Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

mercredi 23 juillet 2014

Le paradoxe de la souffrance (II)
Le mal peut-il être source de bien?
par Ari Sollish

25 Tamouz 5774



À l’opposé de notre perception de ces moments d’épreuve, la Torah nous dit que « rien de mal ne descend d’En Haut ».
Pour pouvoir résoudre cette apparente contradiction, nous devons au préalable examiner la dimension profonde de ces éléments : la Terre d’Israël et l’exil.
Dans les autres pays, cependant, D.ieu a choisi de cacher Sa présence sous le vêtement de la nature. En conséquence, nous associons notre subsistance avec le travail de nos propres mains et non avec les bénédictions divines. C’est là l’essence même de l’état d’exil. « Nous ne voyons plus Tes merveilles »9 se lamente le Juif exilé. En réalité, rien n’a changé, le monde est toujours contrôlé par le divin Créateur de l’humanité, c’est seulement notre perception qui a été modifiée.
Bien qu’Erets Israël et l’exil soient des états diamétralement opposés, c’est précisément la Terre d’Israël – ou plus précisément ses frontières – qui donnent à l’exil la possibilité d’exister. Tout comme au sens matériel, les frontières mentionnées dans la paracha délimitent le territoire d’Erets Israël et permettent donc l’existence « d’autres terres »,10 il en va de même dans le domaine spirituel : le fait que la Divinité ne soit révélée que dans un « espace » limité signifie que tous les autres espaces restent « vides » de cette révélation.11Ainsi, les frontières d’Erets Israël, c’est-à-dire les limites données à la révélation divine, créent « l’espace » dans lequel le galout – un temps dans lequel la révélation divine est voilée – peut exister. En d’autres termes, le fait que la Divinité soit masquée vient du fait que Sa manifestation est limitée. Ainsi, la possibilité de l’exil, le temps où la Divinité est obscurcie (le thème des Trois Semaines) est le résultat direct des limites placées sur la « Terre d’Israël » (le thème de Massei).
Cette explication éclaire le lien entre la Paracha Massei et « bein hamétsarim » d’une lumière quelque peu négative : le fait que les limites d’Erets Israël permettent des tragédies comme celles qui se produisirent le 17 Tamouz et le 9 Av. Néanmoins, une analyse un peu plus profonde nous ouvre une perspective complètement différente. 

Des moments d’épanouissement

Bien qu’en surface le galout apparaisse seulement comme une punition terrible pour nos fautes, à un niveau plus profond, c’est tout le contraire : l’épreuve de l’exil est ce qui révèle les forces les plus puissantes de notre âme.
Pendant environ 2000 ans, nous avons souffert aux mains d’étrangers. Nous avons été torturés, asservis et bannis. Et pourtant, malgré tous les régimes qui nous ont opprimés à différentes époques et en différents lieux, une donnée est restée constante : notre foi immuable en D.ieu, en Sa Torah et en la Rédemption ultime. Rien de ce que le peuple Juif qui vécut durant « l’âge d’or » de Jérusalem aurait pu faire, ne pouvait exprimer un tel engagement de l’âme. C’est nous, qui vivons dans l’obscurité de l’exil, qui avons reçu le défi d’exploiter les ressources les plus puissantes et les plus profondes de notre âme, notre être essentiel où « Israël et D.ieu sont complètement unis ». Comme l’écrit le Psalmiste : « Du tréfonds de la détresse, j’ai appelé D.ieu ; avec abondance D.ieu m’a répondu. »12 Par la détresse, nous parvenons à atteindre notre essence infinie, l’étincelle de D.ieu qui est notre âme. C’est là le véritable but de l’exil : nous permettre d’accéder à nos aptitudes infinies et de les exprimer.13
Il en va de même pour les frontières de la Terre d’Israël. Bien qu’elles représentent les limites de la manifestation de D.ieu dans le monde, c’est précisément ce voilement qui réveille le véritable potentiel de l’âme. C’est là la leçon que nous pouvons tirer de la Paracha Massei et de la période de « bein hamétsarim ». Nous ne devons pas envisager les difficultés comme une expérience totalement négative, mais comme le plus grand facteur de développement, car elles nous obligent à puiser au plus profond de nous le trésor de ressources qui s’y trouve enfoui.
Et bien que ces situations échappent souvent à notre contrôle, l’attitude avec laquelle nous les abordons est, elle, entre nos mains. Nous avons l’aptitude d’accepter ces défis comme ce qu’ils sont : des occasions de grandir et de nous développer. Et bien qu’il soit possible que nous ne comprenions jamais pourquoi certaines choses arrivent, celles-ci peuvent – et donc doivent – faire de nous des personnes meilleures.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
Basé sur un discours du Rabbi, Motsaé Chabbat Parachat Matot Massei 5739 (1979)14

 En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.



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mardi 22 juillet 2014

Le paradoxe de la souffrance (I)
Le mal peut-il être source de bien?
par Ari Sollish

24 Tamouz 5774


Voici la terre qui vous reviendra en héritage, la terre de Canaan selon ses frontières. Votre frontière sud commencera au désert de Tsin le long d’Edom… la frontière ouest sera la mer Méditerranée... cela sera votre frontière nord : depuis la mer Méditerranée vous tournerez au mont Hor... vous tracerez pour vous comme frontière de l’est depuis ‘Hatsar-enan jusqu’à Chefam... cela sera la Terre pour vous, selon ses frontières tout autour.
Nombres 34, 2-12 
Judah est allée en exil, accablée par la misère et une dure servitude ; elle demeure parmi les nations, sans trouver de repos. Tous ses persécuteurs l'ont atteinte dans une étroite détresse [bein hamétsarim].
Lamentations [Eikha] 1, 3
À un moment ou à un autre, nous sommes tous amenés à affronter un événement qui nous paraît si terrible que nous en sommes menacés émotionnellement et psychologiquement. La perte d’un être aimé, à D.ieu ne plaise. Un emploi que l’on croyait stable est perdu. La santé se détériore soudain. Même le plus optimiste admettra que la vie peut être une montagne russe, un moment nous élevant aux plus hauts sommets, le suivant nous plongeant dans l’abime. Comment considérer les difficultés de nos vies, lorsque tout paraît obscur et que nous n’arrivons pas à voir au-delà des limites de notre propre douleur ?
À l’opposé de notre perception de ces moments d’épreuve, la Torah nous dit que « rien de mal ne descend d’En Haut ».1 Cette déclaration de nos Sages implique que tout ce qui arrive est intrinsèquement bon, car cela vient de D.ieu qui est l’essence du Bien. Mais comment concilier la vérité de la Torah avec la réalité que nous percevons ? L’argument selon lequel nous sommes finis et ne pouvons de ce fait apprécier une réalité qui nous dépasse pourrait satisfaire certains, mais un sceptique exigera une preuve empirique de la curieuse notion selon laquelle la douleur est égale à la joie. De plus, même en supposant que du bien peut être découvert au sein de la difficulté, si D.ieu désire réellement nous donner du bien, pourquoi doit-Il envoyer ses « bénédictions » dans de si étranges véhicules ? Pourquoi ne nous envoie-t-Il pas simplement des bénédictions claires et évidentes, sans que l’on ait besoin d’éprouver de douleur ou de détresse ? 

Les moments de souffrance

La Paracha de cette semaine, Massei, se lit toujours durant la période connue sous le nom de « bein hamétsarim »,2 les trois semaines qui séparent le jeûne du 17 Tamouz de celui du 9 Av. Ces deux dates sont connues comme les plus tristes du calendrier juif. En effet, les événements survenus en ces jours ont tragiquement altéré le cours de l’histoire, leur conséquence la plus notoire étant notre actuel galout (exil).3 Le 17 Tamouz est le jour où le service du Premier Temple fut interrompu et où les murs du Second Temple subirent les premières brèches.4 Le 9 Av est le jour lors duquel les deux Temples furent détruits.5 Les Trois semaines sont donc une période de deuil : Il nous y est interdit de célébrer des mariages, d’écouter de la musique, d’acheter des habits neufs, et de faire toute chose qui déclenche une grande joie.
Dans la Torah, il n’y a pas de coïncidences. C’est pourquoi le fait que Massei soit toujours lue durant les « Trois Semaines » indique que la paracha et la période ont un message commun.6 Toutefois, il semblerait à première vue que ce soit tout le contraire : la paracha Massei contient les dernières instructions de D.ieu au Peuple Juif avant son entrée en Erets Israël, y compris la description des frontières exactes du pays alors que, à l’inverse, les événements des Trois Semaines causèrent l’exil du peuple de cette même terre !
Pour pouvoir résoudre cette apparente contradiction, nous devons au préalable examiner la dimension profonde de ces éléments : la Terre d’Israël et l’exil.
Ce n’est pas par hasard si, de toutes les terres du monde, seule la Terre d’Israël a reçu le titre de « Terre Sainte ». Selon les mots de la Torah, c’est « La terre sur laquelle veille l’Éternel ton D.ieu, qui est constamment sous le regard de D.ieu du début de l’année à la fin de l’année. »7 Lorsque nous sommes dans un état de liberté spirituelle, comme c’était le cas durant les 830 ans pendant lesquels se tinrent le premier puis le second Temples, c’est la terre où les bénédictions de D.ieu peuvent être perçues comme telles, sans être voilées par la nature, et où notre subsistance est reconnue comme émanant directement de D.ieu. C’est en effet le seul pays dans lequel la révélation divine avait lieu de façon régulière, à travers les dix miracles qui survenaient quotidiennement dans le Temple.8  C’est pourquoi, en termes spirituels, Erets Israël représente la Divinité telle qu’elle est clairement manifeste dans la création.

Nous nous proposerons de presenter la suite cette "Lettre de Torah" dès la prochaine parution ( mercredi 23 juillet 2014)

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.
Basé sur un discours du Rabbi, Motsaé Chabbat Parachat Matot Massei 5739 (1979)14


 En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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lundi 21 juillet 2014

N’arrêtez pas au milieu de l’opération ! (II)

Adapté d'un discours du Rabbi de Loubavitch

Lundi 23 Tamouz 5774 
 C’était en cette période de l’année il y a 32 ans, en 1982, pendant la première guerre du Liban (l’opération « Paix en Galilée ») quand, après avoir marqué des victoires significatives, l’armée israélienne se retrouva enlisée à mi-campagne par les hésitations des dirigeants politiques.
La sécurité du peuple juif en Israël a toujours été primordiale pour le Rabbi, qui était en contact étroit avec les forces de sécurité d’Israël aussi bien qu’avec la direction politique du pays.
Lors d’un farbrenguen (rassemblement public) qu’il tint à ce moment, le Rabbi avait longuement évoqué la campagne de l’armée israélienne.
Nous présentons quelques brefs extraits du discours du Rabbi, adaptés et librement traduits en français.

Que diront les nations ?
Ces mêmes personnes (ou leurs acolytes) continuent de présenter les mêmes arguments : Il est impératif d’être en premier lieu aimé par le monde, et non d’agir comme « un peuple qui vit solitaire » (Nombres 23, 9). Et c’est cela qui serait censé apporter la paix et la justice au Moyen-Orient !
Certes, Israël a besoin de fonds, d’armement, etc., que d’autres lui fournissent. Toutefois, la vérité (qui est cachée au public) est qu’ils donnent cela sans condition. En outre, eux aussi veulent que l’opération aille jusqu’au bout ! Ils ne peuvent pas le dire publiquement à cause d’autres considérations politiques.
Ainsi, la responsabilité incombe aux dirigeants qui ont le pouvoir de décider de terminer la tâche, de le faire. L’opération chirurgicale est déjà pleinement en cours au coût excessif de centaines de morts ; ils doivent la terminer.
S’ils ne le font pas, alors le résultat sera, à D.ieu ne plaise, comme la quasi-catastrophe de la guerre du Kippour. La première ministre3 de l’époque a admis plus tard qu’elle ne se pardonnera jamais, jusqu’à la fin de ses jours, d’avoir accordé la préférence à des calculs politiques plutôt qu’à l’avis des experts militaires,4 et que, jusqu’à la fin de ses jours, ceux qui ont été tués ou blessés à la suite de cette erreur seraient toujours devant elle.
Que pouvons-nous faire ?
Tout ce qui précède est principalement dirigé vers ceux qui sont en mesure d’influencer la situation. Mais il y a autre chose que chaque personne peut et doit faire : augmenter dans l’étude de la Torah, la prière et la charité au nom des soldats de Tsahal et de leurs dirigeants, pour qu’ils soient en mesure de surmonter l’épreuve et de terminer l’opération de manière aussi approfondie et rapide que possible...
Adaptation libre d’un discours prononcé le 13 Tamouz, 5742 – 4 juillet 1982.
NOTES


Golda Meir.
Préconisant d’engager la guerre qui s’annonçait au lieu d’attendre d’être attaqués.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu 

 En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.




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dimanche 20 juillet 2014

N’arrêtez pas au milieu de l’opération ! (I)

Adapté d'un discours du Rabbi de Loubavitch

Dimanche  22 Tamouz 5774 

 C’était en cette période de l’année il y a 32 ans, en 1982, pendant la première guerre du Liban (l’opération « Paix en Galilée ») quand, après avoir marqué des victoires significatives, l’armée israélienne se retrouva enlisée à mi-campagne par les hésitations des dirigeants politiques.
La sécurité du peuple juif en Israël a toujours été primordiale pour le Rabbi, qui était en contact étroit avec les forces de sécurité d’Israël aussi bien qu’avec la direction politique du pays.
Lors d’un farbrenguen (rassemblement public) qu’il tint à ce moment, le Rabbi avait longuement évoqué la campagne de l’armée israélienne.
Nous présentons quelques brefs extraits du discours du Rabbi, adaptés et librement traduits en français.
Ils doivent voir que nous sommes sérieux
Ceux que la divine providence a placés dans la position d’avancer ne doivent pas se laisser influencer par des politiciens timorés. Ils doivent mener l’opération jusqu’au bout, de telle sorte qu’il n’y aura plus à déplorer de victimes pour chacune des deux parties.
La décision sérieuse de s’engager dans la bataille doit être résolue et sans équivoque (et peut alors s’avérer suffisante pour dissuader l’ennemi).
Armes israéliennes
Nous devons également agir dans le domaine de la protection spirituelle, en particulier les téfilines1 et les autres campagnes de mitsvot, comme le chante le Psalmiste (20, 6-8) : « [Certains recourent à des chars, d’autres à des chevaux, mais] nous invoquons le nom de l’Éternel notre D.ieu » et « Nous... élèverons le nom de D.ieu comme notre étendard ».
 Il n’y a rien de plus grand que de risquer sa vie pour protéger les autres. Ainsi, les soldats qui protègent la Terre Sainte et les Juifs qui y vivent au péril de leurs propres vies ont un énorme mérite, qui est en soi digne de miracles révélés ! (Puisse l’un de ces miracles être que leurs dirigeants mènent à bien la sainte tâche qui leur est dévolue, et fassent que cette guerre s’achève en ayant atteint ses objectifs...)
N’arrêtez pas au milieu de l’opération !
Appeler à une fin prématurée de la guerre est comparable au cas d’une personne à l’âme sensible qui entrerait dans un bloc opératoire où les chirurgiens commencent à inciser le patient. À la première vue du sang, cette personne se met à supplier les médecins de cesser d’opérer, d’attendre que la plaie cicatrise et, seulement alors, de poursuivre l’opération, car comment peut-on continuer à opérer lorsque le patient est en train de perdre du sang ?
Nous pouvons imaginer ce que les médecins répondraient à une telle suggestion !
Cela peut servir de métaphore pour la sécurité des millions de personnes qui vivent en Terre Sainte. À peine la première « opération chirurgicale »2 eut-elle commencé qu’une « personne craintive et pusillanime » (Deutéronome 20, 8) est venue demander qu’elle soit interrompue : nous devons réunir une assemblée, savoir ce que chacun pense, demander la permission à l’étranger, etc... La même chose s’est produite avec la seconde « opération » et la troisième. Maintenant, nous sommes bien engagés dans le quatrième, au prix terrible de centaines de vies et de centaines de blessés, et il y a encore des gens qui pensent que le moyen de parvenir à la paix est d’abandonner un traitement vital en plein milieu.
Comment peut-on suggérer de se livrer à de telles « expériences » sur des questions qui affectent la vie même de millions de personnes ? Trois fois déjà ce type d’approche a engendré d’autres calamités ! Et pourtant, cela continue...
Adaptation libre d’un discours prononcé le 13 Tamouz, 5742 – 4 juillet 1982.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu 





 En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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vendredi 19 avril 2013

Le don du pardon Une planche de salut


9 iyar 5773 – 19.04.2013


« Le ressentiment est un acide qui endommage son contenant. »

Dans ma perspective de thérapeute familial, le plus grand trésor que recèle notre héritage de Torah est l’instruction de nous affranchir de toute colère et de tout ressentiment, en particulier dans le cadre de nos relations avec nos proches. À des centaines de reprises, les textes de la tradition juive à travers les âges nous enseignent que la colère est interdite, destructrice et irrationnelle. L’injonction biblique à ce sujet se trouve à Lévitique 19,17-19 : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur... Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas rancune. »

Le Talmud enseigne à ce sujet que « tout celui qui renonce à chercher vengeance mérite que D.ieu pardonne toutes ses fautes ».1 Il affirme 2 également que D.ieu aime une personne « qui ne se met pas en colère... et qui n’insiste pas pour rendre mesure pour mesure ». Maïmonide va plus loin, 3 demandant que chacun « éradique totalement le mal subi de son cœur, sans en garder le moindre souvenir ». Un psychologue contemporain exprimerait cette idée ainsi : « Le défi de renoncer à la colère est un incroyable tremplin pour le développement personnel. »

Cela signifie-t-il que nous devrions rester passifs face à l’agression ? Absolument pas ! La même source biblique citée plus haut nous commande d’affronter verbalement une personne qui nous a causé du tort, de sorte que nous n’en venions pas à la haïr dans notre cœur. Nous devons faire cela de façon directe et ferme, mais sans haine et sans détruire notre relation. De la même manière, nous avons une obligation de nous protéger et de ne pas nous mettre dans une position vulnérable, dans laquelle l’offense dont nous avons été victimes pourrait se répéter. Mais en même temps, nous devons le faire sans parler avec hostilité, sans entreprendre d’actions qui dépassent le cadre de la protection de soi, sans vengeance, et sans nous isoler dans le mépris froid ou le silence.

De nombreux conseillers familiaux rapportent un scénario tragique récurrent : pendant des années, une personne a entretenu une brouille avec un proche (un parent, un enfant ou un frère/une sœur), refusant tout contact. Soudain, ce proche meurt et l’amour de cette personne pour ce proche, longtemps masqué par une couche de colère, jaillit dans sa conscience et elle se trouve rongée par le regret et la culpabilité. « Comment ai-je pu gâcher toutes ces années, alors que j’aurais pu etc etc... ? »

La philosophie juive traditionnelle nous protège de tels drames dans une certaine mesure. La Torah nous dit : 1) Ne crois pas que tu ne peux pas pardonner... il te revient toujours de parvenir au pardon ; 2) Comprends que la colère et le ressentiment sont alimentés par des pensées irrationnelles... Si tu analyses profondément ta colère, tu repèreras et corrigeras ces distorsions cognitives ; 3) Il existe une force négative dans le monde qui cherche à détruire la proximité... Cette force est la source de ces pensées irrationnelles ; 4) Dans les relations interpersonnelles, en dessous de la colère se trouvent la douleur, la peur, et le plus important : le besoin d’aimer et d’être aimé.

Envisagez de tendre la main à quelqu’un dans un esprit de pardon et d’amour.

Puissions-nous, grâce à notre action, mériter que D.ieu nous tende la main aujourd’hui même et nous permette de recevoir notre juste Machia’h en cet instant.



NOTES

1.Traité Yoma 22b-23a.

2.Traité Pessa’him 113b.

3.Lois des Déot 7:7.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

jeudi 18 avril 2013

La retenue est un signe de force, La sainteté en pratique

Donnons la Tsédaka avant d’étudier notre « lettre de Torah » ! 

8 Iyar 5773 – 18.04.2013

Vous est-il déjà arrivé de perdre le contrôle de vous-même et à la dernière seconde de réussir à vous retenir ? Les batailles intérieures de cette sorte sont souvent associées avec les feux de la circulation, les contractuelles et autres représentants de l'administration. Quelquefois, elles se rencontrent également sur le front domestique…

La Paracha Kédochim (Lévitique 19-20) commence avec l’idée que nous devons être saints. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Le commentateur Rachi explique que le terme «saint» implique la retenue personnelle. Dans la vie, nous sommes confrontés à de nombreuses tentations. Être saint signifie avoir l’aptitude à contrôler ses impulsions immédiates.

Un autre commentateur, Na’hmanide, souligne que cette retenue peut parfois conduire la personne à un point se situant au-delà de la simple lettre de la loi. La loi juive autorise l’homme à manger de la nourriture cachère. Mais cela signifie-t-il que l’on puisse se comporter comme un glouton ? Selon cette vision, même si la nourriture est aussi cachère que faire se peut, la retenue est la puissance. Elle montre que l’on est réellement libre comme individu, plutôt qu’esclave de son appétit.

Vous rappelez-vous l’histoire de Jacob, Essav et du plat de lentilles ? L’une des manières de comprendre cette histoire est de voir qu’Essav était prêt à vendre son droit d’aînesse, le bien le plus précieux de sa vie, contre un plat de nourriture. L’on pourrait s’exclamer: «C’est pathétique!» D’autres pourraient même aller jusqu’à ressentir de la sympathie pour quelqu’un à qui il arrive d’être l’esclave de ses sens. Ils pourraient arguer qu’après tout telle est notre condition humaine. Néanmoins, de nombreux individus aspirent à être maîtres de leur propre être. Un être humain, oui. Un animal : non.

Une grande partie de la Paracha est consacrée à donner des directives à propos de cette espèce de contrôle de soi, dans des domaines différents de la vie. Le thème central en est celui des relations humaines. Le point d’orgue est le fameux enseignement : « Aime ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18). Rabbi Akiva en disait que c’est là le grand principe de la Torah ; il concerne tous les autres aspects de la pensée juive. La Paracha nous instruit également de ne pas se venger ni de garder rancune. Cela nécessite très certainement la maîtrise de soi : dans nos actions, nos paroles et même dans nos pensées.

Mais une personne qui parvient à ce contrôle existe-t-elle ?

Nous pouvons imaginer qu’elle serait un individu simple, naïf ou inspiré, qui ne voit jamais de mal en quiconque. Ou nous pouvons imaginer un homme puissant qui a atteint un véritable contrôle de sa personne.

Qu’est-ce que la puissance ? Pendant longtemps, les gens ont pensé qu’il s’agissait d’acquérir la domination sur les autres. Mais désormais nous réalisons qu’il s’agit en fait de la maîtrise de soi-même.

La vie quotidienne nous met face à de nombreux exemples de ces batailles dont parle la Paracha : dans les relations avec nos parents, dans les domaines professionnels, dans les questions de charité, dans les limites entre les hommes et les femmes et également dans notre comportement quand nous sommes réellement en situation de domination sur les autres, en tant que juges. C’est la raison pour laquelle la Paracha nous demande d’être droits dans le jugement du riche comme du pauvre.

Kedochim nous met face au défi de la retenue dans la puissance, pour construire un monde de bonté pour le futur, un monde qui sera entièrement rempli de sainteté.


Que D… fasse que nos nombreux efforts pour rester fidèles aux injonctions de la torah à chaque instant nous donne le mérite de recevoir notre juste Machiah’ en cet instant.

Basé sur un Discours du Rabbi de Loubavitch- Paracha Kedochim

Extrait de http://www.fr.chabad.org/

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l'oeil nu





En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

mardi 16 avril 2013

Qui peut aider son prochain ?

Donnons la Tsédaka avant d’étudier notre « lettre de Torah » ! 

6 Iyar 5773 – 16.04.2013

Après que les deux enfants d'Aharon aient quitté ce monde, pour être entrés dans la partie sainte (kodech) du michkan (tabernacle) sans en avoir reçu l'autorisation, D-ieu s'adressa à Aharon. Rachi nous décrit ce dialogue à travers l'exemple que donne Rabbi Eléazar Ben Hazaria : un premier docteur conseille à un malade de ne pas manger froid comme de ne pas dormir dans un endroit frais. Un second docteur lui prescrit par la suite le même traitement en ajoutant, afin que tu ne meures pas comme est mort untel.

En rappelant à Aharon que la raison pour laquelle D-ieu lui interdit d'entrer spontanément dans la partie sainte du michkan est pour qu'il ne meure pas, l'Eternel est comparable au second docteur. Il est alors beaucoup plus prévenant à son égard que lors de sa première injonction.

Pour autant, quelle est la richesse de cet exemple ? L'avertissement aurait été compris aussi clairement si la parabole avait retenu un homme en bonne santé ingurgitant quelque chose de nocif?

Aharon avait un profond désir d'entrer dans la partie sainte du michkan (kodech) afin de se délecter de la présence divine. Si D-ieu ne l'avait pas prévenu une seconde fois de ne pas entrer dans le michkan spontanément en lui rappelant qu'il risquait de mourir comme ses deux garçons, il est à supposer qu'Aharon n'aurait pu contenir son désir et serait entré dans la partie sainte du michkan, malgré l'interdiction de l'Eternel.

Seul le rappel que ses deux garçons étaient morts à cause de cela pouvait freiner cette envie.

Tel un homme malade qui sait devoir ne pas consommer d'aliment froid comme ne pas dormir dans un lieu humide. Mais sa fièvre le poussera à enfreindre cette prescription médicale tant cette chaleur interne le fait souffrir. Seule la note du médecin qui souligne le fait qu'il mourra s'il enfreint cette injonction pourra le freiner.

C'est pourquoi Rabbi Eléazar Ben Hazaria nous dépeint ce dialogue entre D-ieu et Aaharon à travers l'exemple d'un malade. Il vient souligner que malgré le très fort désir d'Aharon de se délecter de la présence divine dans le sanctuaire, il ne le fit pas uniquement à cause du «mémo» que D-ieu avait joint à sa prescription : si tu outrepasses Ma volonté, tu mourras comme tes deux enfants !


Que D. fasse que notre volonté toujours aussi vive de recevoir notre juste Machia'h nous donne le mérite de vivre les temps messianiques dès maintenant.

Issu d’un Discours du Rabbi de Loubavitch – Paracha A'harei mot

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l'oeil nu


 En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.