce verset:

[Leur mort fut] une mort par un « baiser » divin comme celle que connaît le juste parfait. La différence est seulement que les justes meurent quand le « baiser » divin les approche, alors qu’eux moururent en l’approchant... Bien qu’ils aient senti leur fin arriver, cela ne les retint pas de s’approcher [de D.ieu] dans l’attachement, le plaisir, la délectation, la fraternité, l’amour, le baiser et la douceur, au point que leurs âmes les quittèrent.

Les maîtres ‘hassidiques expliquent que la vie – la présence d’une âme spirituelle dans un corps physique – implique un fragile équilibre entre deux puissantes forces de l’âme: ratso (l’aspiration, la fuite) et chov (le retour, s’installer). Ratso est l’aspiration de l’âme à la transcendance, son désir de se dégager de l’étroitesse de la vie matérielle et de parvenir à l’union totale avec son Créateur et Source, dans laquelle il se fondra en Lui. Cependant, en même temps, chaque âme humaine possède également le chov, un désir d’accomplissement, un engagement à vivre une vie matérielle et à marquer le monde physique de son empreinte.

C’est pourquoi l’Écriture appelle l’âme de l’homme «une lampe de D.ieu». La flamme d’une lampe s’élance vers le haut, comme pour se libérer de la mèche et se perdre dans les océans d’énergie qui parcourent les cieux. Mais, alors même qu’elle s’étire vers le haut, la flamme se retient également, resserrant son attache à la mèche et s’abreuvant avec avidité de l’huile de la lampe qui entretient son existence en tant que flamme individuelle. Et c’est cette tension induite par deux énergies contraires, ce vacillement entre l’existence et la dissolution, qui produit sa lumière.

Il en va de même pour l’âme de l’homme. L’aspiration à échapper à la vie physique est refrénée par la volonté d’être et d’accomplir qui, à son tour, est contenue par le désir de spiritualité et de transcendance. Quand les engagements de l’homme dans le monde menacent de le submerger et d’en faire leur prisonnier, le ratso de l’âme résiste en réveillant son désir d’entrer en contact avec sa source en D.ieu ; et quand la spiritualité de la personne menace de l’emporter vers les sphères du sublime, le chov de l’âme intervient, éveillant un désir pour la vie matérielle et les accomplissements concrets. Ensemble, le conflit et la collision de ces deux tendances produisent une flamme qui illumine son environnement d’une lumière divine : une vie qui échappe à l’appel de la terre, alors même qu’elle interagit avec elle et la développe en adéquation avec la vision spirituelle de l’âme.

Ainsi, le « feu divin » qui consuma les âmes de Nadav et Avihou est-il ce même feu qui est présent au cœur de chaque âme : le désir ardent de l’âme de se libérer des oripeaux matériels qui l’éloignent de sa Source. Nadav et Avihou « s’approchèrent de D.ieu » et cédèrent à la tentation d’alimenter le ratso de leurs âmes au point que celui-ci submergea leur chov et qu’ils se dégagèrent alors du « cycle » de la vie. Ainsi leurs âmes brisèrent-elles littéralement leur lien avec leur corps et furent totalement consumées dans une union extatique avec D.ieu.

C’était là cependant un « feu étranger », un feu que « D.ieu n’avait pas ordonné ». L’homme n’a en effet pas été créé pour consumer son être physique dans un feu d’extase spirituelle. Bien qu’Il ait doté notre âme d’un désir pour la transcendance de soi, D.ieu désire que nous ancrions notre ferveur dans la réalité. Il veut que nous «installions» cette aspiration dans notre être physique, que nous l’absorbions et en faisions une partie de notre expérience quotidienne.

Après la mort de Nadav et Avihou, D.ieu commanda spécifiquement que leur exemple ne soit pas reproduit :

Et D.ieu parla à Moïse après la mort des deux fils d’Aaron qui s’étaient approchés de D.ieu et étaient morts : « ... Parle à Aaron ton frère pour qu’il ne vienne pas à toute heure dans le Saint... de sorte qu’il ne meure pas... »

Le Rabbi de Loubavitch ajoute :

Le but de ce commandement divin n’était pas de limiter le degré de transcendance de soi et de proximité de D.ieu accessible à l’homme. Au contraire, ce commandement nous a donné la force de contenir, en tant qu’êtres humains vivants, ce même feu qui consuma les âmes de Nadav et Avihou. C’est pourquoi le « feu étranger » des deux fils d’Aaron était également « étranger » dans un sens positif : un acte sans précédent qui introduisit une nouvelle approche dans le service de D.ieu par l’homme.

Ceci, dit le Rabbi, est le sens d’une remarque que l’on attribue au fondateur du mouvement ‘hassidique, Rabbi Israël Baal Chem Tov : « C’est seulement par un effet considérable de la grâce divine que l’on reste en vie après la prière. »

La prière est la tentative de transcender les enchevêtrements de la vie matérielle et de se rapprocher de son essence et de sa source en D.ieu. Quand une personne parvient réellement à cette proximité – quand elle prie réellement –, elle peut connaître un attachement à D.ieu de l’ampleur de celui qui « libéra » les âmes de Nadav et Avihou. Mais D.ieu nous a donné la capacité (par le fait même qu’Il nous l’a ordonné) d’intégrer de si sublimes expériences dans notre existence humaine au quotidien.

Ainsi, le mouvement de va-et-vient perpétuel de la vie est plus qu’un cycle qui passe de l’existence au néant et du néant à l’existence. Il s’agit plutôt d’une spirale ascendante: l’homme échappe à sa finitude d’être humain, mais est poussé à y revenir pour faire de ses acquis spirituels transcendants une part intégrante de son existence personnelle ; à son retour sur terre, sa nature « fugueuse » s’affirme de nouveau, l’obligeant à dépasser aussi les dimensions nouvellement élargies de son existence ; puis, alors qu’il transcende son nouveau moi, son chov le ramène de nouveau à la réalité.

Oscillant d’avant en arrière, s’élançant vers le haut et revenant à soi, la flamme de l’homme danse à mesure que ses deux volontés les plus intrinsèques conspirent pour l’entraîner à combler des fossés toujours plus larges entre la transcendance et l’immanence, entre l’idéal et le réel.


Que D… fasse que ces deux tendances qui vivent en nous nous donnent le mérite d’appeler du fond du cœur la réception de notre juste Machia’h immédiatement.

Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch- Chemini - (MeaningfulLife.com)

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l'oeil nu


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

Récipients en terre - L'argile, la glaise, la terre... et nous


Donnons la Tsédaka avant d’étudier notre « lettre de Torah » ! 

24 Nissan 5773

La Paracha de cette semaine traite des lois complexes relatives à la pureté rituelle, toumah et tahara.

La Torah nous dit que « Tout récipient en terre dans lequel une [créature impure] tomberait... sera impur. »

La loi juive fait une distinction intéressante entre différents types d’ustensiles. Si une source d’impureté pénètre l’espace intérieur d’une poterie de terre, quand bien même elle n’entrerait pas en contact avec ses parois, l’ustensile devient impur. En revanche, si elle ne pénètre pas dans l’ustensile, même si elle en touche les parois à l’extérieur, l’ustensile demeure pur.

Avec tous les autres ustensiles, c’est l’inverse : le fait qu’une source d’impureté soit placée dans leur espace intérieur ne les rend pas impurs, alors que le contact de cette impureté les rend impurs.

Pourquoi cela ?

La valeur d’un ustensile en bois ou en métal ne réside pas uniquement dans sa fonction de contenant. Le matériau qui le constitue possède une valeur intrinsèque. En revanche, un ustensile constitué de simple terre n’a de valeur qu’à travers sa fonction de récipient. En conséquence, son statut de pureté rituelle est déterminé par ce qui se passe à l’intérieur de lui. L’extérieur du récipient, en soi, n’a pas de valeur intrinsèque.

Il y a une leçon, simple, mais ô combien belle, qui peut être apprise de ces lois complexes.

La Torah nous enseigne, « D.ieu forma l’homme de la poussière de la terre, et Il insuffla dans ses narines une âme vivante. » Nous autres, humains, sommes des ustensiles en terre! L’Éthique des Pères nous enseigne : « Ne considère pas le récipient, mais ce qu’il y a dedans. » Ainsi nous devons nous rappeler que notre valeur ne réside pas dans notre aspect physique et matériel, dans notre « extérieur », mais dans notre «contenu» intérieur. Ce qui se rapporte à la personnalité profonde et à l’âme est ce qui détermine une personne, non son aspect superficiel.


Que D…fasse que notre « contenu » trouve grâce aux yeux de D… et que nous ayons ainsi le mérite de recevoir notre juste Machia’h aujourd’hui même

Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch- Paracha Chemini

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l'œil nu

En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


mercredi 3 avril 2013

Le jour et la nuit

23 Nissan 5773

À propos de la fête de Pessa'h, le texte de la Torah souligne avec précision à quel moment de la journée les deux événements commémorés à cette occasion arrivèrent. Elle nous dit ainsi que c'est « au milieu de la nuit » qu'intervint la libération du peuple juif et « au milieu du jour » sa sortie concrète d'Égypte. 

Il ne s'agit pas ici que de notions liées au déroulement du temps. Le « jour » représente la lumière tandis que la « nuit » est le symbole de l'obscurité. C'est d'autant plus vrai que le verset prend soin d'indiquer que, dans l'un et l'autre cas, il s'agissait du «milieu» de la période, c'est-à-dire du cœur du jour ou de celui de la nuit. Il apparaît donc que tout cela doit être compris en son sens spirituel.

En effet, dans la vie juive, certains éléments peuvent être qualifiés de « jours » ou de «lumières» et d'autres, de « nuit » ou d'« obscurité ». Ainsi, D.ieu ordonne à chaque Juif d'accomplir Ses commandements. Ces actes-là sont des « actes de lumière », car ils éclairent le monde. Par ailleurs, chacun vit dans le monde matériel et les actes quotidiens qu'il y réalise ne sont pas « lumineux » par eux-mêmes. Actes profanes, ils sont « obscurité » et ne reçoivent leur lumière que du lien avec la Torah. Pourtant, accomplis pour servir au cœur du monde, ils peuvent aussi devenir libérateurs.

C'est précisément ce que nous enseigne l'histoire de Pessa'h. Le « milieu de la nuit » peut aussi être une libération. Il peut conduire à la « sortie d'Égypte » spirituelle du « milieu du jour ».

Pour atteindre ce but, l'acte « profane » doit être fait avec don de soi, lien absolu avec D.ieu. C'est ainsi que nous pouvons sortir d'Égypte, de toutes les limites qui restreignent notre attachement à D.ieu et mériter la plus grande des révélations divines.

D’après une lettre du Rabbi de Loubavitch- 11 Nissan 5744 (1984)


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

jeudi 28 mars 2013

La liberté en cinq dimensions

18 nissan 5773 

Nos Sages évoquent le lien étroit qui existe entre l’individu et l’histoire du peuple juif que raconte la Torah. Les grands événements de l’esclavage en Égypte et l’Exode relatés dans notre Paracha peuvent avoir lieu dans le monde intérieur de chaque homme ou femme d’aujourd’hui.

Un exemple de cela est le récit des plaies, un thème central de la Paracha de Vaéra. Lorsque nous lisons la Haggadah, à Pessa’h, nous en chantons la liste, versant une goutte de vin à l’évocation de chacune d’entre elles. Et puis la Haggadah rappelle une discussion à leur propos entre deux Sages anciens : Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva.

Rabbi Eliézer affirme que chaque plaie consista en fait en quatre plaies. D’après Rabbi Akiva, ce n’était pas quatre, mais cinq. Assis à la table du Séder, lisant dans la Haggadah maculée de vin, nous nous hâtons vers la consommation de la Matsa, des herbes amères et du repas. Mais que nous enseignent ces deux Sages aujourd’hui ?

C’est ici que nous pouvons découvrir quelque chose sur la possibilité de quitter l’Égypte à un niveau personnel et intérieur.

La fonction des plaies dans l’histoire fut de briser le pouvoir maléfique de l’Égypte et du Pharaon, le tyran qui avait asservi le peuple juif. À l’intérieur de nous, les plaies sont les efforts que nous faisons pour nous libérer de notre propre situation de servitude. Par qui ou par quoi sommes-nous asservis ? Par nos propres désirs négatifs, par notre propre égocentrisme.

Et cet esclavage intérieur se compose de quatre niveaux, selon Rabbi Eliézer, ou de cinq, selon Rabbi Akiva. Comprendre ceci nous permet de mieux appliquer les « plaies » pour libérer notre moi intérieur.

Le premier niveau se rencontre lorsque le penchant négatif a tellement de force à l’intérieur de nous qu’il peut nous obliger à faire quelque chose de répréhensible. C’est le niveau simple et ordinaire de la vie quotidienne, dans lequel on lutte pour garder le contrôle de son comportement.

Le second niveau d’esclavage, plus subtil, est celui où on fait ce qui est bien, tout en étant constamment préoccupé de ce que les autres vont penser de soi. On est pris au piège dans sa propre vision de la société.

Le troisième niveau est encore plus délicat. L’individu éprouve un sentiment de liberté et se pose au-dessus des opinions des autres. Cependant, il reste limité par son propre intellect et sa compréhension. Il demeure froid, sans passion. Contrastant avec un tel état, les enseignements du Judaïsme exigent de nous d’être capables de dépasser cette limite : « Tu aimeras D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Il est des situations qui exigent plus qu’une froide rationalité.

Le quatrième niveau est celui où l’homme peut dépasser la compréhension. Il agit dans le sacrifice de soi. Pour Rabbi Eliézer, c’est là le niveau le plus élevé que l’on peut atteindre.

Mais Rabbi Akiva y voit encore un problème. On peut encore être piégé par la conscience de sa propre vertu : « Je me sacrifie ! Ne suis-je pas merveilleux ? » Pour Rabbi Akiva, le cinquième niveau de liberté est atteint lorsqu’on s’est complètement libéré de son ego.

On peut alors totalement se dévouer au service de D.ieu, apportant finalement la rédemption pas seulement à soi-même, mais à la Création tout entière.

Que D… fasse que ces quatre et cinq étapes de la sortie d’Egypte déjà réalisés par le peuple juif nous donnent le mérite de recevoir notre juste Machiah’ en cet instant.



Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch – Pessa’h



En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

Sautez ! Pour un présent réellement libre

17 nissan 5773 

Les philosophes et les physiciens sont, les uns comme les autres, préoccupés par le passé (bien que pour différentes raisons). Nous savons que toute action suscite une réaction et que tout événement devient la cause de nombreux événements ultérieurs. Considérez que la réalité est le fruit de milliards d’événements et de faits qui ont tous conspiré ensemble pour décréter ce point unique qu’est maintenant. Le moindre changement dans n’importe quel événement passé aurait altéré cette équation et produit un résultat différent. En termes simples, le présent – ce que je m’apprête à faire et ce qui va m’arriver en ce moment même – est la somme et le produit de tout ce que j’ai fait et de tout ce qui m’est arrivé jusqu’à maintenant.

Les philosophes sont ennuyés par cette idée parce que l’homme pensant a tendance à se considérer comme une créature dotée de libre arbitre. Les physiciens ont un problème avec elle, parce que leurs microscopes et leurs accélérateurs de particules révèlent un univers aléatoire. Quant au reste d’entre nous, nous nous réveillons chaque matin sur un jour nouveau, mais ne tardons pas à ressentir le poids familier de nos « hiers » qui nous précipite vers les routines des habitudes et des besoins. Malgré cela, nous continuons à croire que nous contrôlons la situation, qu’avec une quantité suffisante d’efforts résolus, nous pourrons – et allons – nous libérer.

Le calendrier juif réserve huit jours, chaque année, pour célébrer cette foi. Les huit jours de Pessa’h, « le temps de notre liberté », représentent la conviction qu’à chaque moment nous avons la possibilité de sortir, selon les mots de la Haggadah, « de l’esclavage à la liberté, de la tristesse à la joie, du deuil à la célébration, de l’obscurité à la lumière éblouissante, des entraves à la rédemption. »

C’est ainsi que nos Sages ont prescrit que l’Exode d’Égypte est un événement qui doit se répéter à chaque génération de notre histoire, et à chaque jour de notre vie. Car, qu’est-ce qu’un « Exode », sinon la capacité d’un peuple de sortir de son passé, de s’affranchir des limites de son environnement, et de donner naissance à un nouveau soi qui sera indépendant de la matrice d’où il aura émergé.


Il y a en cela le sens profond du nom de la fête : le mot hébraïque « Pessa’h » signifie littéralement « sauter par-dessus ».

« Marcher » ou « courir » implique un déplacement, mais ce sont des déplacements qui s’appuient sur votre emplacement antérieur, et en sont déterminés. Un pied quitte le sol, mais l’autre y reste posé pour fournir l’élan nécessaire. Le mouvement peut être important ou minime, lent ou rapide, mais en tout état de cause, chaque pas découle du précédent.

Un « saut », lors duquel les deux pieds quittent le sol, implique une rupture avec le passé – un saut quantique plutôt qu’une avancée graduelle, une renaissance plutôt qu’une maturation.

Et pourtant, le but du saut n’est pas d’atteindre les cieux et d’y rester. Ce serait se tromper de démarche. L’idée en est de revenir au sol, non seulement deux ou trois enjambées plus loin, mais en étant devenu une personne différente de celle qui s’est élancée pour bondir. Revenir à son passé, non comme un prisonnier lié par ses lois, mais comme un maître venant d’en haut pour l’utiliser et le façonner selon ses nécessités, à mesure qu’il progresse dans son voyage. Jusqu’au prochain saut.


Que D… fasse que les preparatifs à « Pessa’h » au saut a réaliser cette ci, nous donne le mérite de recevoir notre juste Machia’h en cet instant.

Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch – Pessa’h 

En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

lundi 25 mars 2013

Le cinquième fils (absent) au Séder

14 Nissan 5773

Par la grâce de D.ieu
11 Nissan 5717
[12 avril 1957]
Brooklyn, N.Y.

Salutation et bénédiction,

La Fête de Pessa’h est introduite par le thème central « Lorsque ton fils te demandera », et la Haggadah est basée sur le commandement de la Torah « Alors tu diras à ton fils... »

Il existe différentes façons de poser des questions et de formuler des réponses selon que le fils appartient à la catégorie du « Sage », de l’« Impie », du « Simple » ou de « Celui qui ne sait pas interroger ».

Si les « Quatre Fils » diffèrent les uns des autres dans leur réaction au rituel du Séder, ils ont une chose en commun : ils sont tous présents au Séder. Même le soi-disant fils « impie » est là à manifester activement, quoique de façon rebelle, son intérêt pour le déroulement de la vie juive autour de lui. Cela, du moins, justifie l’espoir qu’un jour « l’Impie » lui aussi deviendra sage, et que tous les enfants juifs qui assistent au Séder deviendront des Juifs consciencieux qui observent la Torah et les Mitsvot.

Malheureusement, il existe, en cette époque de confusion et d’obscurité, une autre sorte d’enfant juif : l’enfant qui brille par son absence au Séder, celui pour qui la Torah et les Mitsvot, les lois et les coutumes juives, n’ont pas le moindre intérêt, celui qui n’est même pas conscient du Séder-chel-Pessa’h, de l’Exode d’Égypte et de la Révélation au Sinaï qui suivit.

C’est un grave problème, qui doit mobiliser toute notre attention, bien avant Pessa’h et le soir du Séder. Car aucun enfant juif ne doit être oublié et abandonné. Nous devons déployer tous les efforts possibles pour sauver aussi cet enfant « perdu » et le ramener à la table du Séder. Déterminés à accomplir cela, et mus par un profond sentiment de compassion et de responsabilité, nous ne devons pas avoir peur de l’échec.

Lorsqu’il s’agit de remédier à une situation indésirable de quelque nature que ce soit, il est nécessaire de s’attaquer aux racines du mal. C’est également vrai dans ce cas.

La regrettable vérité est que la responsabilité de cette « génération perdue » repose exclusivement sur les épaules des parents.

Celle-ci est le résultat d’une psychologie erronée et d’une politique malencontreuse de la part de certains immigrants arrivés dans un environnement nouveau et étranger. Lorsqu’ils se trouvèrent n’être qu’une petite minorité et qu’ils rencontrèrent certaines difficultés – en grande partie inévitables dans tous les cas de relocalisation –, certains parents eurent l’idée erronée, qu’ils inoculèrent également à leurs enfants, que la manière de surmonter ces difficultés serait de devenir rapidement assimilés à leur nouvel environnement, en rejetant l’héritage de leurs ancêtres et en abandonnant le mode de vie juif. Trouvant le processus qui suivit quelque peu déplaisant, car un tel itinéraire est voué à être plein de conflit spirituel, certains parents décidèrent que leurs enfants devraient se voir épargnés ce conflit du tout au tout. Afin de justifier leur désertion et apaiser leur conscience blessée, il leur était nécessaire d’imaginer quelque justification, et ils se leurrèrent eux-mêmes, et leurrèrent leurs enfants, en prétendant que le mode de vie juif, avec le respect de la Torah et des Mitsvot, ne cadrait pas avec leur nouvel environnement. Ils recherchèrent, et donc aussi « trouvèrent », des défauts dans le véritable mode de vie juif, alors que tout dans leur environnement non juif leur semblait bon et attrayant.

Par cette attitude, ces parents espéreraient assurer l’existence et la survie de leurs enfants dans le nouvel environnement. Mais de quel genre d’existence s’agit-il, si tout ce qui est spirituel et saint est troqué pour du matériel ? Quel genre de survie est-ce, si cela signifie le sacrifice de l’Âme pour le confort du corps ?

Par ailleurs, dans leur fuite de la Yiddishkeit (ndt- identité juive), ils transformèrent ce qu’ils pensaient être une « fuite vers la liberté » en une fuite vers la servitude, en essayant pathétiquement d’imiter l’environnement non juif, sans voir qu’une telle imitation, par sa dimension caricaturale et le complexe d’infériorité qui l’accompagne, ne peut que susciter la moquerie et la dérision, et ne peut que heurter la sensibilité de ceux dont ils essaient si désespérément de gagner le respect et l’acceptation.

La même fausse approche du problème des minorités, dans laquelle la minorité malavisée cherche à assurer son existence à travers l’autodissolution, ce qui signifie essentiellement le suicide, ou, à tout le moins, l’automutilation, s’est non seulement imposée à des individus, mais est malheureusement devenue le credo commun de certains groupes qui se sont retrouvés rassemblés par un ensemble de circonstances. Cela a donné lieu à certains mouvements dissidents sur la scène juive qui, soit ouvertement, soit par la ruse, cherchent à saper la Torah que Moïse nous a ordonnée, telle qu’il la reçut du D.ieu Un et la transmit à notre peuple ; la Torah divine qui donne à notre peuple son caractère unique et distinctif parmi les nations du monde. En vérité, ces mouvements, tout en différant les uns des autres, ont une idéologie sous-jacente en commun, celui de « Nous serons comme les nations, comme les familles des pays, pour servir le bois et la pierre » (Ézéchiel 20, 32).

Les conséquences désastreuses de cette approche éminemment fallacieuse furent que des milliers et des milliers de Juifs furent déconnectés de leur source de vie, de leurs coreligionnaires et de leur vraie foi. Privés de vie et de contenu spirituel, ils élevèrent des enfants qui ne faisaient plus partie des « Quatre Fils » de la Haggadah, pas même de la catégorie de « l’Impie ». Ils sont presque totalement perdus pour eux-mêmes, pour leurs frères juifs et pour la vraie Yiddishkeit, qui sont indissociables.

L’événement de l’Exode d’Égypte et la Fête de Pessa’h sont des rappels opportuns, entre autres choses, que ce n’est pas dans la tentative d’imiter son environnement que réside l’espoir de survie, de délivrance et de liberté, mais plutôt dans la loyauté indéfectible à nos traditions et au véritable mode de vie juif.

Nos ancêtres en Égypte étaient une petite minorité, et vivaient dans les circonstances les plus difficiles. Pourtant, comme nos Sages le rapportent, ils préservèrent leur identité et, avec fierté et dignité, demeurèrent tenacement attachés à leur mode de vie, à leurs traditions et à leur spécificité ; et c’est précisément ainsi que leur existence fut assurée, de même que leur véritable libération de l’esclavage, physique et spirituel.

C’est l’une des tâches essentielles de notre temps que de déployer tous les efforts possibles pour éveiller chez la jeune génération, ainsi que chez ceux qui sont avancés en âge, mais encore immatures dans la compréhension profonde, une meilleure appréciation des vraies valeurs juives, de la Torah, d’une Yiddishkeit fidèle à la Torah, une Yiddishkeit pleine et véritable ; non pas ce qui est présenté sous une fausse étiquette de « Judaïsme » déformé, compromis, ou édulcoré, quelle que soit la marque. Avec cette appréciation viendra la prise de conscience que seule la vraie Yiddishkeit peut garantir l’existence de l’individu, de chaque Juif, à tout moment, en tout lieu et en toute circonstance.

Il n’y a pas de place pour le désespoir dans la vie juive, et aucun Juif ne doit jamais être abandonné comme une cause perdue. Grâce à une approche compatissante appropriée de Ahavat Yisrael, même ceux de la génération « perdue » peuvent être ramenés à l’amour de D.ieu (Ahavat HaChem) et à l’amour de la Torah (Ahavat HaTorah), et non seulement figurer dans la communauté des « Quatre fils », mais, en temps voulu, être élevé au rang du fils « Sage ».

Puisse D.ieu accorder que tous les fils et filles d’Israël se rassemblent à la même table du Séder, pour célébrer la Fête de Pessa’h dans son véritable esprit et selon sa manière véritable, en conformité avec « les témoignages, les statuts et les lois que l’Éternel notre D.ieu nous a commandés ».

Puisse le rassemblement de ces « tribus perdues d’Israël », elles aussi, et leur réunion à la table du Séder, hâter le début de la véritable et complète Rédemption de notre peuple, à travers notre juste Machia’h, rapidement et de notre temps.

Avec la bénédiction d’un Pessa’h Cachère et Joyeux,

Lettre du Rabbi de Loubavitch – Pessa’h



En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.