Machia'h arrive, le saviez-vous?
En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil

lundi 9 février 2015


La repentance du tsadik
par Tuvia Bolton

Il y a plus de 1000 ans, vivait un grand et saint maître du nom de Rav Saadia Gaon (882-942). Le Gaon (comme les sages juifs de Babylone l’avaient nommé à l’époque) avait plusieurs centaines d’élèves, tous animés d’une grande soif d’apprendre. Le moindre mouvement ou la moindre parole de leur maître vénéré constituait pour eux une leçon de vie.
Un matin d’hiver, il arriva que deux de ses élèves se promenant dans les montagnes, entendirent un bruit étrange de l’autre côté d’une colline. À l’approche du sommet ils virent, à leur grande surprise, leur maître assis sur le sol couvert de neige, pleurant, priant et se mortifiant. De quoi un tsadik (une personne parfaitement vertueuse) tel que leur maître pouvait-il avoir besoin de se repentir ? Se pouvait-il qu’il ait commis le moindre péché, à D.ieu ne plaise ? Ils quittèrent précipitamment l’endroit, mais, plus tard ce jour-là, ils ne purent plus se contenir et ils demandèrent à leur maître le sens de la scène dont ils avaient été témoins.
– Je fais cela tous les jours, leur dit-il. Chaque jour, je me repens et implore D.ieu de pardonner mes fautes et mes manquements dans Son service.
– Vos manquements ? demandèrent-ils. De quels manquements le Gaon parle-t-il ?
– Laissez-moi vous raconter une histoire, dit Rav Saadia. Quelque chose qui m’est arrivé il y a longtemps.
À un certain moment de ma vie, je résolus que les honneurs et les égards que je recevais de tous ceux qui m’entouraient perturbaient mon service du Créateur. D.ieu doit être servi avec joie et, sans une totale humilité, la joie est impossible. Je décidai donc que je passerais plusieurs mois dans un endroit où personne ne me reconnaitrait.
Je m’habillai de vêtements simples et entrepris l’exil que je m’étais imposé, errant de ville en ville. Un soir, j’étais dans une petite auberge tenue par un vieux Juif. C’était un homme très gentil et simple ; nous avons discuté pendant un moment avant que j’aille me coucher. Tôt le lendemain matin, après avoir prié cha’harit (la prière du matin), je lui dis au revoir et repris la route.
Ce que je ne savais pas, c’est que plusieurs de mes élèves me recherchaient et quelques heures après que j’eus quitté l’auberge, ils y arrivèrent, suivant mes traces. « Avez-vous vu Rav Saadia Gaon ? demandèrent-ils au vieil homme. Nous avons des raisons de croire qu’il était ici. »
« Saadia Gaon? reprit le vieux Juif abasourdi. Qu’est-ce que le grand Rav Saadia pourrait venir faire dans un endroit comme celui-ci ? Rav Saadia Gaon dans mon auberge ? Non... Je suis sûr que vous faites erreur. Il n’y avait pas de Rav Saadia Gaon ici. »
Mais quand les jeunes hommes me décrivirent et lui parlèrent de mon exil et de mon « déguisement », le vieux Juif se prit la tête entre les mains et s’écria : « Oy ! Rav Saadia ! Rav Saadia était ici ! Vous avez raison ! Oy, Oy ! » et il courut au dehors, sauta dans son chariot et pressa son cheval pour aller aussi vite que possible dans la direction que j’avais prise.
Il me rattrapa bientôt, sauta de son attelage et tomba à mes pieds en pleurant : « S'il vous plaît, pardonnez-moi, Rav Saadia. S'il vous plaît, pardonnez-moi ! Je ne savais pas que c’était vous ! »
Je le fis se lever et s’épousseter, puis je lui dis : « Mais mon cher ami, vous m’avez très bien traité, vous avez été très gentil et accueillant. Pourquoi êtes-vous si désolé ? Vous n’avez rien à vous reprocher. »
« Non, non, rabbi, répondit-il. Si j’avais su qui vous étiez, je vous aurais servi totalement différemment ! »
Soudain, je réalisais que cet homme m’enseignait une leçon très importante dans le service de D.ieu, et que les desseins de mon exil étaient accomplis. Je le remerciais et le bénis, et rentrais chez moi.
Depuis lors, tous les soirs quand je dis ma prière avant de dormir, je repasse dans mon esprit la façon dont j’ai servi D.ieu ce jour-là. Alors, je pense à ce vieil aubergiste, et je me dis : « Oy ! Si j’avais su au début de la journée ce que je sais maintenant à propos de D.ieu, je L’aurais servi totalement différemment ! »
Et c’était ce sur quoi je me repentais ce matin.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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La Rabbanit 'Haya Mouchka

Une brève biographie

3. Son mariage
par Shmuel Marcus

Avant de quitter la Russie, ‘Haya Mouchka se fiança au Rabbi, Rabbi Mena’hem M. Schneerson.
La tenue du mariage fut différée jusqu’en 1928. Il eut lieu le 14 Kislev, à Varsovie, en Pologne.
La veille de la cérémonie, des milliers de Juifs affluèrent à la gare de Varsovie pour y accueillir son père et sa famille. Ce jour-là, une multitude de ‘Hassidim venus de toutes les régions de Pologne, de Lituanie et de Russie arriva dans la capitale.
À huit heures  du soir, en présence des étudiants de la Yéchiva Tom’hei Temimim, son père célébra le repas du « ‘Hosson mohl », au cours duquel il prononça un maamar [dissertation ‘hassidique]. Minuit passa, et le repas battait son plein. Son père exprima le désir de se réjouir avec les élèves de la Yéchiva, et ils formèrent immédiatement un cercle, au centre duquel il dansa pendant un bon moment.
Le jour suivant, le 14 Kislev, à cinq heures du soir, commença la « kabbalat panim ». Des ouvreurs furent placés à l’entrée de la Yéchiva, et seules les personnes munies d’invitations officielles furent autorisées à entrer : des milliers de personnes entouraient le bâtiment et celui-ci ne pouvait tout simplement pas contenir tout ce monde.
À des milliers de kilomètres de là, à Dniepropetrovsk (Yekatrinoslav) en Russie, une autre célébration avait lieu. Les parents du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak Schneerson et la Rabbanit ‘Hanna, dans l’incapacité d’assister au mariage de leur fils, avaient organisé un banquet et un farbrenguen dans leur maison, auxquels des centaines de Juifs de la ville participèrent.
Le 14 Kislev 5714, vingt-cinq ans plus tard, le Rabbi dit à ses ‘Hassidim : « C’est ce jour qui m’a attaché à vous, et vous à moi... »
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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dimanche 8 février 2015


Les Bnei Noah et l'Empire romain 

Lorsque se leva la Rome impériale, les Bnei Noah étaient devenus suffisamment importants pour que le gouvernement romain leur accorde...


Breslev Israël est heureux de vous présenter le fruit de notre collaboration avec l'encyclopédieWikiNoah, l'encyclopédie en ligne des Bnei Noah. Ce texte est le troisième d'une série d'articles qui seront prochainement publiés dans l'encyclopédie WikiNoah. Nous espérons que les informations présentées ci-dessous vous permettront de vous familiariser avec le concept des Bnei Noah.
Les enfants d'Israël en Égypte
 
Contrairement à ce que prétendent certains, nous savons que lorsque Ya'aqov (Jacob) amena sa famille en Égypte, les Sept Lois de Noé étaient respectées par la majorité des personnes. Ce fait est attesté par la croyance égyptienne selon laquelle chaque personne défunte devait prononcer une “Confession négative” après sa mort. Le texte de cette confession reprend en grande partie les principes édictés dans les Sept Lois de Noé (il ne faut pas oublier que la majorité des Lois de Noé sont négatives).
 
Après le décès des douze fils de Ya'aqov, un roi méchant se leva en Égypte – le Pharaon – dont l'objectif fut d'asservir le peuple juif, de détruire leurs concepts spirituels et éthiques et de réduire leur liberté de penser. Cette situation difficile pour le peuple juif dura pendant plusieurs siècles. Cependant, D-ieu vit la souffrance des juifs et Il se souvint de la relation unique qu'Il avait établie avec Avraham,Yits'haq et Ya'aqov. Au moment voulu, D-ieu fit sortir le peuple juif d'Égypte grâce aux dix plaies et à de nombreux miracles.
 
Par l'intermédiaire du prophète Moché (Moïse), qui méritait de leur enseigner et de les diriger, les juifs furent libérés.
 
Moché emmena les juifs dans le désert du Sinaï. C'est dans ce désert que le people juif s'assembla autour d'une montagne de taille modeste sur laquelle Moché grimpa vers D-ieu, à la vue de tout le monde. Il resta sur cette montagne afin de recevoir l'entière Tora de D-ieu, grâce à ses facultés prophétiques. Il descendit ensuite enseigner la Tora aux juifs. C'est à cet instant que le peuple juif – tel qu'il existe de nos jours – fut fondé. Ce peuple fut donc chargé de respecter la totalité des Commandements divins (la répétition des Lois de Noé plus celles ajoutées et qui forment l'Alliance deMoché composée de 613 lois).
 
Cet évènement eut lieu en l'année 1312 avant l'ère commune. À cet instant – pendant lequel le monde entier savait exactement ce qui se passait dans le désert du Sinaï – l'état du Jardin du Paradis fut restitué à l'humanité. (Cet état serait de nouveau perdu plus tard à cause de différents péchés et erreurs de jugement).
 
Les autres nations du monde reçurent de nouveau les Sept Lois qui avaient été enseignées à Noé. Les juifs reçurent la responsabilité d'enseigner ces lois aux non juifs du monde. Depuis cette date, chaque personne non juive qui respecte les Sept Lois est appelée “'Hassidé Oumoth ha'Olam” (“personne pieuse parmi les nations”).
 
De la sorte, les juifs furent sortis de l'enfer égyptien et voyagèrent dans le désert, avant de pouvoir s'installer en Terre d'Israël. C'est cette terre qui représente l'endroit naturel pour les juifs pour vivre, développer leur sagesse et mettre en pratique la loi biblique. Arrivés en Terre sainte, les juifs nommèrent un roi pour les diriger selon la Tora et pour construire un Temple à Jérusalem. Dans ce Temple, seraient offerts les sacrifices quotidiens, telle que la loi le prescrit. Ainsi, les juifs purent réaliser leur tâche qui consiste à établir le lien entre les créations terrestres et leurs origines célestes.
 
Lorsque les juifs vivaient sur leur terre – avec le Temple parmi eux – ils possédaient un niveau spirituel particulièrement élevé. Les prophéties représentaient un facteur important de leur vie. Pendant ces siècles, d'autres empires se levèrent – la Grèce et son excellence scientifique et artistique, la Perse et Babylone avec leurs cultes élaborés de sorcellerie… – avant de disparaître. Même si le monde grec produisit de véritables grands penseurs – tel que le philosophe Aristote – son culte de la beauté amena de nombreuses personnes à une forme d'hédonisme et partant, à des comportements immoraux et idolâtres.
 
L'influence grecque s'oppose d'une façon directe avec les idées prônées dans la Tora. La force d'attraction de cette philosophie parvint à pénétrer le monde juif, y compris celui de l'étude de la Tora. Durant les premières années du second Temple de Jérusalem, les partisans de cette philosophie montèrent une campagne d'une force immense dans le but de conquérir la Terre d'Israël et de forcer les juifs qui y résidaient à abandonner leur vie de Tora.
 
Les grecs s'opposaient à la Tora, comme aux Sept Lois de Noé, à cause de leur condamnation de tout ce qui possédait un aspect saint. Les grecs désiraient avant tout salir la sagesse juive en y faisant pénétrer des concepts impurs. Leur objectif était de faire perdre son influence à la sagesse juive et à sa capacité de représenter une force d'attraction pour enseigner les Sept Lois de Noé aux non juifs.
 
Les grecs envoyèrent des troupes armées dans le Temple de Jérusalem. Ces troupes essayèrent de détruire tous les autels qu'elles pouvaient et de contaminer l'huile d'olive sainte qui était utilisée pour allumer les lampes. Cela n'était nullement un acte anodin de destruction. De fait, l'huile et la lumière qu'elle répandait représentent dans le service du Temple le maintien de la sagesse biblique.
 
Cependant, les Kohanim – les prêtres du peuple juif – dont la vie était vouée au service du Temple se révoltèrent contre l'envahisseur. Avec l'aide divine, ils remportèrent une victoire militaire éclatante. En entrant de nouveau dans le Temple de Jérusalem, ils découvrirent qu'il ne restait plus qu'une seule fiole d'huile scellée qui n'avait pas été contaminée. Cette fiole contenait suffisamment d'huile pour un seul jour, tandis qu'il fallait une huitaine de jours pour faire une huile nouvelle.
 
Refusant de baisser les bras, ils mirent leur foi entre les mains de D-ieu. De fait, plutôt que de brûler les vingt-quatre heures prévues, l'huile brûla pendant huit jours… ce qu'il leur donna le temps d'en faire une nouvelle. Cet évènement est à l'origine de la fête juive de 'Hanouka pendant laquelle des lumières sont allumées pendant huit jours, ceci afin de perpétuer le miracle.
 
La victoire sur les grecs ne permit pas seulement d'assurer une protection importante pour la nation juive contre un nouvel envahisseur. Cette victoire permit également de restaurer la Tora (la Bible) à sa place et de maintenir un certain ordre moral dans le monde. Les juifs retrouvèrent aussi leur capacité à enseigner les Sept Lois, sans intervention extérieure.
 
Grâce à cette nouvelle situation, l'influence des Sept Lois s'agrandit pendant les années qui suivirent. De fait, un nouveau mouvement apparut au sein des grecs et des autres nations. L'objectif de ce mouvement était d'abandonner la culture grecque et de chercher à sa place la lumière de la Tora.
 
À l'époque du Temple
 
À l'époque du Temple, les personnes non juives qui acceptaient d'une manière officielle de respecter les Sept Lois avaient le droit de vivre en Terre d'Israël, parmi la nation juive. Cette exigence est sans doute la “politique d'immigration” d'un État politique la plus ancienne qu'il est possible de trouver dans l'histoire du monde. Ensemble, les juifs et les non juifs partageaient l'aspect divin de cette terre, avec ses joies inhérentes. En Terre d'Israël – et à l'extérieur – les non juifs établirent de larges communautés, en association avec les synagogues.
 
Lorsque se leva la Rome impériale, ils étaient devenus suffisamment importants pour que le gouvernement romain leur accorde un statut spécial dans ses lois. L'influence et la croyance des personnes qui respectaient les Sept Lois se faisaient sentir à travers tout l'empire romain. Plus tard, ces personnes seraient appelées “les personnes qui craignent D-ieu”.
 
En Italie et dans les autres régions de l'ouest de l'Empire, ces personnes étaient appelées par le mot latin “metuentes”. Dans les régions de l'est – où l'on parlait grec – les personnes qui craignaient D-ieu étaient encore plus nombreuses et on les nommées des “phoboumenoi” (”ceux qui craignent l'Unique”) ou “theosebei” (“croyant de D-ieu). Une inscription – trouvée dans une synagogue d'Aphrodisiais (Turquie) en 1976 – commémore la mémoire de donateurs à des organismes de charité.
 
Sur cette inscription, les noms de personnes sont séparés en deux groupes : le premier est celui des personnes de confession juive, tandis que le second est réservé aux personnes grecques telles que“Polychronios”, “Apianos”, et “Athenagoras”. Ce groupe est intitulé “ceux qui craignent l'Unique”.
Une inscription identique fut également trouvée dans une synagogue de Sardis (Turquie). Cette inscription porte l'indication de trois groupes distincts de personnes : juives, convertis au judaïsme et ceux qui respectent les Sept Lois. Les personnes qui “craignaient D-ieu” sont aussi mentionnées à plusieurs reprises par les commentateurs et les historiens romains. Ces références sont souvent empreintes de sarcasme et de moquerie à cause des rapports étroits qu'elles entretenaient avec le monde juif et ses idées.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.

En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.

Pourim avec Le Rabbi De Loubavitch



La personnalité du Machia’h
par Menahem Brod

Que savons-nous du Machia’h ? Quel genre de personnage sera-t-il ?
Il ressort des différentes sources en la matière qu’il s’agira d’une personnalité d’une envergure telle qu’il n’en a jamais existé dans l’histoire. Sur le verset d’Isaïe (52,13) : « Voyez, Mon serviteur prospèrera ; il s’élèvera, grandira, sera placé très haut. », le Midrache1 commente :
« Il s’élèvera » plus haut qu’Abraham... il « grandira » plus que Moïse... il « sera placé très haut », plus haut que les anges du service divin.
Il est également expliqué que, dans l’expression « il sera placé très haut », le mot « très », en hébreu « méod », fait allusion au fait qu’il sera d’un niveau supérieur même à celui d’Adam, le premier homme (méod ayant en hébreu les mêmes lettres que adam).
Il apparaît également que le Machia’h n’atteindra pas ce niveau d’un seul coup. Il s’élèvera progressivement à mesure qu’avancera le processus de la Délivrance, jusqu’à atteindre sa plénitude lorsque celle-ci aura totalement abouti. Sur le verset des Psaumes (2,7) : « Je t’ai aujourd’hui enfanté », qui fait référence au Machia’h, le Midrache Téhilim enseigne qu’au moment de la Délivrance, le Machia’h sera comme une personne qui naît de nouveau, car il recevra alors des forces nouvelles : « Lorsque viendra son heure, D.ieu leur dira : “Je dois faire de lui une créature nouvelle.” » Il ressort que le Machia’h lui-même connaîtra des transformations – au point d’être une « créature nouvelle » – dans le processus messianique.

Et lui ne le saura pas...

Dans les ouvrages de Kabbale,2 ce sujet est rapporté de manière encore plus explicite :
Le roi Machia’h sera assurément un tsadik [un homme vertueux], fruit de l’union d’un homme et d’une femme, mais en ce jour sa vertu s’accroîtra... et alors, en ce jour-là, l’échéance arrivée, l’âme de son âme qui se trouvait jusqu’alors dans le Jardin d’Éden sera donnée à ce tsadik et il deviendra alors le Libérateur. Il sera à l’image de notre maître Moïse, qui était un être humain et qui s’éleva petit à petit jusqu’à atteindre la plénitude de son âme.
Le verset « Je t’ai aujourd’hui enfanté » y est interprété comme se rapportant « au degré de “l’âme de son âme” qui naîtra alors. »
Le ‘Hatam Sofer3 écrit dans le même esprit :
Tout comme notre maître Moïse, le premier libérateur, qui atteint l’âge de 80 ans sans savoir et sans ressentir qu’il serait le libérateur d’Israël... ainsi sera, si D.ieu le veut, le dernier libérateur... Et lorsque le moment sera venu, D.ieu se révélera à lui, suscitant ainsi l’esprit du Machia’h qui demeure caché et enfoui En Haut jusqu’à sa venue... Et ce tsadik lui-même ne sait pas... Cependant, quand viendra le moment, si D.ieu le veut, D.ieu se révélera à lui comme Il s’est révélé à Moïse dans le buisson.
Le livre Or Ha’hama précise la nature de ce processus. Dans son commentaire sur le Zohar, il rapporte au nom de Rabbi ‘Haïm Vital que, lorsque le Zohar parle de la révélation du Machia’h en terme d’« éveil », la raison en est que :
C’est comme si le Machia’h était en sommeil, et quand il recevra « l’âme de l’âme », il recevra le don de prophétie et s’éveillera de son sommeil... Alors le Machia’h recevra ce degré de l’âme, celui-ci se révélera en lui et il aura alors conscience qu’il est le Machia’h, car cela n’était pas perceptible en lui jusqu’alors, toutefois les autres hommes ne le reconnaîtront pas encore... Ensuite, le Machia’h se révélera totalement et tout Israël le reconnaîtra alors et se ralliera à lui.
Il apparaît donc que le processus de la révélation du Machia’h sera graduel, depuis l’état de tsadik qui n’a pas conscience d’être le Machia’h, jusqu’à s’élever de plus en plus, au point de recevoir des forces très hautes ainsi que l’âme du Machia’h qui demeurait jusqu’alors sous le Trône Céleste. À ce stade, il saura qu’il est le Machia’h, mais le peuple ne le saura pas, jusqu’à ce qu’il se révèle en parvenant à sa plénitude.

Roi et prophète

Le Machia’h sera un roi, un prophète et un guide. Maïmonide décrit la personnalité du Machia’h en deux endroits : à la fin des Lois des Rois,4 il le décrit comme un roi qui « s’adonnera à l’étude de la Torah et accomplira les mitsvot comme son ancêtre David », il ramènera le peuple juif dans le chemin de la Torah, il combattra les peuples qui persécutent Israël, pour finalement préparer « le monde entier à servir D.ieu ensemble » ; dans les Lois du Repentir,5 il le décrit comme un grand prophète et comme un guide : « Ce roi qui se lèvera de parmi la descendance de David sera sage, plus encore que Salomon, ainsi qu’un grand prophète, proche de notre maître Moïse. C’est ainsi qu’il enseignera à tout le peuple et lui indiquera le chemin de D.ieu. »
De fait, le processus messianique connaîtra deux périodes6 :
Dans une première période, le Machia’h aura pour tâche de ramener le peuple juif dans le chemin de la Torah, d’affronter certaines nations et d’éliminer le mal du monde, il se manifestera essentiellement en tant que « roi » ; lorsque le monde aura été amendé et élevé, cette démarche de « royauté » deviendra alors secondaire et ce sont alors ses qualités de « prophète » et de « rav » qui deviendront prépondérantes.7 Il enseignera à tout le peuple et l’amènera à ce que « les Juifs seront tous de grands Sages, connaissant les choses cachées, comprenant l’intention de leur Créateur comme ce que peut en saisir l’Homme ».8

NOTES
1.Yalkout Chimoni sur Isaïe.
2.Araba Méot Chekel Kessef de Rabbi ‘Haïm Vital, p. 78.
3.Likoutim, fin des Cheelot Outechouvot sur‘Hochen Michpat 98.
4.Chapitre 11, alinéa 4.
5.Chapitre 9, alinéa 2.
6.Likoutei Si’hot parachat Vayigach 5751 (1991) ; Discours du Rabbi de Loubavitch d’A’haron chel Pessa’h et de la parachat Chemini 5730 (1970).
7.Voir Derekh Mitsvotekha sur Mitsvat Minouï Melekh (p. 220), qui explique que même lorsqu’il agira en tant que “rav”, le Machia’h le fera comme un “roi” car, “tout ce qui sera révélé au Machia’h ne leur sera pas révélé, mais restera pour eux transcendant. Pour cette raison, il sera encore appelé un roi pour eux, car la royauté est ce qui demeure au-delà de l’intellect de celui sur qui elle s’exerce.”
8.Fin du Michné Torah de Maïmonide.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


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La Aliyah en Israël est-elle bonne pour les Juifs?
Lettres du Rabbi de Loubavitch


5741
Professeur _______
Johannesburg, Afrique du Sud
Salutations et Bénédiction :
J’accuse réception de votre lettre, qui m’est parvenue avec un certain retard. Je regrette que les responsabilités qui sont les miennes m’aient empêché de le faire plus tôt.
En ce qui concerne l’objet de votre lettre, à savoir, une demande de clarification de mon point de vue sur la aliyah : j’aurais espéré que, dans la mesure où laaliyah n’est pas une question académique, mais une réalité effective depuis de nombreuses années, les faits concrets auraient été suffisamment éloquents sans qu’il y ait besoin d’exprimer des opinions et des avis. Cependant, puisque vous sollicitez encore ma réponse à une lettre d’il y a plus d’un an, je vais résumer mon point de vue, après quelques remarques préliminaires.
S’agissant de Loubavitch, vous savez sûrement qu’il existe un village ‘Habad en plein développement près de Lod, peuplé d’immigrants provenant de derrière le Rideau de Fer et, plus récemment, un second Kfar ‘Habad a commencé à émerger avec des projets pour des centaines d’appartements supplémentaires. Il y a un quartier ‘Habad à Kiryat Malachi, nommé Nachalat Har ‘Habad et un Shikoun ‘Habad à Jérusalem. Il y a également une Kiryat ‘Habad en pleine expansion à Safed (Tsfat). Cette aliyah ‘Habad organisée s’ajoute bien sûr, aux anciens yishouvim ‘Habad qui existent depuis l’époque du fondateur du mouvement ‘Habad (il y a quelque 200 ans). Par ailleurs, de nombreuses familles individuelles, pas nécessairement ‘Habad (Loubavitch), ont demandé conseil et ont été incitées à s’établir en Erets Yisrael sur la base de leurs situations respectives.
En ce qui concerne la aliyah en général – en dehors des situations où il y a une nécessité impérieuse d’émigrer, comme dans les pays arabes, l’Union soviétique, etc., et à l’exception des cas particuliers tels que la réunification des familles et autres – il est clair que, dans la mesure où les ressources disponibles sont limitées, le type d’aliyah sur lequel il convient de concentrer les efforts doit être déterminé par un ensemble de priorités. Pour cela, plusieurs facteurs de base doivent être pris en compte :
1) Que le nouvel immigrant arrivant en Erets Yisrael puisse être en mesure de contribuer au développement et au bien-être d’Erets Israël, et certainement pas lui être préjudiciable.
2) Que le nouvel immigrant puisse être en mesure de s’intégrer à l’économie du pays, et ne pas ajouter au fardeau excessif que celui-ci subit déjà.
3) Même lorsque les conditions (1) et (2) sont remplies, le gain d’un nouvel immigrant, ou d’un groupe d’immigrants, doit être comparé à la perte que leur émigration de leur pays actuel causera à la communauté juive locale. S’il se trouve que la personne est un leader dans sa communauté et que son départ affectera sérieusement le bien-être de celle-ci – spirituellement, économiquement ou politiquement –, affaiblissant ainsi le soutien de la communauté pour Erets Yisrael, il est clair que le gain sera largement neutralisé par la perte. Nous avons vu cela se produire à maintes reprises, lorsque les dirigeants d’une communauté furent persuadés de faire leur aliyah, entrainant inévitablement que la communauté connut un déclin rapide, tant physique que spirituel. Dans une petite communauté, le départ d’un seul membre influent, qu’il s’agisse d’un rabbin ou d’un fidèle, peut faire toute la différence.
S’il fut un temps, il y a des décennies, où les considérations qui précèdent (que j’ai toujours appelé à prendre en compte) étaient perçues comme conjecturales, les effets à long terme d’une aliyah mal conçue ne laissent plus de place au moindre doute quant au type d’aliyah qui est constructif. Cela fait bien trop longtemps que ceux qui sont concernés par la aliyah, avec les meilleures intentions, considèrent seulement le gain immédiat et ignorent la perte à plus long terme. D’autres, dans leur zèle pour produire des « réalisations » rapides ont, involontairement ou non, eut recours à des méthodes de propagande, etc., qui furent encore plus préjudiciables à toutes les parties concernées – Erets Yisrael, la diaspora et les immigrants eux-mêmes –, ce qui a contribué dans une mesure non négligeable aux niveaux excessifs de yeridah.
Un exemple classique de cela est l’émigration du Maroc. La campagne de laaliyah fut concentrée sur le groupe offrant le moins de résistance, à savoir les chefs spirituels, malgré mes avertissements, par voie discrète, des conséquences désastreuses que ne manquerait pas d’engendrer le fait de démunir les communautés locales de leur leadership. L’argument de base était que « les dirigeants doivent montrer le chemin, le troupeau suivra ». Ce qui est arrivé est que les dirigeants firent, en masse, leur aliyah, mais les communautés locales devinrent largement démoralisées. Au final, des centaines de milliers de Juifs marocains émigrèrent, non pas en Terre d’Israël, mais en France, où ils furent exposés à des forces d’assimilation qu’ils n’avaient pas rencontrées auparavant. Cela se produisit bien que le Maroc fut le plus bienveillant des pays arabes (ce qu’il est encore, ce qui est en soi miraculeux).
Il va sans dire qu’il ne suffit pas de faire en sorte que quelqu’un devienne unoleh ; il est nécessaire de s’assurer, autant que possible, que ce oleh ne deviendra pas tôt ou tard un yored. Il n’y a aucune utilité – et il ne s’agit pas seulement d’un exercice futile, mais du gaspillage de ressources limitées – de convaincre de faire sa aliyah une personne qui est à 51 % un yored potentiel, a fortiori lorsque ce potentiel atteint les 90 %. Pourtant, il est notoire que les militants de la aliyah ont bien trop souvent ignoré ce principe de base, soit par vœu pieux, soit, ce qui est plus déplorable, du fait de s’être assigné des « quotas » à remplir par tous les moyens pour justifier et maintenir leurs positions de bons agents de recrutement.
Bien sûr, le niveau excessif de yeridah, en particulier ces dernières années, n’est pas seulement dû à une carence dans l’évaluation et dans la sélection des candidats à la aliyah, ou aux promesses et aux perspectives exagérées qui leur ont été exposées. Un nombre très important de yordim sont nés sur place, ce qui est un sujet douloureux en soi. Nous parlons ici d’immigrants qui sont devenus des yordim, ou de leurs enfants qui ont grandi là, mais sont également devenus des yordim. Le désenchantement de certains olim n’est pas toujours lié à l’économie, bien que la situation aurait été bien meilleure s’il y avait eu une coordination plus étroite entre le département de la aliyah et les agences deklitah (absorption). En fin de compte, ce n’est pas la promesse d’un plus bel appartement, d’un meilleur emploi et d’un niveau de vie plus élevé qui satisferont un oleh du monde libre, mais le fait qu’Erets Yisrael possède pour un Juif un caractère unique qui la distingue de tous les pays, caractère qui découle de sa qualité spirituelle et du fait qu’elle est la Terre Sainte. Si l’accent est uniquement mis sur les aspects matériels de la vie et que l’on ne prend pas en compte l’essentiel qui est que la aliyah véritable et durable est inséparable d’une aliyah spirituelle, il y aura inévitablement des yordim ou, à tout le moins, des « étrangers » mécontents et aigris, dont les cœurs et les esprits seront ailleurs. Il y a peu de chance qu’un tel oleh recommande à ses parents et à ses amis vivant dans son pays d’origine de suivre ses traces.
Un exemple typique – qui est aussi l’un des facteurs de base responsables de ce que l’on appelle la neshirah (le problème des « drop-outs ») – est la politique qui fut mise en œuvre pour les groupes d’immigrants pour qui les liens familiaux et les traditions étaient très puissants dans leurs pays d’origine, consistant à séparer la jeune génération de leurs parents. À l’évidence, cela fut fait dans le but de hâter le processus d’« intégration », mais, concrètement, cela se révéla désastreux : en termes de délinquance juvénile, d’une part, et en termes de parents qui en furent terriblement meurtris d’autre part.
Maintenant en ce qui concerne la question spécifique de la aliyah depuis la République d’Afrique du Sud. Je regrette de dire que – cela ne fait pas de doute avec le recul – celle-ci a été un désastre tant pour Erets Yisrael que pour la communauté juive sud-africaine. Il suffira de dire qu’un nombre important d’immigrants en provenance d’Afrique du Sud sont désormais aux États-Unis et au Canada ; pire encore, la majorité d’entre eux est constituée des éléments les plus jeunes et les plus productifs. En d’autres termes, non seulement la communauté juive sud-africaine a-t-elle payé un lourd tribut en termes de sa viabilité, mais Erets Yisrael a peu bénéficié de cette aliyah, même à court terme, sans parler de la perte à long terme résultant d’une communauté juive sud-africaine affaiblie.
Dans ce cas, également, lorsque la campagne pour la aliyah a commencé en Afrique du Sud, j’ai mis en garde contre le fait de créer une panique comme moyen de stimuler la aliyah. Mis à part le fait que c’est contraire à la Torah, en particulier lorsque ce n’est pas absolument justifié par une menace imminente, cela nuirait aux bonnes relations que le gouvernement sud-africain entretient avec la communauté juive, ainsi qu’avec Erets Yisrael. J’ai également fait remarquer que la République d’Afrique du Sud était l’un parmi le tout petit nombre de gouvernements amis qui a maintenu constamment sa politique amicale. Je crois avoir, dans une certaine mesure, réussi à éviter une ruée, mais je n’ai pas réussi à enrayer totalement la tendance. Dans la situation actuelle du monde, on se serait attendu qu’il soit évident qu’il n’est pas dans l’intérêt d’Erets Yisrael de faire pression pour une aliyah de masse d’Afrique du Sud, considérant que la République d’Afrique du Sud est l’un des deux seuls amis qu’Erets Yisrael a dans le monde entier, et celui qui – relativement parlant – est plus cohérent et plus stable que l’autre, à savoir les États-Unis. Il est miraculeux que, malgré les tentatives de certaines personnes de créer une panique au sein de la communauté juive sud-africaine, la relation n’ait pas beaucoup souffert, à un moment où d’autres pays à travers le monde ont trouvé opportun de tourner le dos au Yichouv assiégé et d’apporter leur soutien à ses ennemis mortels.
En résumé, on peut dire que le problème sous-jacent de la aliyah a été la prémisse et l’envie erronées de « passer en pertes et profits » les Juifs de la diaspora et d’utiliser tous les moyens possibles pour encourager une aliyahinconsidérée, quelles qu’en soient les inévitables « retombées ». Cela a atteint un point où même des non-Juifs sont encouragés à s’installer en Erets Yisrael (en particulier là où il y a un conjoint juif), sans être tenus d’accomplir uneguerout (conversion) conforme à la halakha, le seul type de conversion qui soit valable. Du fait de cette politique mal conçue d’« aliyah à tout prix », beaucoup de communautés juives saines et prospères de la Diaspora ont été sérieusement affaiblies et, dans certains cas, détruites, en étant dépouillées de leurs dirigeants, religieux et laïcs, et d’hommes de moyens et d’influence qui n’étaient pas seulement les piliers de leurs communautés, mais des piliers de soutien pour Erets Yisrael et dont l’utilité en tant que tels a diminué ou cessé lorsque leur rôle est devenu celui d’olim. De toute évidence, il aurait été préférable qu’une grande partie des efforts et des ressources consacrés à unealiyah futile, voire nuisible, soit consacrés au renforcement des communautés de la Diaspora, à travers une éducation de Torah, la lutte contre l’assimilation, et ainsi de suite. Une communauté juive saine en Diaspora – qui n’ait pas de « juive » que le nom – est le meilleur atout pour Erets Yisrael, ainsi qu’une source de bons et permanents olim.
J’espère que vous accepterez les remarques ci-dessus dans l’esprit dans lequel elles ont été formulées, c’est-à-dire non pas, à D.ieu ne plaise, comme des reproches ou des critiques pour le seul fait de critiquer, ni en tant que prédication, mais dans l’espoir sincère que cet échange de correspondance entraînera une réflexion profonde et une remise en question et, plus important encore, qu’elle suscitera des actions concrètes pour le bénéfice des Juifs, à la fois en Erets Yisrael et en Diaspora.
En conclusion, je voudrais à mon tour formuler une demande : pas d’une clarification de votre position sur la aliyah en général ou sur l’un des points soulevés dans cette lettre en particulier, mais – puisque « l’essentiel est dans l’action » – une demande d’être tenu au courant quant à l’action que vous avez entrepris, ou projetez d’entreprendre, dans ce domaine, et avec quels résultats.
Avec ma bénédiction,
P.-S. Dans la mesure où certaines sections de cette lettre devraient demeurer confidentielles, je m’en remets à votre discrétion pour les partager uniquement avec les personnes appropriées, pour qui un tel matériel sera d’une réelle utilité.
Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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La larme d’un Tsadik
par Yerachmiel Tilles


Il y a environ 30 ans, un rabbin américain en visite à Miami donna une conférence sur la vie et les œuvres du célèbre « ’Hafets ‘Haïm » (Rav Israël Meïr HaCohen Kagan, 1838-1933). Il décrivit la vie de ce grand sage qui vécu une vie humble de commerçant dans le village de Radin, en Pologne, mais qui fut pourtant reconnu dans le monde juif comme un grand érudit, un tsadik (un juste) et un dirigeant.
Il y avait une autre histoire que le rabbin aurait voulu raconter, mais il hésitait, car il n’en connaissait qu’une partie. Debout derrière son pupitre, il réfléchit quelques instants puis décida qu’il la raconterait malgré tout. Il se dit qu’une histoire au sujet du ‘Hafets ‘Haïm, même inachevée, contenait certainement un message.
Il se mit à relater un incident au sujet d’un adolescent qui étudiait dans la yéchiva du ‘Hafets ‘Haïm et qui avait été surpris en train de fumer une cigarette le Chabbat, le saint jour de repos. Les enseignants et les élèves en furent choqués et de nombreux professeurs estimèrent que le garçon devait être renvoyé. Toutefois, quand l’incident parvint aux oreilles du ‘Hafets ‘Haïm, celui-ci demanda à ce qu’on lui envoie le jeune homme chez lui.
À ce stade, le rabbin interrompit son récit et dit : « Je ne sais pas ce que le ‘Hafets ‘Haïm a dit à ce garçon. Je sais seulement qu’ils ne sont restés ensemble que quelques minutes. Je donnerais cher pour savoir ce qu’il a dit à cet élève, car j’ai entendu dire qu’il n’a plus jamais profané le Chabbat. Comme ce serait merveilleux de pouvoir transmettre ce message – quel qu’il soit – à d’autres, afin de les encourager dans leur observance du Chabbat. » Le rabbin poursuivit alors sa conférence.
Celle-ci achevée, la salle se vida complètement à l’exception d’un vieil homme qui demeurait assis sur son siège, perdu dans ses pensées. De loin, il paraissait être pris de tremblements, comme quelqu’un qui pleure ou qui grelotte. Le rabbin s’approcha du vieillard et lui demanda si tout allait bien.
« Où avez-vous entendu cette histoire de cigarette le Chabbat ? » répondit l’homme, sans lever les yeux et toujours en tremblant. « Je ne sais pas, répondit le rabbin. Je l’ai entendue il y a un longtemps et je ne me rappelle plus qui me l’a racontée. » L’homme leva les yeux vers le rabbin et dit doucement : « Ce garçon, c’était moi. » Il demanda alors au rabbin qu’ils sortent à l’extérieur et, alors qu’ils marchaient, il lui raconta l’histoire suivante :
« Cet incident s’est produit dans les années 1920, quand le ‘Hafets ‘Haïm avait plus de quatre-vingts ans. J’étais terrifié à l’idée de me rendre chez lui et d’avoir à lui faire face. Mais quand je suis entré chez lui, j’ai été stupéfait de la pauvreté dans laquelle il vivait. Je n’arrivais pas à concevoir qu’un homme de sa stature puisse se contenter de vivre dans un tel cadre.

« Il entra soudain dans la pièce où j’attendais. Il était très petit. À cette époque j’étais adolescent et il m’arrivait à l’épaule. Il prit ma main et la serra tendrement dans les siennes. Il souleva ma main serrée entre ses mains et, quand je vis son visage plein de bonté, il avait les yeux fermés.
« Quand il les ouvrit, ils étaient pleins de larmes. Il me dit alors, d’une voix faible, pleine de souffrance et de stupeur : “Chabbat !”, et il se mit à pleurer. Il tenait encore mes deux mains dans les siennes et, tout en pleurant, il répétait avec stupéfaction : “Chabbat ! Le saint Chabbat !”

« Mon cœur se mit à battre et je fus encore plus terrifié qu’auparavant. Des larmes ruisselaient sur son visage et l’une d’entre elles coula sur ma main. J’ai cru qu’elle allait me transpercer la peau. Quand je repense à cette larme aujourd’hui, je sens encore sa chaleur. Je n’arrive pas à décrire le sentiment terrible que j’ai éprouvé en pensant que j’avais fait pleurer ce grand tsadik. Mais, dans son reproche – qui se limita à ces quelques mots – j’ai senti qu’il n’était pas en colère, mais plutôt triste et inquiet. Il avait l’air effrayé des conséquences de mes actes. »
Le vieil homme caressa alors la main qui portait la cicatrice invisible de cette précieuse larme. Elle était devenue son rappel permanent d’observer le « saint Chabbat » pour le reste de sa vie

Notice biographique : Rav Israël Meïr HaCohen Kagan (1838-1933), populairement connu comme « le ‘Hafets’ Haïm » d’après le titre d’un de ses nombreux et influents ouvrages, fut l’un des savants rabbiniques et des dirigeants juifs les plus importants et les plus aimés du 20ème siècle. Ses autres œuvres comprennent Michna Beroura, une somme faisant autorité et presque universellement acceptée dans la loi juive, et Chemirat Halachone, sur la parole convenable.

Que D-ieu protège et guérisse miraculeusement tous nos soldats comme chacun des enfants d'Israël, partout dans le monde, Qu'il venge leur sang, et qu'Il ne nous prodigue à partir de maintenant que des douceurs palpables à l’œil nu.


En chaque génération vit un homme qui attend avec impatience de pouvoir libérer son peuple de l’exil.


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