Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

lundi 19 janvier 2015


Faut-il pardonner à tout le monde?
par Michoel Gourarie

Question :
Comment peut-on pardonner à quelqu’un qui vous a fait du mal, surtout lorsque c’est quelqu’un de proche et que la confiance entre vous a été brisée ?
Réponse :
Le pardon n’est pas une action unique que l’on entame et que l’on achève en un court laps de temps. Le pardon est un processus à plusieurs niveaux et un long voyage dans lequel on progresse lentement vers l’objectif.
Dans un essai sur le sujet, le Rabbi de Loubavitch explique qu’il existe trois niveaux de pardon :
1) Nous ne voulons aucun mal à la personne et nous prions même pour son bien-être. À ce niveau basique de pardon, nous pouvons être encore bouleversés, blessés ou même en colère, mais nous trouvons en nous-mêmes la force de ne pas espérer la chute de la personne et de ne pas ressentir un besoin de vengeance.
Le pardon n’est pas une action unique que l’on entame et que l’on achève en un court laps de temps
2) Nous cessons d’être en colère. À ce stade, nous ne sommes pas encore prêts à renouer avec la personne la même relation qu’auparavant, mais nous sommes capables d’aller de l’avant et de laisser la chose derrière nous au point où nous n’éprouvons plus aucun sentiment de colère et de ressentiment.
3) La restauration de la relation. À ce stade final, le pardon est complet. Non seulement nous avons pardonné à la personne, mais nous l’avons totalement comprise et acceptée de nouveau. Nous sommes désormais prêts à être aussi proches d’elle qu’auparavant.
Le Talmud explique que même si quelqu’un nous a fait beaucoup de mal, nous devons trouver la force de lui pardonner au moins au premier niveau. Être totalement dénué de capacité de pardonner est un signe de cruauté. Souhaiter du mal à quelqu’un et désirer vengeance est une faiblesse de la personnalité qui doit être corrigée.
Une forme plus difficile de pardon est la deuxième étape, dans laquelle nous cessons d’éprouver souffrance et colère. Si nous avons été blessés ou trahis, il peut nous falloir du temps et beaucoup d’efforts pour nous débarrasser des sentiments négatifs. Ce peut être un long processus de guérison et de quête spirituelle jusqu’à parvenir à faire disparaître tout ressentiment de son cœur et de son âme.
La forme idéale de pardon est le troisième niveau, auquel nous restaurons la relation. Il faut cependant souligner que ce n’est pas toujours possible. Certaines relations sont si toxiques que la seule chose responsable à faire est de s’en éloigner. Mais il n’est pas nécessaire de s’inscrire dans une démarche de « tout ou rien ». S’il s’avère impossible de restaurer la relation, il n’est pas toujours nécessaire de mettre fin à tout contact ou de devenir hostile. Nous pouvons tout de même atteindre un niveau plus fondamental de pardon en leur souhaitant le bien. Nous pouvons tout de même cesser d’être en colère et leur accorder le respect fondamental. Nous pouvons tout de même les saluer quand nous les voyons et leur accorder la dignité que chaque être humain mérite.
Chaque petite amélioration de notre relation est importante, a un effet profond et génère du bonheur. Faites le premier pas maintenant.

Sources :
Basé sur Likoutei Si’hot vol. 28, p. 141
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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La synagogue et la mosquée, et leurs parkings

Un médecin musulman décide d’aider un rabbin, de par leurs liens étroits et leur respect mutuel

By Carin M. Smilk



Dr Gulamnabi Vahora, à gauche, et Rav Yossi Kaplan ont partagé le coût d'un parking nouvellement goudronné pour le centre juif 'Habad du comté de Chester, en Pennsylvanie, à l'initiative et grâce à la bonne volonté de Dr Vahora.
Dr Gulamnabi Vahora, à gauche, et Rav Yossi Kaplan ont partagé le coût d'un parking nouvellement goudronné pour le centre juif 'Habad du comté de Chester, en Pennsylvanie, à l'initiative et grâce à la bonne volonté de Dr Vahora.
En rentrant chez lui récemment, Rav Yossi Kaplan a été surpris de trouver un groupe d’hommes arpentant le seuil du Beth ‘Habad qu’il dirige. Lorsqu’il demanda ce qui se passait, ils lui répondirent qu’ils mesuraient. Et qu’ils le faisaient à la demande d’un résident local, Dr Gulamnabi Vahora, pour ce qui était censé être une surprise : un parking goudronné de neuf.
Pour comprendre les raisons de ce geste, il est nécessaire de revenir quelque peu en arrière.
Rav Kaplan, codirecteur du Chabad Jewish Center de Chester County avec sa femme Tickey, vit sur une artère très fréquentée sur ce qui était autrefois une route de campagne à Devon, en Pennsylvanie, une banlieue à environ 20 minutes de Philadelphie. Le centre ‘Habad avec sa synagogue adjacente à leur maison se tient à côté d’une mosquée : le centre islamique de Greater Valley Forge. Le centre islamique s’était développé dans une modeste maison blanche depuis 1994 ; les Kaplan s’étaient installés dans la propriété voisine en décembre 2002.
Il y a quatre ans, une nouvelle mosquée fut construite sur la propriété du centre islamique, avec deux étages de 450 mètres carrés chacun et un immense parking. Pourtant, ce parking ne semblait jamais être assez grand pour accueillir les très nombreux fidèles qui affluent chaque semaine pour les prières du vendredi et les fêtes musulmanes comme le ramadan, qui termine le soir du 28 juillet.
C’est pourquoi dès le départ le rabbin invita les fidèles de la mosquée à utiliser le parking de la synagogue chaque fois qu’ils en avaient besoin, ce qu’ils commencèrent rapidement à faire. Pour sa part, le centre islamique offrit aux automobilistes juifs d’utiliser son parking non négligeable pour les cours et les événements du centre ’Habad. Et, bien que les visiteurs du centre ‘Habad s’y garent parfois, ce n’est jamais dans la proportion de leurs voisins musulmans, qui viennent par centaines chaque semaine pour prier.
Le parking a été utilisé régulièrement pendant des années par les membres de la mosquée voisine, le centre islamique de Greater Valley Forge.
Le parking a été utilisé régulièrement pendant des années par les membres de la mosquée voisine, le centre islamique de Greater Valley Forge.
Le parking a été utilisé régulièrement pendant des années par les membres de la mosquée voisine, le centre islamique de Greater Valley Forge.
Le passage continu des véhicules sur l’asphalte, associé à des chutes de neige record l’hiver dernier, mit à mal le parking du centre ‘Habad de façon visible, qui se retrouva criblé de trous et de fissures. Dr Vahora souhaitait résoudre ce problème.
« J’ai vu l’état du parking et, comme il s’avérait que j’avais fait faire des travaux dans l’allée de garage de mon domicile, j’ai fait venir ici l’équipe d’ouvriers pour qu’ils jettent un coup d’œil », explique Dr Vahora, un pathologiste de 65 ans originaire d’Inde et père de quatre enfants. Il en a parlé avec son épouse Aabeda qui estima elle aussi que c’était une bonne chose à faire. « Je voulais surprendre le rabbin et prendre les frais à ma charge. Nous sommes voisins ; nous travaillons ensemble. Je souhaite à tout le monde de travailler ensemble comme ça. »

« Quelque chose de bien se passe »

C’est ainsi que jeudi et vendredi derniers, le parking du Beth ‘Habad fut rénové de façon professionnelle. « Ils ont fait un très bon travail », a affirmé Dr Vahora.
Le professeur Roger Barth, un membre de la communauté, fut l’un des premiers fidèles à voir le nouvel aspect du parking.
« C’était bien de leur part d’avoir remarqué le problème, dit-il. Ces choses font une différence dans le monde. Le rabbin a une très bonne relation avec la mosquée, et cela se voit. Il a d’ailleurs apporté une ‘hallah à l’imam, il y a environ une semaine, pour qu’il briser le jeûne du ramadan avec ce soir-là. »
Finalement, le médecin et le Beth ‘Habad ont partagé le coût des travaux qui se montaient à 6500 $.
Rav Kaplan, 42 ans et père de huit enfants, a expliqué que les fidèles n’avaient pas mis l’accent sur le parking parce que le centre s’intéresse à une parcelle d’un hectare pratiquement vide de l’autre côté du Beth ‘Habad pour donner plus d’espace pour les programmes, les offices, le Talmud Torah et d’autres activités. Bien que les fonds soient limités en ce moment, le rabbin a affirmé qu’il était juste de partager à 50-50 avec le médecin musulman.
Il a même cité une histoire talmudique liée à cette décision.
Rav Kaplan avec l’ancien président de la mosquée, Mohammad Aziz. Les deux hommes et leurs établissements religieux ont favorisé les bonnes relations dès le départ. (Photo: Jordan Cassway)
Rav Kaplan avec l’ancien président de la mosquée, Mohammad Aziz. Les deux hommes et leurs établissements religieux ont favorisé les bonnes relations dès le départ. (Photo: Jordan Cassway)
Rav Kaplan avec l’ancien président de la mosquée, Mohammad Aziz. Les deux hommes et leurs établissements religieux ont favorisé les bonnes relations dès le départ. (Photo: Jordan Cassway)
Rabbi Shimon ben Shata’h acheta une fois un âne. Le propriétaire d’origine avait négligé de vérifier la sacoche avant de faire la vente et y avait laissé des diamants par inadvertance. Quand ils découvrirent le trésor, les élèves de Shimon ben Shata’h se réjouirent, car désormais, ils en étaient certains, leur maître pourrait enseigner la Torah sans les soucis financiers qui le tourmentaient constamment. Shimon ben Shata’h ne partagea pas leur excitation. « Pensez-vous que je sois un barbare ? s’exclama-t-il. J’ai acheté un âne, pas des diamants ! » Il s’empressa de restituer les diamants. Lorsque le propriétaire les reçut, il s’écria : « Béni soit le D.ieu de Shimon ben Shata’h ! »
À propos du parking lui-même, Rav Kaplan a dit : « Il est propre, il est bien. Cela devait être fait, et c’est lui qui l’a fait. »
Dr Vahora a sa propre anecdote à raconter. « Les musulmans sont enterrés dans un drap blanc, et ma mère avait l’habitude de dire : “Il n’y a pas de poche dans ton cercueil, pas de tiroir dans ta tombe. Tu n’emporteras pas ton argent avec toi.” Donc j’en ai dépensé un peu.
« Les Kaplan sont des gens très gentils, et c’est une bonne organisation. J’ai beaucoup d’amis juifs et connais beaucoup de médecins juifs. Ce que nous dépensons ici bas pour les pauvres, les nécessiteux, pour l’humanité, nous accompagnera le moment venu. »
L'hiver dernier qui a connu une chute record des températures et des tempêtes de neige a fortement endommagé le parking
L'hiver dernier qui a connu une chute record des températures et des tempêtes de neige a fortement endommagé le parking
Auparavant, le parking était plein de trous et de fissures dus à l'usage intensif et à l'hiver rigoureux.
Auparavant, le parking était plein de trous et de fissures dus à l'usage intensif et à l'hiver rigoureux.
Le sol est désormais plat et lisse devant le Beth 'Habad
Le sol est désormais plat et lisse devant le Beth 'Habad
Le parking finissant de sécher; à l’arrière-plan on distingue une partie du parking du centre islamique, plein de voitures à l’heure où les fidèles de la mosquée participent aux prières du ramadan et à la rupture quotidienne du jeûne.
Le parking finissant de sécher; à l’arrière-plan on distingue une partie du parking du centre islamique, plein de voitures à l’heure où les fidèles de la mosquée participent aux prières du ramadan et à la rupture quotidienne du jeûne.

BY CARIN M. SMILK
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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dimanche 18 janvier 2015

Le Rabbi de Loubavitch: Dieu est de votre côté



Il y a tellement d’hypocrisie!
par Tzvi Freeman

Question :
Je me suis mis à la Torah ces derniers temps. Mais plus j’en apprends, plus je constate que tout le monde autour de moi a tout faux. Je ne parle pas des non pratiquants. Je parle des gens engagés dans une vie religieuse. Il y a tellement d’hypocrisie !
Réponse :
Ne vous excitez pas tant que ça. C’est juste une question de personnalité. Vous êtes probablement une de ces âmes de l’École de Chammaï. Vous vous rappelez l’histoire avec le sage talmudique Chammaï ? Un homme est venu le voir et a demandé : « Convertissez-moi au judaïsme, à la condition que vous m’enseigniez toute la Torah le temps que je tiens sur un pied ! » Chammaï a chassé le moqueur en agitant sa baguette de mesure.
Alors il est allé chez Hillel. Hillel le convertit sur place et lui dit : « Ce qui est odieux à tes yeux, ne le fais pas aux autres. Ceci est toute la Torah. Le reste en est le commentaire. Maintenant, va l’étudier ! »
Certaines personnes nouent leurs lacets un peu plus lâches. D’autres les serrent très fort. Certains s’accommodent d’une vision du monde floue et incertaine. D’autres se concentrent sur tous les détails et évaluent chaque chose selon une mesure précise.
Le problème est que, concrètement, le monde est une grande pagaille.
Tout a commencé quand nous avons mangé de l’Arbre de la Connaissance du Bien associé au Mal : notre monde est devenu un lieu de mélange et d’amalgame. Partout où vous trouverez de la beauté, il y aura de la laideur. Vous ne trouverez pas de joie sans tristesse, ni de plaisir sans douleur. Vous ne pouvez pas inventer une chose qui offrira des avantages sans menace de dommage, ni trouver un homme sur cette terre qui fasse uniquement le bien sans faillir.
Partout où vous trouverez une forme de bien, vous trouverez une autre sorte de mal. Et là où ce mal ne résidera pas, un autre prendra sa place. Vous voulez trouver un bien pur et simple dans un seul être ? C’est quelque chose de rare. De très, très rare.
Voilà ce que le sage roi Salomon avait à dire : Ne rejetez pas une chose pour le préjudice qu’elle pourrait causer. Ne méprisez pas un homme pour la laideur qu’il a en lui. Au contraire, utilisez chaque chose vers la fin pour laquelle D.ieu l’a créée, et apprenez de chaque homme toute bonne chose qu’il recèle.
Mais vous, vous faites comme Chammaï, aussi bien envers tous ceux qui vous entourent qu’envers vous-même : vous créez dans votre esprit un modèle de la façon dont les choses devraient être, puis vous mesurez chaque chose avec votre baguette. Et, devinez quoi ? Les choses ne sont pas alignées.
Je ne vous dis pas de jeter votre baguette. Soyez juste un peu plus pragmatique dans son utilisation. Le monde est imparfait. Nous ne sommes pas encore arrivés. Alors mesurez en conséquence, aussi bien vous-même que les autres.
Avez-vous déjà fait de la menuiserie ou monté un meuble en kit ? Ils vous disent toujours de ne pas serrer à fond les boulons tant que tout n’a pas été mis en place.
Hillel a résumé tout cela ainsi :
Ne chassez pas les gens avec des baguettes de mesure.
Vous n’aimez pas qu’on exige et qu’on mesure toujours votre perfection, ne faites pas cela à d’autres.
Maintenant, allez étudier ! Creusez toujours plus loin, toujours plus profond.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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Enlèvement à Strasbourg

Comment les Juifs furent autorisés à résider à Strasbourg


Au Moyen Âge, il y avait en Alsace-Lorraine de nombreuses communautés juives. Cependant, aucun Juif n’avait le droit de passer la nuit à Strasbourg.
Hans Joerg, le courageux bourgmestre, bien qu’il n’aimât pas particulièrement les juifs, les avait autorisés à vendre leurs marchandises au marché et les protégeait contre les attaques de la populace.
C’était plus que les juifs n’en pouvaient attendre à cette époque.
Ce mercredi-là, le marché fourmillait de paysans venus en ville pour vendre leurs produits et pour acheter des articles de ménage aux commerçants juifs.
Subitement, il se fit un grand tumulte. Un messager annonça à la foule que la fille du bourgmestre avait été enlevée avant l’aube.
La foule excitée ne tarda pas à accuser les Juifs, prétendant qu’ils avaient commis ce crime pour forcer le bourgmestre à leur accorder l’autorisation de séjour à Strasbourg.
Hans Joerg aimait sa fille plus que lui-même. N’ayant d’autre explication au malheur qui le frappait, il ajouta foi à ces accusations. Il ordonna immédiatement de mettre en prison tous les commerçants juifs de la foire et menaça d’expulser tous les Juifs d’Alsace-Lorraine si sa fille ne lui était pas rendue dans deux semaines au maximum.
Désespérés, les Juifs s’adressèrent à Rabbi Isaac de Worms qui n’était pas seulement un grand érudit et le chef de l’une des plus grandes yéchivas, mais aussi un médecin de renommée mondiale.
Son arrivée à Muehlheim, la ville qui comptait le plus grand nombre de Juifs en Alsace, fit une profonde impression sur tous les habitants, juifs et chrétiens, et tous s’attendaient à quelque événement important.
Rabbi Isaac ne réussit par à obtenir une entrevue avec Hans Joerg ; celui-ci refusait tout contact avec les Juifs tant que sa fille ne lui serait pas rendue. Les jours passaient et les Juifs se demandaient comment prévenir le grave danger qui les menaçait.
Jour et nuit, Rabbi Isaac réfléchissait à la situation, se creusant la tête pour trouver une solution satisfaisante.
C’est ainsi que deux semaines passèrent. Le délai fixé par le bourgmestre expirait le lendemain. Sur son lit, Rabbi Isaac ne pouvait pas fermer l’œil. Il était minuit passé, lorsqu’il entendit grincer la porte cochère.
Un homme masqué, en costume de cavalier, entra dans sa chambre et le pria de l’accompagner au chevet d’un malade.
Rabbi Isaac s’habilla et sortit dans la rue où deux chevaux attendaient.
Les deux hommes chevauchèrent rapidement sur la route jusqu’à la colline escarpée en haut de laquelle se trouvait un château fortifié. Chemin faisant, le cavalier raconta à Rabbi Isaac l’aventure dangereuse arrivée au malade, le Comte d’Alsberg, lorsque celui-ci avait, deux semaines plus tôt, fait prisonnière la fille de son ennemi.
Sur le chemin du retour, le cheval avait désarçonné le Comte et maintenant celui-ci était gravement malade. Rabbi Isaac soupçonna tout de suite l’identité de la captive et, dans son cœur, il remercia D.ieu de lui avoir donné l’occasion de sauver les Juifs d’Alsace-Lorraine.
Après plusieurs heures de traitement difficile, Rabbi Isaac réussit à soulager le Comte. Le malade, reconnaissant de tout ce que ce docteur avait fait pour lui, promit de lui donner tout ce qu’il désirerait. Rabbi Isaac choisit, naturellement, la prisonnière.
Ne pouvant revenir sur sa promesse, le Comte lui accorda sa demande, bien qu’il perdît ainsi le meilleur moyen d’humilier son fier ennemi, le bourgmestre de Strasbourg.
Rabbi Isaac se dépêcha de retourner à Muehlheim d’où deux hommes accompagnèrent la jeune fille à la maison de son père.
En revoyant sa fille et en apprenant comment elle avait pu être libérée, Hans Joerg autorisa les Juifs d’Alsace à s’établir à Strasbourg.
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Un Machia’h humain, pour quoi faire?

Machia’h et les courtiers en hypothèques

par Yossi Braun

Question :
Je comprends l’idée que le monde a un sens et un destin et qu’il évolue vers un état de perfection et de rédemption. Mais pourquoi est-il nécessaire qu’un être humain en soit le rédempteur ? Si la rédemption est si importante, D.ieu ne peut-Il pas la réaliser Lui-même ?
Réponse :
En mode rabbin typique, je vais expliquer cela par une parabole.
J’ai récemment remarqué que les courtiers hypothécaires se multiplient un peu partout. De plus en plus de gens préfèrent recourir aux services d’un courtier en hypothèques plutôt qu’au système désuet consistant à prendre rendez-vous avec leur banque. La raison ? Avec autant de différents prêts et prêteurs sur le marché, il est fortement conseillé de s’appuyer sur un courtier en hypothèques qui fera les démarches pour vous. Avec un courtier, vous avez accès à une plus grande gamme d’options hypothécaires, vous aurez un meilleur service et vous pouvez demander au courtier de négocier avec les prêteurs en votre nom. Les banques bénéficient également de cette tendance, car elles peuvent économiser en main-d’œuvre en sous-traitant aux courtiers la tâche de trouver des emprunteurs acceptables. Plus important encore, le courtier « comprend la langue » à la fois des prêteurs et des clients. De ce fait, il constitue un bon intermédiaire.
Personne d’autre que nous ne peut accomplir ce travail. Tous les autres ont un « conflit d’intérêts »...
Que se passerait-il si l’on découvrait qu’un courtier hypothécaire est en réalité l’employé d’un établissement de crédit ? C’est ce que nous appellerions un courtier malhonnête. Il perdrait sa licence et serait sans doute sous le coup d’un éventail de sanctions juridiques. Ce serait comme si deux parties en conflit acceptaient finalement une médiation, mais découvraient ensuite que l’arbitre désigné a un intérêt personnel ou financier direct dans l’issue de cet arbitrage.
C’est pareil avec Machia’h. Notre devoir est de créer une union entre la substance matérielle du monde et sa réalité spirituelle, de marier le Ciel et la Terre. Appelez cela arbitrage, négociation, courtage ou entremise si vous voulez. Nous avons été chargés de la mission sacrée de parfaire ce monde en apportant spiritualité et divinité dans une réalité impie. Toutes nos mitsvot sont centrées sur cet idéal de combler le fossé entre le divin et le mondain. Chaque fois que nous nous engageons dans l’acte physique de l’accomplissement d’une mitsva, nous accélérons le processus de « faire descendre » le Divin dans notre environnement.
Personne d’autre que nous ne peut accomplir ce travail. Tous les autres ont un « conflit d’intérêts » et représentent l’une des deux parties. Qui proposez-vous comme négociateur entre les deux parties ? D.ieu ? Il ne peut pas, pour ainsi dire, le faire à Lui tout seul. Il représente l’une des parties...
Nous, en revanche, possédons une âme qui est « une partie de D.ieu en haut », mais cette âme divine s’habille dans un corps physique. Nous « comprenons la langue » des deux parties et sommes donc le candidat idéal pour la tâche consistant à les fusionner.
Le couronnement de ce processus sera atteint à l’Ère de la Rédemption, lorsque toutes les dimensions de notre existence mondaine seront véritablement imprégnées de divinité. Dans les mots de nos Sages : « Actuellement, nous sommes dans un état de fiançailles ; dans le monde à venir, ce sera le mariage. »
Machia’h, celui qui introduira la rédemption, est « un homme de ce monde », un être humain de chair et de sang qui subit des difficultés physiques telles que le stress, l’opposition et les problèmes de santé. Pourtant, son âme sera pure. Il aura totalement soumis son ego et son intellect à la volonté divine. Il aura une bonne perspective tant du Ciel que de la Terre.
Il sera assurément un courtier honnête.

PAR YOSSI BRAUN
Le Rav Yossi Braun enseigne le Talmud, la loi juive et le 'Hassidisme à Sydney en Australie.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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Le père d’une des victimes de Paris partage ses souvenirs et sa douleur

Le papa de Yoav Hattab, 21 ans, pleure son fils et exhorte à faire des mitsvot à sa mémoire

par le rav Binyamin Hattab


Yoav Hattab, à droite, avec un ami.
Yoav Hattab, à droite, avec un ami.

Par la grâce de D.ieu
Vendredi, Erev Chabbat, Parachat Vaera
25 Tévet 5775 - 15 janvier 2015
Ces derniers jours, j’ai ressenti l’amour de tout le peuple juif. J’ai ressenti ce grand deuil qui s’est abattu sur nous tous avec l’horrible assassinat de Yoav, qui fut tué avec Yohan, François-Michel et Philippe par un terroriste.
Cet amour a profondément touché nos cœurs, et je ressens le besoin de mettre mes sentiments par écrit et de les partager avec vous. Que puis-je écrire sur Yoav, un jeune homme charmant, chéri de mon cœur, qui nous fut si subitement arraché ? Cher Yoav, tu as laissé un trou béant, une plaie ouverte dans nos cœurs qui ne guérira jamais. Vendredi après-midi, nous avons reçu ce terrible coup de téléphone de Paris. On nous a dit qu’un terroriste avait investi l’Hyper Cacher et que notre Yoav se trouvait à l’intérieur. Il y avait des rumeurs selon lesquelles plusieurs personnes avaient été tuées en luttant contre le terroriste.
En larmes, j’ai dit à ceux qui étaient près de moi que j’étais certain que Yoav comptait parmi eux. Parce que Yoav n’était pas homme à regarder tranquillement un terroriste essayant de tuer des gens. Je savais qu’il allait se battre. Je savais qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour arrêter la sauvagerie, même si cela signifiait mettre sa propre vie en jeu
Quelques heures plus tard, il s’avéra que j’avais tragiquement vu juste. Peu après que le terroriste soit rentré dans le magasin, Yoav prit l’une de ses armes et tenta de lui tirer dessus. L’arme s’enraya et le terroriste l’abattit sur place.
L’âme de Yoav s’éleva directement au paradis, pour demeurer parmi tous les justes, avec les autres martyrs qui ont donné leur vie pour sanctifier le nom de D.ieu.
Yoav a grandi dans un foyer imprégné d’éducation. Notre famille a le grand mérite de poursuivre la mission du Rav Nissan Pinson, que sa mémoire soit une bénédiction, et de son épouse Rachel, puisse-t-elle vivre en bonne santé, qui furent envoyé par le Rabbi – Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie – à Tunis pour insuffler de la vitalité à la communauté juive et y fonder des institutions éducatives.
Même dans les moments les plus difficiles pour notre communauté à Tunis, le Rabbi nous a grandement encouragés et Yoav baigna dans cet esprit de joie et de préoccupation pour l’autre, et l’intégra à sa propre vie.
Yoav était un bon élève. Mais, par-dessus tout, il était dévoué de toute son âme au service de D.ieu et débordait d’amour pour son prochain. Il était rempli de souci et d’amour envers chacun, aidant les autres dès que l’occasion se présentait.
Yoav Hattab envoya ce dernier SMS vendredi dernier juste avant d’entrer au Hyper Cacher, où il fut assassiné.
Yoav Hattab envoya ce dernier SMS vendredi dernier juste avant d’entrer au Hyper Cacher, où il fut assassiné.
D.ieu a béni Yoav d’une voix douce. Il était un chantre et un lecteur de la Torah, dont le chant et les prières étaient un plaisir à écouter. Il priait et lisait la Torah de tout son cœur et sa voix touchait tout le monde.
Et il n’utilisait pas ses talents seulement pour lui-même : il préparait régulièrement des enfants à leur bar-mitsva, leur enseignant le soir après de longues journées de travail, et ce, gratuitement. Et, discrètement, sans tambour ni trompette, il donnait aussi beaucoup de charité.
Yoav manquera beaucoup à sa famille qui l’aime tellement, mais presque autant à ses amis, envers qui il a toujours été si dévoué et serviable.

« Honorez la Reine Chabbat »

Yoav avait un amour spécial du Chabbat. Il faisait les préparatifs pour le Chabbat, achetait les meilleurs aliments et les préparait lui-même. Avant le Chabbat, il se baignait et se parfumait comme un jeune marié pour son épouse, puis se rendait à la synagogue où il menait les offices.
Il se levait tôt le Chabbat matin pour étudier la partie hebdomadaire de la Torah. Même dans ses derniers moments, il était parti acheter des aliments pour honorer son Chabbat bien-aimée.
Il n’a jamais manqué un jour de mettre les téfilines et il n’a jamais connu de période sans étude de la Torah. Ce même vendredi, il avait eu un cours dans la matinée avec le Rav Taïeb.
Yoav observait méticuleusement les mitsvot, y compris le commandementd’honorer ses parents. En même temps, il encourageait toujours ses amis à ajouter une mitsva, puis encore une autre. Dans sa dernière conversation par SMS, quelques minutes avant d’entrer à Hyper Cacher, il exhortait son ami à augmenter son observance du Chabbat.
Tel était notre bien-aimé Yoav.
Ces derniers jours, nous avons reçu tant d’amour et de soutien du peuple juif. Des milliers de personnes qui n’ont jamais rencontré Yoav sont venues à son enterrement pour nous consoler et partager notre chagrin. Cela a profondément touché nos cœurs.
Si je peux formuler une demande, ce serait de perpétuer le souvenir de Yoav en partageant son amour, en essayant d’aimer le peuple juif encore plus. Et, comme Yoav, d’encourager tous ceux que vous connaissez à augmenter dans les mitsvot pour le mérite de son âme et des âmes des autres victimes, Yohan, Philippe et François-Michel.
Vos bonnes actions perpétueront leurs vies, qui furent brutalement écourtées. C’est ce que Yoav aimait et maintenant, du ciel, il regarde vers le bas avec les autres et il se réjouit de voir que nous continuons son chemin, ajoutant de bonnes actions et encourageant les autres à faire de même.
J’aimerais demander expressément que tous ajoutent à l’honneur de la reine Chabbat, si chère à notre fils. Même si vous ne vous sentez pas encore prêt à observer l’intégralité du Chabbat, essayer de le faire au moins partiellement. Allumez les bougies de Chabbat, faites un repas de Chabbat avec votre famille, assistez à la prière à la synagogue et, quand vous entendrez la douce voix du chantre, rappelez-vous la douce voix de notre cher Yoav, la voix qui chante dans le ciel pour toutes les âmes des justes : « Lekhou neranéna laHachem, Allons chanter devant D.ieu ! » Ce serait particulièrement touchant de le faire maintenant, alors que nous sommes encore dans la période de deuil pour les défunts.
Notre Yoav, s’il te plaît, demande au Maître du Monde qu’Il mette un terme à toutes les souffrances de notre peuple, qu’Il nous envoie Machia’h et que nous puissions de nouveau te voir et te prendre dans nos bras.
Nous t’aimons beaucoup et penserons toujours à toi.
Binyamin Batou Hattab
Tunis
Rabbin, Grande Synagogue
Directeur, école Yéchiva Oholei Yossef Its’hak Loubavitch
Vous êtes invités à adresser vos condoléances à la famille au moyen des commentaires des lecteurs.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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